EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Création d`emplois et accroissement des qualifiquations
Ressorts et opportunités d`un saut qualitatif   
Madjiengar Ahmed Taryem      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Dossier BTP et grands travaux au Tchad

En l’an 2000, avec la construction du pipeline Tchad-Cameroun, et en rapport avec les exigences légitimes de retombées pour les populations locales émises par les ONGs, les entreprises pétrolières avaient fait observer que les qualifications requises faisaient défaut du côté des demandeurs d’emploi tchadiens. Huit ans plus tard, le gouvernement lançait de vastes chantiers de réalisation d’infrastructures à travers tout le pays. Quel est l’impact de ces différents travaux de construction sur l’insertion professionnelle et la promotion de l’emploi de la main-d’œuvre nationale ? Ces projets d’envergure, de l’avis des experts nationaux et des dirigeants des associations de promotion de l’emploi, ont eu des effets marquants sur les effectifs et sur la qualité des postes pourvus. Une véritable mutation du monde du travail au Tchad.

Dans le cadre de la construction du pipeline Doba-Kribi, en l’an 2000, une des justifications utilisées par les entreprises du consortium pétrolier pour avoir recours à la main-d’œuvre étrangère, notamment de l’Asie orientale, était tout simplement que les qualifications requises étaient inexistantes au Tchad.

Très rapidement, cependant, un rattrapage aura lieu. Aux quelques dizaines d’étudiants envoyés en formation (pétrochimie, gestion, économie et fiscalité, etc.) dans le cadre du projet GEEP (Gestion économique de l’ère pétrolière), viendront s’ajouter de jeunes tchadiens issus de l’enseignement supérieur scientifique et technologique. Une fois recrutés par les entreprises du consortium, leur formation sera assurée dans les centres de ce dernier, au Tchad et à l’étranger, notamment en Amérique du Nord. La formation dans les métiers les moins qualifiés a été assurée sur le terrain par l’encadrement des sociétés pétrolières.

Aussi, Maître Alndoh Bekoutou, avocat près la Cour d’appel de N’Djamena et président de l’Association pour la promotion des diplômés au Tchad, peut-il dire que : « L’exploitation du pétrole tchadien a permis de former sur le tas beaucoup d’ouvriers qualifiés, dans des domaines qui naguère manquaient d’ouvriers qualifiés. Dans la phase actuelle de production pétrolière, cette main-d’œuvre a été libérée. Elle est en ce moment en chômage technique, donc disponible pour être utilisée sur place et, à défaut, exportée. »

Le lancement de grands chantiers fournit une autre opportunité de travail. Monsieur Mossedé Ngarhounoum Paulin, directeur de l’IFPE, un institut de formation professionnelle et, en même temps, un cabinet de recrutement bien connu au Tchad, estime que : « Du point de vue de la politique de l’emploi, le lancement de grands travaux d’infrastructures par le gouvernement relève de la politique de relance économique et a pour objectifs la croissance et l’emploi. En effet, le lancement des grands travaux induit un accroissement des investissements et, a fortiori, celui du nombre de postes de travail disponibles. » Le lancement des grands chantiers de travaux publics s’est accompagné, de la part du gouvernement, d’un effort considérable de création d’institutions académiques dédiées à la formation de main-d’œuvre qualifiée dans les métiers correspondants. Ainsi sont venus s’ajouter à l’ENTP (École nationale des travaux publics), l’IUPM (Institut universitaire polytechnique de Mongo) et l’IPM (Institut du pétrole de Mao). L’initiative privée n’a pas été en reste. Ainsi, de nombreux instituts supérieurs privés de formation ont vu le jour avec pour vocation la formation dans les métiers du BTP : l’Institut de la francophonie, l’Institut supérieur de technologie du groupe Sahoulba, l’Institut supérieur de sciences de technologie et du développement, l’Institut supérieur polytechnique, etc.

