EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
BIRMANIE/MYANMAR
LE JEU DE DUPES D’UNE OUVERTURE INESPÉRÉE   
Par Jack Thompson (correspondant au Myanmar)      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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« Un pays, deux systèmes ». Non, il ne s’agit pas de Hong Kong et de la Chine mais du Myanmar et de la Birmanie. Deux noms qui se réfèrent à deux visions opposées de l’avenir du pays. L’une est celle des généraux en civil poursuivant la construction d’un État moderne demeurant sous leur contrôle absolu. L’autre est celle de l’opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, en quête, elle aussi, d’un État moderne mais démocratique.

J’appelle mon pays Birmanie… Je revendique le droit d’utiliser le mot que je veux car je crois en la démocratie ». Sommée d’utiliser le nom officiel (Myanmar), Aung San Suu Kyi réagissait énergiquement aux admonestationsvde la Commission électorale. De retour d’un voyage historique en Europe, la députée enfonçait le clou : « Autant que je sache, il n’y a pas eu d’études sur la volonté du peuple lorsque cela a été changé… Il n’y a pas de loi sur comment dénommer un pays. » Comparée aux défis qu’affronte ce pays en pleine transition, cette querelle entre l’usage du nom vernaculaire « Myanmar » et de l’anglicisme « Birmanie » (Burma), semble dérisoire. Elle est néanmoins représentative de la lutte à laquelle se livrent la junte en civil et l’opposition et dont l’issue déterminera, demain, qui présidera aux destinées du pays.

Novembre 2010. À la veille du scrutin qui devait amener le général et Premier ministre de la junte, Thein Sein, à tomber l’uniforme pour endosser le costume civil d’un président élu, Htun Htun, un étudiant birman, me lâchait brusquement : « Ils s’en fichent. Ils font juste semblant. » Avec un embarras croissant, il précisait que « les généraux se moquent des élections, ce n’est qu’une mascarade pour rester au pouvoir ». Craignant d’en avoir trop dit, le jeune homme s’excusa hâtivement avant de s’éclipser. L’ambiance était alors délétère à Yangon, la plupart des visages se fermaient dès qu’il était question de politique. La crainte était palpable.

Mai 2012. À la veille des élections partielles brillamment remportées par Aung San Suu Kyi, le rez-de-chaussée du quartier général de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) bourdonnait d’activité. Au pas de course des jeunes transportaient des piles de D-Wave, la lettre d’information du parti, vers un pick-up décoré d’un paon combattant, le logo de la LND. Sitôt le véhicule chargé, le chauffeur démarrait en trombe. Le va-et-vient incessant de Birmans autour de la boutique du parti où s’affichaient photos, calendriers et autres T-shirts à l’effigie de la dame de Rangoun, renforçait l’ambiance surréaliste de cette scène inimaginable quelques mois plus tôt. La LND était alors officiellement dissoute, la presse off cielle conseillait à Aung San Suu Kyi de cesser toute activité politique. Puis en août 2011, il y eut l’invitation surprise de Thein Sein enjoignant l’opposante à se rendre à Naypyidaw, la nouvelle capitale fondée par le général Than Shwe, le chef suprême de la junte. Libérée quelques mois plus tôt, l’opposante ne cacha pas son incrédulité mais accepta de bonne grâce cette ouverture inespérée qu’elle recherchait en vain depuis vingt ans. Les propos échangés demeurent un mystère, mais la junte multiplie les ouvertures depuis cette rencontre. La construction du barrage controversé de Myitsone est suspendue, des centaines de prisonniers politiques sont libérés, les droits de grève et de manifester sont instaurés.

Une ouverture inattendue

À Washington, Barack Obama prend note. Il dépêche Hillary Clinton à Naypyidaw, en novembre 2011. La visite historique se déroule sans anicroche. Depuis, les délégations officielles étrangères se pressent à Naypyidaw pour rencontrer le président réformateur, avant de s’en aller poser pour la photo souvenir avec la Dame de Rangoun, plus populaire que jamais. La fièvre birmane gagne les investisseurs impatients d’explorer un marché pratiquement vierge. Avec plus de 55 millions de consommateurs potentiels, le Myanmar est l’une des ultimes grandes frontières économiques du monde. Ses atouts ne sont pas négligeables : la main-d’oeuvre y est bon marché (environ 75 kyats/heure, soit 0,10 dollar !), les richesses naturelles affriolantes (la seconde réserve de gaz de la région, du teck, du jade, entre autres…) et, surtout, le pays est idéalement situé entre les deux géants que sont la Chine et l’Inde.

