UNE ÉCONOMIE PROPICE À L’ÉMERGENCE

Après la grave crise économique qui a secoué le monde entier durant la période 2008-2009, le Gabon s’est progressivement rétabli grâce à la reprise de la demande internationale pour les matières premières et à une politique budgétaire expansionniste mise en oeuvre par le gouvernement à travers l’exécution de grands projets d’infrastructures.
Le commerce extérieur représente aujourd’hui 85 % du PIB du pays. La balance commerciale, structurellement excédentaire, repose sur des exportations essentiellement composées de pétrole (80 %), de manganèse (+113,1 %, en nette progression en 2010), de bois débité (+55 %) et de produits agroalimentaires et de la pêche (+60 %).

Au cours des cinq dernières années, le secteur pétrolier a contribué au PIB à hauteur de 45 %, et représente 60 % des recettes du gouvernement. Grâce à la diversification de ses partenaires économiques, le Gabon a attiré en 2010 plus de 2000 milliards de F.CFA (4 milliards de dollars) d’investissements directs étrangers (IDE).

Avec un budget global d’investissement de 1 500 milliards de F.CFA pour les deux années 2011 et 2012, la croissance réelle du PIB a été en moyenne de 6 % durant la même période. Le taux de croissance du PIB hors pétrole s’est accéléré, passant de 2,3 % en 2004 à plus de 7 % en 2010, ce qui reflète, selon la Banque mondiale, l’accroissement des investissements dans les secteurs forestier et minier, la production de caoutchouc ainsi que l’expansion des secteurs de l’agroalimentaire et des télécommunications. Il a continué à croître plus rapidement que le PIB total en 2008-2010.

Selon les estimations du gouvernement, le PIB de l’économie gabonaise devrait atteindre 7 % en termes réels à la fin décembre 2012, contre 5,6 % initialement prévu. Cette performance s’explique pour l’essentiel par les effets conjugués de la production de pétrole brut qui atteindrait 12,3 millions de tonnes à fin décembre 2012 (+1,8 % par rapport à 2011) et la baisse de la production de manganèse qui connaîtrait une diminution de 11,1 % par rapport à l’objectif initial.

« L’économie gabonaise devrait continuer à bénéficier des prix relativement élevés des matières premières et de la politique budgétaire expansionniste du gouvernement. Le PIB hors pétrole devrait croître en moyenne de 4,5 % en 2012-2015, reflétant une augmentation de la production de manganèse, une reprise des activités de transformation du bois, un bond des travaux publics et une forte expansion des services du commerce extérieur », indique la Banque mondiale dans son rapport sur la Stratégie de partenariat pays pour la République gabonaise.

Mais en l’absence de découverte majeure de nouveaux gisements, la production devrait légèrement baisser (-1,4 % en moyenne). Les perspectives à long terme sont en baisse. Selon les estimations, les réserves qui sont estimées à environ 3,5 milliards de F.CFA, pourraient s’épuiser dans quarante à cinquante ans. Toutefois, l’économie gabonaise devrait continuer à bénéficier des prix relativement élevés du pétrole pendant la période 2012-2016.