EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Golfe énergie
CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES   
Aurel Barry      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.

Arabie saoudite


Premier exemple de cette mutation vers les énergies nouvelles : l’Arabie saoudite. Détenant un peu plus de 20 % des réserves mondiales de pétrole, le pays se positionne sur le marché des énergies renouvelables et nucléaire à hauteur de 100 milliards de dollars. En effet, le royaume a annoncé un plan ambitieux, il espère tirer 10 % de son approvisionnement électrique de l’énergie solaire d’ici à 2020, soit un potentiel de 5 gigawatts. Cette initiative, qui ferait du pays le leader mondial des énergies vertes, devrait également générer plus de 15 000 emplois, dont une partie au sein de fermes solaires.

Pour atteindre son objectif, la nation saoudienne vient de se doter du plus grand complexe d’énergie solaire au monde, avec 36 000 m2 de panneaux pour un coût de 3,6 millions d’euros ; un projet en partenariat avec deux sociétés autrichiennes GREENoneTEC et l’institut AEE Intec. Robert Kanduth, qui dirige l’AEE Intec, souligne que cette réalisation se devait de « respecter un cahier des charges exigeant, notamment pour le système de fixation, censé permettre aux panneaux de résister à des tempêtes de sable ». Deux fois plus imposante que la plus grande installation mondiale, qui se tenait jusqu’alors au Danemark, cette nouvelle centrale solaire a subi une phase d’essai de six mois, depuis fin 2011. Le complexe devrait permettre d’alimenter en énergie le campus universitaire Princess Noura Bint Abdulrahman, de Ryad, où étudient environ 40 000 étudiants et enseignants.

« Notre monarchie voit l’énergie solaire et les autres sources d’énergies qui ne sont pas liées aux hydrocarbures comme des éléments essentiels dans notre stratégie de diversification » déclare Abdullah Al Shehri, président exécutif de l’autorité saoudienne ECRA (Electricity and Co-generation Regulatory Authority). Une analyse partagée par Jarmo Kotilaine, économiste en chef à la National Commercial Bank de Djeddah : « Les producteurs de pétrole du golfe Persique ont besoin pour produire plus d’électricité de maintenir un taux de croissance économique régional d’environ 10 % par an en moyenne ».

Enfin, le vice-ministre de l’Électricité, Saleh Al-Awaji, déclarait lors d’une conférence de presse à Abou Dhabi, qu’il fallait « s’assurer que chaque baril de pétrole qui peut être sauvé soit mis à disposition pour l’exportation », dévoilant ainsi la volonté d’utiliser les fonds extérieurs pour développer une stratégie intérieure tournée vers l’écologie. Un « New Deal » environnemental particulièrement mis en valeur lors du XVe Salon professionnel international de l’électricité, la production d’énergie, énergies alternatives, technologies de l’eau, d’éclairage et de CVC, qui s’est tenu à Riyad en mai dernier.

Jordanie

Au Proche-Orient, la Jordanie tend également à porter la part de ses énergies renouvelables à 10 % en 2020, s’appuyant notamment sur 1 200 MW d’éolien, 600 MW de solaire, 30 à 50 MW de biomasse (déchets), et l’équipement des ménages en chauffe-eau solaires.

Mais ces projets peinent à éclore car l’électricité produite était jusqu’à présent plus coûteuse que celle provenant du gaz égyptien subventionné. Malgré un ensoleillement particulièrement favorable, un régime des vents propice et de grands espaces désertiques, la part des énergies renouvelables n’atteint que 1,5 % du capital énergétique.

Ainsi, tandis que les deux projets éoliens les plus significatifs, Al Kamshah et Al Fujeij, peinent à s’affirmer, la génération de la biomasse n’a jamais dépassé le stade du projet pilote de 3,5 MW en fonctionnement depuis une dizaine d’années à Amman. En effet, le ministère jordanien de l’Énergie n’en fait pas une priorité, jugeant insuffisante la quantité des déchets agricoles disponibles. Le royaume hachémite se refuse, par ailleurs, à importer des déchets de l’extérieur pour des raisons politiques, ne permettant de fait qu’un développement de projets à l’échelle municipale. Même l’utilisation des chauffe-eau solaires, universelle chez le voisin israélien, n’est que de 14 %, l’objectif modeste étant l’équipement de 30 % des ménages en 2020.

Pour atteindre leurs objectifs, les autorités ont d’abord redéfini le cadre législatif et réglementaire, complétant, en mai 2011, la loi sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de 2010. En ce qui concerne l’éolien, qui a la faveur du gouvernement parce que les coûts d’investissement sont plus faibles que dans le solaire, le gouvernement a annoncé le lancement d’une préqualification pour un bloc de projets sur des terres publiques dans le Sud (Ma’an, Wadi Arava, Tafila). Les préqualifiés devront mener à leurs frais une campagne de mesures et l’appel à propositions suivra dans les douze mois. Enfin, pour accélérer concrètement le développement de projets raccordés au réseau, le gouvernement a lancé un appel à manifestation d’intérêt et a reçu, en juillet 2011, 64 offres (37 pour le solaire, 22 pour l’éolien et 5 pour d’autres sources d’énergie renouvelable).

