EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Entretien avec ALI BONGO ONDIMBA Président de la République du Gabon
LE GABON PREND SON DESTIN EN MAIN   
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M. le Président, comment va le Gabon aujourd`hui ?

Le Gabon d’aujourd’hui est un pays en plein changement, avec de nombreux chantiers engagés sur l’ensemble du territoire national. Certains sont visibles, tels que les routes avec près de 600 kilomètres en cours de construction actuellement, l’agrandissement et la modernisation d’aéroports et de ports, la construction et la rénovation d’hôpitaux, d’écoles pour ne citer que quelques exemples.

Pour doter le Gabon d’infrastructures socio-économiques de qualité, nous avons engagé un budget d’investissements de 500 milliards de F.CFA sur 2011 – 2012. Et cet effort va se poursuivre sur les années à venir. Dans le cadre de notre schéma directeur national d’infrastructures, nous avons identifié 189 projets qui s’inscrivent dans 21 grands programmes. Le budget d’investissement est estimé à 10 000 milliards de F.CFA sur la période 2012 – 2016.

D’autres chantiers sont moins perceptibles mais tout aussi importants : il s’agit des réformes de fond de notre administration, de la modernisation de nos services publics et de l’amélioration de notre environnement des affaires.

L’ensemble de ces actions portent déjà leurs fruits. D’une croissance négative en 2009, nous sommes passés à 6,6 % en 2010 et 6,7 % en 2011 avec, il est important de le souligner, une croissance de 12 % dans les secteurs hors pétrole qui prouve que la diversification de notre économie est en oeuvre.


Ces résultats sont encourageants et je suis persuadé que nous pouvons faire encore mieux.

Au milieu de tous ces changements, le Gabon reste fidèle à sa réputation de paix, de stabilité et à sa vocation de carrefour et de terre d’accueil, qui attire visiteurs et investisseurs de divers continents.

Le Gabon va bien mais doit aller mieux grâce à l’atteinte de nos objectifs de compétitivité qui permettent une croissance soutenue et durable et au bout du compte le partage des fruits de la prospérité.

Pouvez-vous tirer un bilan de vos trois premières années de mandat ? Avez-vous eu des difficultés à lancer les grands chantiers prévus, votre accession au pouvoir ayant dû se faire rapidement dans le contexte du décès du Président Omar Bongo Ondimba ?

J’ai été élu sur la base d’un projet de société qui prévoyait un certain nombre d’axes qui guideraient l’action publique au cours de mon mandat.

J’ai proposé à mes concitoyens une grande vision nationale, celle de faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025. Depuis lors, je n’ai cessé d’indiquer les voies à emprunter pour transformer cette vision en réalité concrète. En 2010, un document, intitulé Orientations stratégiques du Gabon émergent, a permis de mieux préciser les modalités de mise en oeuvre de cette vision, en détaillant les axes stratégiques et les mesures envisagées. Depuis lors, les départements ministériels ont élaboré leurs plans sectoriels et les ministères disposent aujourd’hui de documents à moyen terme incluant les actions et les budgets, ainsi que le calendrier d’exécution.

Conduire un pays à l’émergence n’est pas chose aisée mais mon rôle est de faire face et de surmonter les difficultés, d’apporter des solutions.

Afin d’assurer la bonne mise en oeuvre du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE), un dispositif de suivi au plus haut niveau a été mis en place, avec l’instauration de Conseils présidentiels sectoriels. Ces Conseils permettront au gouvernement et aux principaux acteurs de faire au chef de l’État le point d’avancement de l’exécution de leur plan sectoriel et de recueillir ses orientations. Les Conseils présidentiels seront précédés de Conseils interministériels sectoriels ou de Comités de pilotage sectoriels, selon les besoins.

