EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Le fléau de la corruption
Un mal réel, pas une fatalité   
Madjiengar Ahmed Taryem      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Dossier BTP et grands travaux au Tchad

Les organismes d’analyse internationaux ont fait l’unanimité sur le fléau de la corruption qui affecte, à des degrés divers, toutes les économies dans le monde : le Tchad est en mauvaise posture. Dans quelle mesure la corruption affecte-t-elle le vaste chantier de réalisation des infrastructures lancé par le président Idriss Deby Itno, depuis 2008 ? La situation est-elle sans issue ?

Que l’on choisisse les indices établis par Transparency International ou par la Fondation Mo Ibrahim, l’économie Tchadienne est placée en queue de peloton pour ce qui est du degré de corruption. Plus que tout autre domaine, les marchés des infrastructures, de par la complexité de leurs montages et l’importance des sommes en jeu, sont un domaine qui, si toutes les garanties ne sont pas prises, peut donner lieu à des détournements massifs de ressources publiques.

Si le constat est facile à faire, il importe d’examiner les causes profondes de cet état de fait et de prendre la mesure des dispositions prises aux niveaux institutionnel et social pour y mettre fin ou, à tout le moins, réduire la place de la corruption.

Un état d’esprit induit par la situation de guerre : la « culture de l’instant »

Jusqu’à la visite historique du président Idriss Deby Itno à Khartoum, en février 2010, le pays connaissait une situation de guerre ouverte ou larvée depuis une trentaine d’années. Jusqu’à cette date donc, force est malheureusement de le reconnaître : la morale des affaires, publiques ou privées, était fortement marquée par la culture de l’instant, cette tendance à vouloir tout, tout de suite. Sans préoccupation de l’avenir, sans perspective ni prospective et en s’accaparant les biens communs.

La gestion de l’État dépendait des impératifs politiques et stratégiques militaires qu’imposait la conduite de la guerre. Disons-le tout net : le niveau de morale, et donc d’intégrité, dans l’administration a sérieusement pâti de la longue situation de guerre qu’a connue le pays.

Un effet pervers de la prime de retour à la légalité : « prime à la rébellion » et « chantage à la rébellion »

Dans la longue quête de la paix avec les rébellions armées, les dirigeants Tchadiens devaient opérer des choix difficiles. Fallait-il sauver la paix en confiant certains postes requérant un niveau de technicité et un minimum de rigueur à d’anciens chefs rebelles et à leurs combattants,dont on savait que ces valeurs n’étaient pas les qualités premières, et ainsi sauver la paix ? Ou faire preuve d’un rigorisme technocratique pour se conformer aux référentiels en matière d’orthodoxie administrative et financière ? Et par voie de conséquence, manquer les chances de faire la paix ? Car les différents accords signés avec les rebelles pour leur retour dans la légalité incluaient la fameuse clause de participation à la gestion de l’État.

Le gouvernement a fait le difficile choix de la première voie, ce que certains cadres légalistes, estimant que la rébellion armée n’était le plus souvent qu’un prétexte pour dissimuler l’accumulation indue de biens publics, qualifieront de « prime à la rébellion ». Cependant, en 2010, le président Idriss Deby Itno décidera que le retour à la légalité ne serait plus négociable contre l’attribution de postes à responsabilités ou d’avantages financiers et matériels.

Si l’on considère que, dans la plupart des cas, les mouvements rebelles sont assis sur des socles identitaires, notamment régionaux sinon tribalistes, on comprend aisément que dès qu’ils sont aux commandes, certains des dirigeants rebelles et leurs combattants transposent cette logique du terrain de la lutte armée à celui de la compétition économique - l’enrichissement illicite - par l’instrumentalisation des entreprises ou administrations dont ils ont la charge, quel que soit le poste qu’ils y occupent. Certains observateurs de la vie politique tchadienne estiment que des poursuites judiciaires, notamment pour faits de corruption, ont dû être tempérées par crainte de susciter des mouvements insurrectionnels armés dans les communautés d’origine des personnes mises en cause.

La relative situation de paix que connaît le pays depuis 2010 et le renforcement considérable de la puissance de feu de l’armée tchadienne devaient sur ce point, être dissuasifs, et donc changer significativement la donne pour ceux qui seraient portés sur le « chantage à la rébellion. » Mais les rebelles armés n’étaient pas les seuls en cause. Jusqu’à une période récente, disons la signature de l’accord politique du 13 août 2007 suivie par la charte des partis politiques en 2011, la participation des partis politiques de l’op- position, ou de ceux dits alliés du MPS, au gouvernement, conduisait à l’instrumentalisation des départements ministériels qu’ils dirigeaient. La création de certains postes à responsabilités n’obéissait pas à des besoins de service public, mais avait plutôt vocation à renflouer les caisses du parti politique appelé à « participer à la gestion de l’État ». Certains cabinets ministériels étaient alors composés de membres du parti politique du ministre.

L’engagement du président à sévir contre les « voleurs de la République »

Dans un entretien accordé, en avril 2011, à l’hebdomadaire Jeune Afrique, le président-candidat Idriss Deby Itno affirmait qu’un des axes principaux de son prochain mandat, s’il était reconduit dans ses fonctions, serait la lutte contre la corruption. Il a réitéré cet engagement à l’occasion, très solennelle, de son discours d’investiture le 8 août 2011, et plus récemment dans son adresse à l’occasion de la fête du 1er décembre et de son message du nouvel an.

