OPPOSITION L’ALTERNANCE POUR OBJECTIF

Quand on parle de l’opposition gabonaise, ou de la plupart des oppositions sur le continent, on l’accuse souvent de manquer d’unité et de détermination. C’est peut-être vrai. Mais il s’agit d’une posture à laquelle les Gabonais ont été habitués depuis l’avènement du multipartisme dans le pays, début 1990.
En 1990, à côté d’un Morena des Bûcherons dominant et hégémonique, un parti qui, à l’époque, devait réunir au moins 60 à 70 % des sympathies du peuple, sont apparues des coalitions de partis politiques non négligeables comme la Coordination de l’opposition démocratique (COD) et le Front uni des associations et partis de l’opposition (Fuapo). Trois grandes formations politiques donc, chacune ayant suffisamment d’unité et de OBJECTIFpoigne en son sein pour être capable, de sa propre initiative, de parvenir à l’alternance par tous les moyens à condition de faire preuve de détermination.

En 2005, Pierre Mamboundou Mamboundou était quasiment seul face à Omar Bongo Ondimba – Zacharie Myboto n’était alors qu’un poids plume politique récemment arrivé dans l’opposition –, pourtant l’homme de Ndendé ne réussit pas à faire entendre la voix du peuple gabonais.


En 2009, suite au décès d’Omar Bongo Ondimba qui a dirigé le pays quarante-quatre années durant, le Gabon s’est retrouvé avec deux grandes coalitions politiques de l’opposition : l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR) et la Coalition des partis politiques pour l’alternance (CPPA). Chacune, disposait des forces nécessaires pour affronter le parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG), or il n’en a rien été. Sa division lors de la présidentielle a permis au PDG d’être proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. Au sortir de cette élection, l’opposition a mesuré la nécessité de s’unir et a créé l’Union nationale (UN), dissoute à la suite de la prestation de serment de l’opposant André Mba, qui ne reconnut pas la victoire d’Ali Bongo Ondimba à la présidentielle de 2009.

C’est toujours avec l’objectif d’accéder au pouvoir par les urnes que l’opposition a créé en septembre dernier l’Union des forces du changement (UFC) dans la ville de Mouila (Ngounié). « À Mouila, nous avons conjuré le sort. À Mouila, est née l’Union des forces du changement, un organe unique de toute l’opposition. À Mouila est né un esprit nouveau qui voudrait qu’à chaque élection l’opposition présente un seul candidat », a affirmé Louis Gaston Mayila, le président de l’Union pour la nouvelle République (UPNR).

Sera-t-il dorénavant difficile, pour le camp en face, de jouer sur les dissensions de ce qu’il a toujours dénommé « les oppositions » ? L’UFC réalisera-t-il le programme de l’opposition : l’alternance à tout prix ?