Pour appuyer ce pilotage, il sera mis en place au sein du cabinet du président de la République une cellule d’appui légère, le Bureau de coordination des programmes de l’émergence, chargée de concevoir et de mettre en place les tableaux de bord de suivi du PSGE, et ainsi d’aider les ministères dans les missions qui leur sont dévolues.

Vous vous êtes lancé dans un projet ambitieux, le « Gabon Émergent ». Pouvez-vous nous raconter la genèse de ce programme ?

Lors de la campagne électorale anticipée de 2009 j’avais dit ceci à mes compatriotes : « Le Gabon émergent que je vous propose sera un pays bien gouverné, respectueux des droits de tous ; un pays pleinement inséré dans les réseaux mondiaux d’échanges d’idées, des biens et des capitaux enfin un pays où chaque Gabonaise, chaque Gabonais disposera de revenus lui permettant de se prendre dignement en charge, d’un habitat décent et d’une bonne couverture sanitaire et sociale. Le Gabon peut, grâce à ses ressources et à ses compétences, changer en une génération le niveau de vie de tous ses citoyens. Il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit mais d’un engagement ferme et irrévocable »

Le Gabon, pleinement conscient de ces défis critiques, est déterminé à prendre son destin en main. Ce chapitre décline cette ambition, à travers cinq caractéristiques fortes du Gabon émergent en 2025 : une nation unie, une économie compétitive, un développement durable, une prospérité partagée et une voix respectée sur la scène régionale et mondiale. Nous avons une vision claire des orientations stratégiques et du chemin qui y mènera.

Sur quoi repose le premier pilier « Gabon Industriel » ? Cherchez-vous la diversification de votre secteur secondaire, ou souhaitez-vous encore majoritairement reposer sur le secteur minier ?

C’est ce que nous appelons la diversifi cation des piliers de croissance. L’émergence ne deviendra une réalité que si le Gabon réussit la mutation d’une économie de rente reposant sur les matières premières (hydrocarbures, bois, mines) vers une économie à valeur ajoutée et diversifi ée s’appuyant sur trois solides piliers : le Gabon industriel, le Gabon vert et le Gabon des services.

Le premier pilier est le Gabon industriel. L’érection de ce pilier passe par une meilleure valorisation des richesses du sous-sol gabonais, en y apportant plus de valeur ajoutée et en développant la sous-traitance locale. Trois objectifs stratégiques permettront de le matérialiser : relancer la production pétrolière et optimiser les revenus des hydrocarbures et des industries connexes ; développer le potentiel minier et ériger une fi lière de métallurgie propre ; promouvoir le développement d`industries de soutien (BTP, matériaux de construction, maintenance industrielle…).

Comment se positionne le Gabon sur le secteur des nouvelles technologies ? Quels investissements prévoyez-vous en ce sens ?

Dans une économie mondiale devenue une économie de la connaissance, le capital humain doit être formé. Il s’agit de transmettre le meilleur des nouvelles technologies et porter l’éclosion de nouveaux services, que ce soit dans l’éducation, dans les services administratifs aux citoyens, dans le transport, dans la santé, dans la sécurité, dans les services fi nanciers etc. Nous travaillons à démocratiser l’accès à l’Internet aussi avec l’atterrissement d’un nouveau câble haut débit d’ici l’année prochaine (ACE). Ceci s’accompagne d’un travail en parallèle d’installation de la fi bre optique sur des corridors transversaux du Gabon pour desservir les administrations à l’intérieur puis nous ouvrirons progressivement.

Concernant le climat des affaires et le secteur fi nancier, quel est le bilan du Gabon aujourd`hui ? Quelles évolutions y a-t-il eu ces dernières années, et quels sont les grands chantiers que vous voulez mettre en oeuvre dans les années à venir pour rassurer et encourager les investisseurs ?