Turquie

Au Nord, le voisin turc se positionne sur l’éolien. En collaboration avec l’entreprise française EDF Énergies nouvelles, la Turquie a mis en service un parc d’une capacité de 30 mégawatts à Seyitali, dans la région d’Izmir, sur la côte ouest du pays. L’inauguration de ce nouveau complexe succède aux mises en service en 2007, 2008 et 2010 des parcs de Burgaz (14,9 MW de production), Sayalar (34,2 MW) et Soma 1 (79,2 MW). Le groupe français dispose ainsi d’une capacité installée de 158,3 MW bruts (54,9 MW nets) et de 205,8 MW en construction. Toutefois, le développement de l’énergie éolienne doit être relativisé. D’abord parce que le pays demeure largement dépendant de ses structures fossiles, ensuite parce que le projet de barrage d’Ilisu, en Anatolie, n’a pas été abandonné en dépit des menaces qu’il fait peser sur l’écosystème. D’une capacité de 1 200 MW, cet ouvrage qui symbolise les grandes ambitions hydrauliques d’Ankara serait le deuxième plus important de Turquie et pourrait être achevé en 2013. De nombreuses associations écologistes tentent depuis de plusieurs années de faire plier des autorités qui, bien qu’enclines à accélérer le déploiement des technologies propres, ne semblent pas vouloir revenir sur ses positions.

Abu Dhabi

Bien que détenant l’une des pires empreintes écologiques au monde, l’émirat d’Abu Dhabi affirme sa volonté de se muer en « capitale du développement durable » d’ici à 2030, à travers son projet Vision 2030. Pour le réaliser, le pays fait appel à des urbanistes canadiens tels que Michael White, qui commente : « Les cheikhs ont compris que, avec la croissance rapide de l’émirat, quelque chose devait changer ». En gage de cette décision, Abu Dhabi lance, en juillet 2010, son projet de ville 100 % écologique implantée en plein désert : Madsar City. Cette ville, dont le nom signifie « source » en arabe, est construite en plein désert et alimentée par les seules énergies renouvelables. Estimé à 22 milliards de dollars, le chantier est financé par Mubadala, un des fonds souverains de l’émirat. Cette cité écologique devrait pouvoir accueillir 50 000 habitants et 1 500 entreprises en 2020. Entourée d’un mur d’enceinte de 6,5 km2 pour la protéger de l’air chaud venu du désert et des nuisances de l’aéroport, Masdar City ne comptera ni grandes avenues ni gratte-ciel, mais des ruelles basses et ombragées et des bâtiments équipés de panneaux photovoltaïques. Une conception qui exclut la circulation des voitures. Les déplacements seront donc assurés par des transports en commun, propres, sobres et sûrs, à haute efficience énergétique et sans émission de gaz à effet de serre.

Lors d’une conférence à l’Emirates Palace le 9 juin dernier, le sultan Al-Jaber s’est focalisé sur le développement de Shams 1, la plus grande centrale solaire à concentration au monde, composée de 768 miroirs paraboliques installés sur 2,5 km2 produisant une puissance de 100 mégawatts, qui devrait fournir en électricité 62 000 foyers à la fin 2012.

Pour Caroline Tasse, membre du French Business Council de Dubaï et des émirats du Nord, une réelle prise de conscience existe de la part des Émiriens. « Les agences gouvernementales de protection de l’environnement travaillent activement à la promotion et la protection du désert, par exemple dans l’émirat d’Abu Dhabi : Al Ain et Al Gharbia, et du littoral, comme dans l’émirat de Fujaïrah. Des projets sont également entrepris pour encourager le développement des énergies nouvelles. Le plus emblématique, c’est le projet Masdar, qui a pour but de créer une Silicon Valley des énergies renouvelables ». Bien que notant un « ralentissement des investissements depuis la crise financière », Caroline Tasse conclut en assurant qu’il n’y a « aucune raison de ne pas être optimiste pour l’avenir ».

Iran Enfin, si l’Iran s’attire régulièrement les foudres de la communauté internationale pour ses investissements dans l’énergie nucléaire, la nation perse s’illustre également dans le développement de l’énergie solaire. Ainsi, en juillet dernier, Téhéran inaugurait-elle sa plus grande centrale solaire dans la ville de Mashhad. Construite par les experts iraniens, elle devrait produire suffisamment d’électricité pour l’ensemble de la province de Khorasan, au nord-est du pays. Malgré un coût d’exploitation deux fois supérieur à celui généré par les ressources fossiles traditionnelles, le gouvernement s’est engagé formellement à l’achat prioritaire d’électricité issu de cette nouvelle station. Avoisinant un coût d’installation proche de 300 000 dollars, la station est prévue pour être opérationnelle durant les cinq prochaines décennies. Mashhad devient ainsi la première dans le pays à être équipé d’un suiveur solaire, avec des panneaux de production d’électricité qui changent de direction en fonction des mouvements du soleil.

« L’énergie solaire est un bien naturel dont l’Iran dispose en abondance. Par exemple, la région de Khorasan bénéficie de plus de 300 jours de soleil par an. Même durant les jours nuageux, on peut toujours y exploiter sa lumière naturelle », se réjouit le vice-président iranien Mohamad-Javad Mohammadizadeh.

Dans un cadre plus général, l’Iran organisera, en marge de la Conférence de Rio, la IVe édition du Salon international des énergies renouvelables (IES 2012), qui se tiendra à Téhéran du 27 au 30 juin. Cette année, l’exposition se concentrera sur la collaboration entre les pays d’Asie orientale, les États d’Europe occidentale et les nations du Moyen-Orient et tentera, en dépit d’une conjoncture politique défavorable, d’attirer les décideurs économiques afin qu’ils investissent dans la république islamique.
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Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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