MALAISIE L’OUTSIDER SORT SES GRIFFES

La Malaisie avait suscité de grandes espérances comme « Tigre asiatique » dans les années quatre- vingt-dix avant de voir son envol balayé par la crise asiatique. Un mal pour un bien ? Malgré le cataclysme, le pays a réussi à repartir sur des bases certes plus lentes, mais plus saines. Loin du développement de la Chine qui attirait tous les regards des observateurs étrangers, la Malaisie a fait son chemin dans la discrétion. Mais discrétion ne signifie pas absence de résultats !

Alors que les discussions enflammées sur la « Chinafrique » fleurissent de partout, c’est bien la Malaisie aujourd’hui qui réussit le tour de force de devenir, en 2013, le premier investisseur en Afrique, soufflant de peu la place à Pékin. La Malaisie ne deviendra sans doute jamais l’une des cinq principales puissances mondiales, mais elle ne sera pas non plus un « pays

satellite » et s’affirmera comme l’un de ceux avec qui il faudra compter dans le monde de demain. Mais pour que la Malaisie fasse partie des nations incontournables, elle devra également régler ses contradictions internes et les troubles qui l’empêchent de briller pleinement. La difficulté du jeu démocratique qui peine à s’imposer, les clivages ethniques et la tentation de l’obscurantisme restent aujourd’hui les freins qui la détournent de son destin de leader économique d’une Asie du Sud-Est aux gisements de croissance multiples. Si le pays fait taire les forces qui le tirent en arrière, plus rien ne pourra l’arrêter. La balle est dans son camp. ?