L’ambition aujourd’hui est de faire du Gabon un pays disposant d’un environnement des aff aires de classe internationale, en modernisant le cadre de dialogue public-privé, en renforçant considérablement la promotion et le marketing du pays, en facilitant les procédures de création d’entreprises, en appuyant le développement des PME à travers l’appui-conseil, le fi nancement, la compétitivité et l’insertion de plus de Gabonais dans le marché du travail. L’ambition se matérialisera notamment par l’accession du Gabon dans les 10 premiers pays africains du classement Doing Business, à l’horizon 2020. D’ici là, le pays devra constamment fi gurer parmi les meilleurs pays réformateurs dans le monde.

Pour y arriver, une démarche globale de réforme du cadre des aff aires est mise en oeuvre en deux phases. La première phase en cours consiste à élaborer des partenariats avec le secteur privé, un agenda mettant l’accent sur les priorités en matière de réformes. La deuxième phase verra la mise en place d’un dispositif institutionnel d’appui au secteur privé cohérent pour les investisseurs potentiels et entreprises établies au Gabon. Un groupe de projet interministériel chargé de planifier et de mettre en oeuvre les actions en matière de réforme du cadre des affaires sera constitué dans ce cadre.

Nous veillons aussi à mettre en place et à maintenir un cadre macroéconomique sain, avec la stabilisation des grands agrégats macroéconomiques (PIB, masse monétaire, déficit public, solde de la balance des paiements, inflation), le suivi et le respect des critères de convergence multilatérale de la zone Cemac, la bonne gestion des finances publiques et la mise en oeuvre de la réforme comptable, financière et fiscale.

L’État gabonais maintiendra dans ce cadre son partenariat avec le Fonds monétaire international et accordera une attention particulière à l’amélioration de la notation pays. Les priorités portent également sur un renforcement de la lutte contre la corruption et une vigilance accrue dans la signature des contrats et leur réalisation. À cet égard, un audit de la dépense publique apparaît nécessaire afin d’identifier de façon précise les dysfonctionnements qui réduisent son efficacité et son impact.

Le projet de Budgétisation par objectifs de programme (BOP), initié à la suite de l’adoption de la loi organique relative aux lois de finances et l’exécution du budget permettra de rationaliser considérablement la dépense publique.

La bonne mise en oeuvre du PSGE suppose la mise en place d’un cadre juridique aligné au nouveau cadre stratégique.

La bonne gouvernance est au coeur de l’ensemble de ces démarches et à ce propos je suis satisfait de notre progression dans le classement de la Fondation Mo Ibrahim sur la bonne gouvernance en Afrique. Depuis mon arrivée au pouvoir, nous sommes passés de la 29e place en 2010 à la 22e place en 2012. Nous sommes le mieux noté des pays d’Afrique centrale. C’est un signe encourageant que les réformes conduites portent leurs fruits. Mais nous avons l’ambition de faire encore mieux.

Monsieur le Président, je ne voudrais pas terminer cet entretien sans parler de politique intérieure. Quels sont vos rapports avec l`opposition ? Le Gabon est-il une démocratie apaisée ?

Je suis la clé de voûte des institutions et mon rôle est de veiller à l’unité, à la cohésion et à l’épanouissement de tous les Gabonais, indépendamment de leurs convictions de tout ordre, notamment politique, qui sont garanties par notre Constitution.

Chaque fois qu’il m’a semblé important, sur des questions et enjeux que j’estime majeurs pour notre pays, de recueillir l’avis des représentants de toutes les organisations de notre société et des leaders d’opinion, j’en ai pris l’initiative. Ce fut le cas sur la question de l’île Mbanié. Ce fut le cas pour la biométrie. Ce sera le cas pour notre présidence de la Cemac, comme pour d’autres questions.

Je n’ai aucun problème avec quelconque de mes compatriotes, quel qu’il soit, tant qu’il reste conscient de ses droits mais aussi de ses devoirs et respectueux de l’État de droit et de nos institutions.

Enfin, Monsieur le Président, comment va votre santé ?

À votre avis ? Je touche du bois ! Dieu merci tout va bien !
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CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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