Quelle est l’incidence de ces formations sur la qualification de la main-d’œuvre nationale ? Monsieur Ngarhounoum en tempère la portée car pour lui : « Il y a jusque-là un sous-emploi structurel qui reste encore à maîtriser. Sil est indéniable que des efforts significatifs ont été faits par le gouvernement, quoique tardivement, à travers la création de structures de formation, la pertinence de leurs filières et de leurs curricula demandent à être adaptés aux besoins réels du marché de l’emploi. Cela pour relever le défi de la pleine participation des jeunes à la vie économique et sociale du pays. »

Concernant l’acquisition et le développement de l’expertise nationale dans le domaine des BTP, il constate que : « La demande de travail dans un secteur donné de l’économie favorise toujours l’émergence d’emplois qui vont, à leur tour, requérir des compétences. Cette assertion repose essentiellement sur l’hypothèse d’une flexibilité quasi parfaite du marché du travail. Celle-ci devrait faciliter les réallocations de main-d’œuvre des secteurs déclinants vers les secteurs à croissance forte. Ainsi, le lancement de travaux d’infrastructures favorisera-t-il, sans doute, le développement d’expertise nationale dans le secteur du BTP. Cela se fera par des moyens aussi variés que l’apprentissage sur le tas, la création de nouveaux cycles d’enseignement des métiers du BTP dans les écoles de formation professionnelle. »

En effet, plus que par le passé, le lancement de grands chantiers de construction vient combler le vide structurel de terrain d’expérimentation pour les jeunes techniciens et ingénieurs issus de l’enseignement supérieur technologique. Désormais, la majorité d’entre eux a l’opportunité, à travers les stages de perfectionnement et les contrats d’apprentissage, de mettre en œuvre ses connaissances, s’il ne l’a pas déjà fait dans le cadre régulier de la préparation de son diplôme.

Maître Alndoh Bekoutou demande, pour sa part, plus d’exigence de la part du gouvernement envers les entreprises étrangères attributaires des travaux. À son avis, en considération de l’expertise internationale rendue disponible par l’ouverture de ces marchés et l’arrivée des grands groupes de BTP au Tchad : « Le gouvernement devrait inclure dans les clauses des marchés, en amont, des dispositions faisant obligation aux consortiums qui soumissionnent aux grands marchés de travaux publics de former des jeunes tchadiens dans les domaines pointus et de leur transférer les compétences nécessaires pour en assurer l’exploitation et/ou la maintenance au moment du départ des expatriés. Ce qui n’est pas le cas maintenant. »

En l’absence de données statistiques pouvant établir l’évolution des effectifs employés dans le secteur du BTP, il est indéniable que le lancement des grands travaux a accru les possibilités d’emploi, tant pour les entreprises qui étaient déjà en exploitation en 2008, que pour celles qui ont été créées suit à cette opportunité.

Mais les jeunes diplômés tchadiens ne sont pas les seuls à saisir une chance de travailler. Les non diplômés y trouvent leur compte. En effet, le BTP est un secteur à haute intensité de main-d’œuvre. Dans les entreprises formelles, le besoin de manœuvres est important. Par effet d’entraînement, les revenus substantiels perçus par les employés qualifiés induit la construction de l’habitat domestique, lequel est un grand employeur du secteur informel de la main-d’œuvre non qualifiée.

Le lancement des grands travaux d’infrastructures par le président Idriss Deby Itno a opéré une véritable révolution dans le monde du travail en donnant permettant aux jeunes Tchadiens disposant d’une qualification de trouver un emploi, de même qu’il a créé une forte demande dans le secteur, entraînant le développement de filières de formation.

Dans quelques années, les Tchadiens se rendront maîtres de compétences qui n’étaient jusque-là reconnues qu’aux expatriés. Mieux, la construction des ouvrages va modifier, sur la durée, la structure des métiers et des emplois telle que l’a connu le Tchad. Les bâtiments, les routes, les ponts, les forages et châteaux d’eau qui se construisent maintenant devront encore, dans cinq, dix, vingt ans, être maintenus, entretenus ou rénovés. Qui a parlé de création d’emplois pour la jeunesse ?
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CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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