EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
BTP et grands travaux au TCHAD
Daoussa Deby un patron engagé dans la cause du développement économique et social du Tchad   
Madjiengar Ahmed Taryem      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Dossier BTP et grands travaux au Tchad

Le ton posé, quelquefois taquin, la gestuelle mesurée, Daoussa Deby, président du Conseil d’administration de la SNER, s’exprime avec la contenance de celui qui a l’expérience des épreuves de la vie et la simplicité, trait d’un homme qui se veut ordinaire et récuse de faire montre, devant ses interlocuteurs, de l’étendue de son pouvoir.

Le BTP, secteur d’activités de la SNER, Daoussa n’y est pas arrivé par hasard. Ingénieur de formation, diplômé de l’École nationale des travaux publics, de l’urbanisme et de l’habitat (ENTP) du Tchad, puis l’École nationale d’ingénieur (ENI) de Bamako, il sera appelé en 1984 au poste du directeur général de l’Office national des routes (Ofnar). Grâce à plus d’une décennie d’expérience dans le secteur, de 1973 à 1984, il réalise un parcours professionnel exemplaire, au contact aussi bien des Tchadiens issus des diverses régions du pays que des experts internationaux, de différentes cultures. C’est dans ce contexte que l’ingénieur se sensibilise au management, fait le dur apprentissage, sur le terrain, des difficultés propres à la conduite des projets de BTP.

Pour cela, il devra se donner les outils, donc disposer des connaissances certaines dans les domaines les plus variés tels que la gestion des projets, le choix des investissements, le financement des projets, le management et coaching des hommes, la comptabilité générale, le contrôle budgétaire, les outils infor- matiques de gestion, l’économie, etc. L’ingénieur Daoussa Deby, devenu directeur général de l’Ofnar par la volonté de ses pairs, cadres de la société, s’est mis résolument à rechercher et à acquérir ces connaissances, avec la motivation de celui qui est conscient de leur utilité pour assumer ses responsabilités de gestionnaire. L’Ofnar a été une passion pour lui. Il y a développé des liens d’amitié, sinon quasi fraternels avec un grand nombre de compatriotes Tchadiens et de nombreux assistants techniques expatriés. Les plus grandes réussites de l’Ofnar, tout comme les limites de certaines de ses réalisations, il les a, en partage.

Dans le cadre du Programme d’ajustement structurel dans le secteur des trans-ports (Passet) de la Banque mondiale, l’Ofnar est en voie de privatisation en 1986 et devient la Société nationale d’entretien routier (SNER), société d’économie mixte, dont Daoussa Deby reste directeur général. L’homme redoublera d’ardeur pour mériter la confiance de sa hiérarchie et des bailleurs de fonds. Il finira par établir les grands équilibres financiers au sein de l’entreprise jusqu’au 1er avril 1989, date à partir de laquelle il sera contraint de quitter le pays pour des raisons politiques.

Revenu au Tchad à la faveur du changement de régime opéré à partir du 1er décembre 1990, Daoussa sera rappelé encore à la tête de la SNER sur forte recommandation de la Banque mondiale. En 1997, appelé à d’autres fonctions, il quitte la SNER pour la troisième fois.Plusieurs tentatives de privatisation de la SNER, à la demande de la Banque Mondiale, vont échouer entre 1989 et 1998. En 1999, sur forte insistance des bailleurs de fonds, l’État tchadien décide de vendre ses parts au consortium Azoum-Arcory international, qui exige et obtient le retour de Daoussa qui sera désigné président-directeur général de la SNER privée. Elle changera de statuts et s’appellera la Société nouvelle d’études et de réalisations (SNER).

Le PDG se battra dans un contexte difficile pour remettre sur les rails l’entreprise moribonde qui renaît des cendres d’une gestion parapublique calamiteuse. Au moment où l’entreprise prenait son envol, Daoussa sera appelé à d’autres fonctions. Il sera contraint de confier la direction de l’entreprise à une jeune équipe de Tchadiens. Erreur de casting ou de timing, la nouvelle direction générale montre ses limites. En cause : l’inexpérience.

Mais le président du Conseil d’administration prend la mesure de la situation et met en œuvre un plan de restructuration. Aussi, une année plus tard, la SNER, sous l’impulsion de son Président, est totalement restructurée, renforcée et s’engage dans un plan de développement avec des échéances impératives et déjà des succès certains.

Que retenir de Daoussa Deby comme patron d’entreprises ?
D’abord, une disposition marquée à mettre ses entreprises au service de la société tchadienne, cela notamment par l’importance qu’il accorde au niveau de rémunération des milliers de Tchadiens qui travaillent dans les sociétés du groupe SNER.

L’autre objectif qui rejoint par ailleurs, le premier c’est d’assurer qualitativement et quantitativement l’émergence d’une expertise nationale reconnue dans le domaine des BTP au Tchad. Pour cela, il ne lésine pas sur les moyens. En conséquence, il affecte des ressources importantes en équipements, installations, honoraires des formateurs, etc. pour le développement des compétences qui font défaut au niveau local, en recourant au besoin, sur le court terme, à l’expertise étrangère.

Comme entrepreneur, Daoussa Deby a à cœur la création et le développement d’entreprises tchadiennes non seulement viables, mais capables d’évoluer à terme, d’une part par rapport aux énormes besoins du pays, et d’autre part, dans un cadre d’économies mondialisées, d’assurer une compétitivité face à la concurrence des entreprises étrangères.

À la tête des différentes sociétés et unités de son groupe, sont responsabilisés des Tchadiens de tous les horizons. Seul critère de sélection et de choix : la compétence. En matière de gestion des ressources humaines, la recherche de la qualité et de de la qualité et de l’excellence est, chez lui, une quête permanente. Dans certains cas, d’anciens employés de la SNER, avec l’émulation de leur ancien patron, ont monté leurs propres affaires. Un bel exemple de développement de l’entreprenariat national.

Et maintenant, les préjugés ? Ils sont nombreux vis-à-vis de ses sociétés et de la conduite de ses affaires. Ils ne tiennent cependant pas à l’épreuve des faits. Le passage de l’Ofnar à la SNER, société d’économie mixte et enfin le désengagement de l’État en faveur du privé ont été laborieux. Daoussa a tenu à ce que les choses se passent dans la plus grande transparence et dans les règles, avec les com- missions et autres organismes publics en charge de la privatisation. L’actionnariat au sein de la SNER a subi beaucoup de mutations. À partir de 2004, de nouveaux actionnaires sont rentrés dans la société, d’autres membres du consortium ont réduit leur influence. C’est maintenant une SNER dynamique qui avance imperturbablement et qui s’inscrit parmi les structures économiques durables de demain.

Le groupe SNER subit les mêmes pressions fiscales et sociales que les autres entreprises, il dépend du financement des banques et du coût que cela implique. Il connaît, comme les autres, la rudesse de la concurrence dans les appels d’offres avec, en prime, des préjugés qui lui imposent d’être absolument en règle pour prévenir tout soupçon de favoritisme.

Pour le reste, Daoussa Deby, subit avec un certain amusement, l’acharnement rattaché à son patronyme, le contrecoup du nom et des liens familiaux en somme. Mais il n’a pas le temps de s’en plaindre, occupé qu’il est par ses projets réels, ceux qu’il met en œuvre pour le bien-être et la prospérité de ses concitoyens, avec comme moyens des entreprises gérées dans le respect des lois, la transparence la plus totale, et une bonne intelligence de la mondialisation.
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Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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