EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
ANTITERRORISME
RISQUE DE REVERS POUR LE PAYS   
Par Nathan Leubnoudji Tah      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Le beau succès de la saison malienne, la morose conjoncture de l’aventure centrafricaine, l’indécis déploiement contre l’hydre de Boko Haram au Nigeria… Le Tchad militaire est, plus que tout autre pays africain, directement engagé sur tous les fronts contre les forces obscurantistes, pour le maintien de l’ordre ainsi que le rétablissement de la paix dans la sous-région. Mais ces engagements du Tchad sont ressentis comme trop présents dans son environnement immédiat.
Par Nathan Leubnoudji Tah


Le terrorisme, semblé circons- crit sur son terrain classique du Proche et Moyen-Orient, trouve aujourd’hui prise dans la bande sahélo-saharienne en Afrique en passe de devenir le spectre infernal du siècle. En tant que tel, son endigue- ment d’abord et son éradication ensuite requièrent une synergie d’actions d’en- vergure. Le Tchad ne s’est pas fait prier pour y contribuer. Bien que la lutte contre les forces obscurantistes soit de longue haleine, la stabilité retrouvée au Mali doit être largement imputée à la hardiesse des forces de défense tchadiennes, au sou- tien multiforme du peuple tchadien et à l’ardeur de ses dirigeants. Ici comme en République centrafricaine, bien que les issues ne soient pas identiques, le Tchad a payé un lourd tribut. Ce tribut n’est pas une capitation, le pays de Toumaï n’est pas à l’abri d’effets « boomerang ». Car la victoire comme la défaite est porteuse de ressentiment.


Le fleurissement de sentiments « tchadophobes »

En effet, chez certains groupes ou couches sociales dans les pays où les forces tchadiennes sont victorieusement intervenues par une présence sollicitée et attendue, naît malheureusement un sen- timent « tchadophobe » dès que, minimi- sant tous les risques affrontés, la bravoure légendaire des porteurs du fanion bleu- jaune-rouge a mis fin à leurs sinistres des- seins. Ainsi, dès l’engagement du Tchad et le coup porté par les Forces armées tcha- diennes d’intervention au Mali (Fatim) aux forces du Mal au nord du Mali, les réactions ont fusé de tous côtés de la part des jihadistes qui ont clairement promis au Tchad de lui faire payer une interven- tion qui a été punitive pour eux. Pendant que les éléments des Fatim sont célébrés comme des héros par le reste du pays, dans les rangs des extrémistes d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et du mouvement national pour la libération de l’Azawat (MNLA), c’est l’inimitié.



C’est le cas également en RCA où outre l’assistanat financier et logistique du pouvoir d’Idriss Déby Itno, les soldats tchadiens ont activement participé à toutes les étapes du projet de « sauve- tage » de la situation. Aujourd’hui, pour des motifs de guerre asymétrique, un sen- timent anti-tchadien fleurit dans tout le pays. Le retrait précipité du contingent tchadien des rangs de la Misca n’a pu suf- fire à assoupir l’ardeur des anti-Tchadiens qui s’en prennent à tous ceux qui pré- sentent seulement l’allure d’un Tchadien. Au Nigeria, compte tenu du réseau- tage évident d’Aqmi et des autres groupes terroristes avec Boko Haram, il est bien perceptible que les lourdes pertes infligées par les Tchadiens aux islamistes dans la sous-région sont tou- jours mal digérées.

Fait révélateur, les Tchadiens ne sont plus en odeur de sainteté dans la plu- part des tribus libyennes du Sud, surtout celles qui ont un lien certain avec le ter- rorisme. Le dernier cas d’attaque froide- ment orchestrée contre des Tchadiens en Libye remonte à la fin du mois de mai dernier quand une dizaine de commer- çants, sur leur chemin de retour au pays, furent abattus à Sebha. Dans ce pays au long passé tumultueux avec le Tchad, le ressentiment est devenu plus vif depuis la chute du régime de son guide éclairé, Mouammar Kadhafi, que ses opposants ont soupçonné les Tchadiens d’avoir défendu jusqu’à sa chute. L’autre camp estime par contre que les Tchadiens ont plutôt contribué à la chute de leur leader. Dans cet engrenage, les Tchadiens sont pris en tenaille et le payent souvent de leur vie.


La vulnérabilité du Tchad

La vulnérabilité du Tchad face aux menaces qui l’assaillent ne peut le mettre l’abri dès lors que le pouvoir, de plus en plus démissionnaire face à son devoir de protection, ne peut plus affronter seul les répercussions de ses engagements mili- taires internationaux. Car le pays fait partie de cette immense bande sahélo- saharienne qui fait le nid du terrorisme aujourd’hui. Or dans cette bande, l’infil- tration est souvent très facile à cause de la mobilité des hommes. Toutes les fron- tières du Tchad sont plus que poreuses et ne le mettent pas à l’abri d’une quelconque incursion.

De même, le nord-est nigérian, sanctuaire de Boko Haram, a une longue histoire commune avec l’ouest du Tchad. Le lac Tchad, aujourd’hui comme hier, est un véritable lieu de contact où le naira et les deux gammes de francs CFA circulent sans change. Sur le plan politico-militaire, le développement récent de la rébellion du Mouvement pour la démocratie et le développement (MDD) sur les cendres du Mouvement populaire pour la libération du Tchad (MPLT), dénote une connexion entre certains peuples tchadiens et nigé- rians de cette région lacustre. Ce qui favo- rise bien une circulation tous azimuts.


Le Tchad ne plus faire face tout seul

 De tout ce qui précède découle que le Tchad, figure de proue du combat contre les forces terroristes et pour la paix et la sécurité dans les sous-régions de l’Afrique centrale et dans la bande sahélo-saharienne, étant devenu un îlot d’insécurité ne peut plus se protéger tout en contribuant à cette lutte commune. Depuis le mini-sommet de l’Élysée sur la menace de Boko Haram, la désignation du Tchad comme pivot incontesté de cette lutte est une raison de plus pour faire porter les récrimi- nations jusque-là dirigées à l’extérieur contre les Tchadiens sur leur propre sol. Alors, étant donné sa fragilité, N’Djaména ne peut y aller seul.

Le Cameroun de Paul Biya s’est engagé mais à tâtons, le Nigeria, premier concerné, montre de plus en plus son insuffisance, les autres pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique du Nord ont affiché leur incohérence et leur susceptibilité, la lutte contre Boko Haram doit aujourd’hui aller au-delà de simples discours.
Le déploiement de 80 techniciens américains est un atout réel qui mérite d’être applaudi mais « l’immobilisme » français reste délicat. Cela laisse au contraire redouter les plausibles rivalités ou querelles de puissances qui marquent toujours les rapports entre Américains et Français sur les enjeux militaires au Tchad.
Les terroristes prennent souvent leur temps et s’assurent toujours de leur succès avant d’agir, confie Ali Gabriel Golhor, le porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), une coalition de l’opposition démocratique radicale sur cette question. Il renchérit en disant : « Nous sommes dans une situation d’in- sécurité qui s’aggrave de jour en jour… » Comme quoi les répercussions des inter- ventions extérieures tchadiennes que certains esprits redoutent ne sont pas à exclure.

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On a réduit le déficit de huit points, cela ne s`était jamais fait
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CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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