Le président a prévenu la jeunesse contre l’enrichissement illicite et rapide en ces termes : « Ne montez pas l’arbre par le sommet ! » Concernant la corruption, le président a plusieurs fois effectué des actions retentissantes : en 2010, il a dissous le Comité provisoire de gestion des 5 % des revenus pétroliers affectés à la région productrice, mis à disposition de la justice un certain nombre de membres du gouvernement et de hautes personnalités de l’État suite à la découverte d’un scandale financier relatif à un marché de fourniture de manuels scolaires. Certains observateurs croient savoir que les récents limogeages de ministres seraient, entre autres, liés à des problèmes de mauvaise gestion des fonds publics relevant de leurs responsabilités.

Sur le plan institutionnel, l’État tchadien a mis en œuvre, outre la Haute Cour de Justice qui est l’institution compétente pour juger les hautes personnalités l’État, un ministère de l’Assainissement public et de la promotion de la bonne gouvernance dont les actions ont alimenté, et continuent à alimenter, les pages à scandales de la presse locale. Son bilan reste toutefois mitigé, ce ministère se défaussant à l’occasion sur la justice qu’il accuse de libérer certains fonctionnaires et hommes d’affaires mis en cause pour corruption ou concussion. De sources proches des milieux judiciaires, on soutient que les actions engagées par le ministère de l’Assainissement public et de la promotion de la bonne gouvernance pécheraient très souvent par l’irrégularité des procédures. Quelques réglages à faire donc ! Reste que l’existence de ce ministère ainsi que la crainte que suscitent l’annonce de ses contrôles et leur très forte médiatisation est déjà dissuasive. Les programmes de réforme de la justice et la révision du statut des magistrats, actuellement en cours, devraient permettre plus d’efficacité dans la lutte contre la corruption.

À ces institutions s’ajoute la CCSRP (Commission de contrôle et de surveillance des revenus pétroliers), dont font partie des représentants de la société civile : associations de défense des droits de l’homme et syndicats. Il est utile de préciser qu’un grand nombre des réalisations du gouvernement en matière d’infrastructures, l’a été sur les revenus pétroliers. Le Code des marchés publics prévoit des recours dans le cas où un soumissionnaire lésé estimerait que la mise à concurrence a été faussée, entre autres pour faits de corruption.

Le développement des organisations corporatistes – celles des entrepreneurs des BTP au niveau de la Chambre du commerce, du Conseil national du patronat tchadien, etc. – devrait participer de la réduction du pouvoir de nuisance des fonctionnaires véreux, présents dans les organismes en charge de l’attribution des marchés des travaux, de leur suivi ou de leur paiement. S’il faut plaindre certains honnêtes dirigeants d’entreprises du BTP qui disent réduire leurs marges à cause de l’appétit insatiable de ces fonctionnaires véreux, d’autres patrons tombent d’eux-mêmes dans le piège de la corruption. En effet, suite à l’attribution des marchés par des dessous-de-table consistants, l’entrepreneur malhonnête ne dispose plus d’assez de ressources pour réaliser convenablement les travaux, s’il ne les suspend pas tout simplement – avec toutes les conséquences que cela entraîne, dont des pénalités.

La conscience citoyenne, la société civile et la presse en « chiens de garde »

Le processus démocratique en cours contient dans ses mécanismes mêmes des ressorts importants de dénonciation et de lutte contre la corruption à grande échelle. Ainsi, il est courant que des populations dans les localités desquelles sont réalisés les ouvrages protestent directement auprès des plus hautes autorités lorsqu’il est manifeste que les fonds affectés à leur réalisation ont été en partie détournés, induisant ainsi une mauvaise qualité de l’ouvrage ou le rendant non opérationnel. Il n’est pas rare également de constater que de lourdes sanctions sont appliquées dans ces cas : limogeage, voire poursuites judiciaires pour le gestionnaire des fonds, et suspension de faculté de soumission pour l’entreprise fautive.

Les élections communales devraient renforcer ce contrôle des citoyens sur la gestion de la chose publique.On l’a vu plus haut, les scandales financiers sont très fortement médiatisés, notamment par la presse privée qui réalise à l’occasion ses taux de vente les plus élevés. Les « fuites » des rapports de missions du ministère de l’Assainissement public et de la promotion de la bonne gouvernance sont très prisées par les journalistes d’investigation. À l’occasion des débats qu’elles organisent, les radios FM Liberté et Ngato FM, mettent souvent sur la table, avec des invités aux fonctions diverses, des sujets touchant à la gestion des fonds publics. Une sorte d’aiguillon permanent.

Autre rempart de taille contre le fléau, la société civile qui dénonce régulièrement les faits de corruption. L’ONG Gramp/TC (Groupe alternatives et de monitoring du pétrole Tchad Cameroun) du docteur Maoudonodji Gilbert édite un bulletin au titre explicite : « La lettre de la transparence ». S’il faut reconnaître que du fait de la longue guerre qui a marqué le pays, la corruption reste à ce jour un fléau réel au Tchad, il importe également de reconnaître que le gouvernement, sous la hou- lette du président Idriss Deby Itno, fait montre d’une volonté politique marquée de lutter contre cette gangrène, accompagné en cela par un ensemble d’institutions publiques, la presse et la société civile.
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