LA NATION ARC-EN-CIEL S’AFFIRME

Après la pluie, le beau temps pour la Nation « Arc-en-ciel » ? Passées les décennies de mise au ban de la communauté internationale pour cause d’apartheid, et après de longues années d’atermoiements et d’ajustements douloureux, l’Afrique du Sud tire les bénéfices de sa mue.

Seul pays de son continent réellement engagé dans une émergence durable et intégré aux circuits économiques internationaux, l’Afrique du Sud fait figure de « divine surprise » dans une région du monde habituée à jouer les faire-valoir de la planète. Mais pour les observateurs et les économistes, cette émergence ne doit rien au hasard.
Depuis plus d’un siècle, le pays avait pris une avance considérable sur ses voisins en jetant les bases d’un tissu industriel conséquent qui pouvait lui permettre de prétendre compter dans le jeu économique international. Influencé par la réalité d’une colonisation de peuplement massive, l’Afrique du Sud était déjà le plus occidentalisé des pays d’Afrique. Sa mise au pilori après la seconde guerre mondiale n’a pas fait exploser ce potentiel économique. La fin de l’apartheid non plus. L’Afrique du Sud n’a jamais perdu l’avance économique qu’elle avait historiquement prise sur le continent, et c’est tout naturellement qu’elle a pu se positionner à la pointe du continent à l’heure de la mondialisation. La reconnaissance informelle de cette position de chef-de-file parmi le monde émergent s’est concrétisée en 2011 lorsque les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) sont devenus les BRICS après avoir accueilli la Nation « Arc-en-ciel » dans leur cercle.

L’Afrique du Sud peine cependant à franchir la marche, sans doute encore trop haute pour elle, de grand décideur international. Plus petite, moins peuplée et moins puissante militairement et diplomatiquement que ses homologues des BRICS, elle peine à suivre le rythme insufflé par la Chine, le Brésil ou l’Inde. Tourmentée par les tensions internes de la criminalité et du climat social, n’en ayant pas encore fini avec les problématiques raciales, même si les cartes ont été redistribuées depuis vingt ans, l’Afrique du Sud n’a pas encore la stabilité, voire la sérénité, nécessaire pour dicter avec aplomb la conduite des affaires internationales. Elle n’est encore, à l’échelle mondiale, qu’une puissance moyenne à l’influence en devenir. Elle est surtout le meilleur exemple que des pays d’Afrique peuvent compter pour construire le monde de demain.