DROITS DES FEMMES : LA PEAU DE CHAGRIN

Depuis plusieurs mois, au gré des bouleversements sur la scène internationale, les traitements dégradants et inhumains envers les femmes se sont multipliés, plongeant la communauté internationale dans un climat de vive inquiétude.
En Syrie tout d’abord, où le conflit entre les partisans du régime de Bachar el-Assad et ses opposants tourne de plus en plus à la guerre civile, avec les actes de violences faites aux femmes qui sont souvent perpétrées dans ce genre de situation. Dans un climat peu propice à la circulation de l’information, des journalistes de la BBC ont néanmoins pu recueillir les témoignages d’anciens prisonniers du régime. Tous s’accordent à dire que le viol est utilisé massivement comme acte de torture contre les opposantes au régime, mais également contre les hommes.


Autre région du globe où les droits humains en général, et ceux des femmes en particulier sont en pleine régression : le nord du Mali. À Tombouctou, où le groupe islamiste Ansar al Dine a commencé à instaurer la charia, il est devenu interdit pour les femmes de sortir sans voile. Plusieurs cas d’exécutions de couples « illégitimes » ont eu lieu, dont au moins un a été confirmé par les observateurs de l’Union européenne.

Toujours en Afrique, la situation devient également très préoccupante en Tunisie. Après le débat houleux sur l’introduction d’un projet d’article de la Constitution évoquant la « complémentarité » et non l’« égalité » homme-femme, les Tunisiennes voient se multiplier les signes indiquant que leur statut actuel est menacé. Le 26 septembre, une jeune femme violée par deux policiers quelques semaines plus tôt a été convoquée par un juge d’instruction pour « outrage public à la pudeur… ». Plusieurs manifestations de soutien ont eu lieu le 2 octobre pour dénoncer la situation et attirer l’attention de la communauté internationale.

Le géant suédois de l’ameublement, Ikea, a reconnu avoir effacé toutes les femmes photographiées sur son catalogue à destination de l’Arabie saoudite. Cette décision stratégique qui a fait vrombir la classe politique suédoise était dictée par la volonté de plaire à un marché qui observe une stricte ségrégation entre hommes et femmes. L’enseigne suédoise possède trois magasins dans le deuxième plus grand pays arabe au monde, magasins qui affichent une croissance moyenne à deux chiffres.

À Dubaï, on ne badine pas avec l’amour hors-mariage. C’est pour un ébat (alcoolisé qui plus est) dans un taxi dubaïote que Rebecca Blake, une expatriée anglaise de 29 ans, risque trois ans de prison. Dénoncée par le chauffeur, qui jugeait son comportement « scandaleux », la jeune femme dément les faits prétendant avoir été seule dans la voiture. Ce n’est pas la première fois que les lois sur les moeurs, relativement rigoristes à Dubaï, entraînent de jeunes expatriés derrière les barreaux pour des faits qui leur semblaient pourtant anodins. Les habitants de Dubaï de nationalité émiratie ne composent que 15% de la population.