Encore faut-il que l’obstacle des sanctions soit levé. Les élections partielles du 1er avril ont offert au président réformateur une opportunité rare de démontrer la réalité de son credo démocratique. La victoire éclatante de l’opposition, qui a emporté 44 sièges sur 45, et la poursuite des réformes, semblent conforter la levée des sanctions. Mais les chancelleries occidentales conservent néanmoins quelques réticences. Dans un premier temps, Washington accepte de suspendre les principales sanctions mais se refuse à les supprimer définitivement. En cela l’administration Obama suit « l’optimisme prudent » affiché par Aung San Suu Kyi.

Retournement de situation sans précédent, celle qui se présentait naguère comme l’épine dans les bottes de la junte ne cesse de louer les réformes du président Thein Sein. Interviewée en février par le quotidien italien La Stampa, Suu Kyi renonçait publiquement à poursuivre ses anciens geôliers « Je ne suis pas favorable à ce que des gens soient déférés devant les tribunaux. Je ne veux pas d’une justice vindicative, mais je désire que la Justice soit reconstruite. Avant tout, notre pays a besoin que l’État de droit soit rétabli ». Un discours pieux destiné à rassurer les ex-généraux dont certains s’inquiètent de voir leur Némésis élue députée. Le soutien ostentatoire de la Dame de Rangoun aux généraux réformistes n’altère en rien ses réserves : « Si le Président est le chef de l’État, il ne détient pas nécessairement le plus grand pouvoir dans le pays. À tout moment, le commandant en chef peut saisir le pouvoir du gouvernement s’il le juge nécessaire ». L’opposante fait ici référence à l’article 417 de la Constitution qui stipule que si la souveraineté de la nation est menacée l’armée peut à tout moment prendre le contrôle du gouvernement. En clair, l’armée peut, à tout instant, mettre fin au processus d’ouverture.

Trompe-l’oeil

Après un demi-siècle d’isolationnisme, l’ouverture inespérée du pays surprend. Elle était pourtant annoncée depuis 2003 dans la feuille de route vers une « démocratie florissante et disciplinée », dictée par le général Than Shwe. Point par point, les généraux ont prévu la mise en place d’un gouvernement « civil » composé d’ex-généraux appuyés sur un parlement dans lequel 25 % des sièges sont réservés aux militaires d’active. Si l’ouverture en cours devrait améliorer le niveau de vie général du pays, elle demeure néanmoins, selon la devise des jésuites, Ad majorem Dei gloriam (Pour une plus grande gloire de Dieu). En l’état actuel, l’ouverture est essentiellement « Pour une plus grande richesse de la junte ».

Afin de promouvoir cette ouverture en trompe-l’oeil, les généraux utilisent sans vergogne l’aura internationale de la prix Nobel de la paix. Ce faisant, ils offrent à l’opposante une ouverture politique sans précédent qu’elle n’a de cesse d’élargir. Quelque temps après son entrevue avec Thein Sein, Aung San Suu Kyi rejetait toute ambition personnelle. Interrogée en janvier sur le fait qu’elle pourrait briguer la magistrature suprême, l’opposante a répondu : « Je ne suis même pas sûre que c’est quelque chose que j’aimerais faire ». À Londres, en juin, priée de dire à l’antenne de la BBC si elle était prête à diriger le pays alors que des élections générales sont prévues en 2015, la Dame de Rangoun a répondu : « Si je peux le diriger de la manière appropriée, oui ».

Jeu de dupes que cette alliance fortuite entre Thein Sein et Aung San Suu Kyi dans laquelle chacun poursuit sa quête personnelle du pouvoir. Demain, effectivement, le Myanmar pourrait de nouveau s’appeler Birmanie. À condition que les ex-généraux tolèrent que leur feuille de route vers une « démocratie florissante et disciplinée » n’aboutisse pas aux résultats qu’ils avaient prévus.
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LE JEU DE DUPES D’UNE OUVERTURE INESPÉRÉE
BIRMANIE/MYANMAR
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                 TECHNOLOGIES
CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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