EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
L’ART À LA FOLIE   
Stéphane Pocidalo      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Dans les salles de vente du monde entier, les commissaires-priseurs assistent à un phénomène bien établi : la présence massive de collectionneurs chinois. Désormais, le marché de l’art est dominé par le géant asiatique qui achète sans compter. Lumière sur cette tendance de fond.

Mercredi 2 mai dernier
, à New York, un record mondial a été battu. La vente aux enchères organisée par Sotheby’s a en effet permis de vendre une version du Cri d’Edvard Munch à un prix record : 119,92 millions de dollars. L’identité de l’acheteur n’a pas été dévoilée mais nous serions prêts à avancer que sa nationalité est chinoise. Pourquoi cette supposition ? Tout simplement parce que le marché de l’art est aujourd’hui marqué du sceau de la domination chinoise. Depuis cette année, la part du pays dans le marché mondial a atteint 30 % en 2012, selon un rapport publié par The European Fine Art Fair (Telaf).

Un investissement sûr

L’hégémonie américaine a donc pris fin et cela n’est pas prêt de changer. Rendez-vous compte : en 2011, le produit de vente global de la Chine dans le monde de l’art a représenté 4,9 milliards de dollars, contre 2,72 milliards pour les États-Unis. La France, elle, n’est que cinquième dans ce classement, avec 521 millions de dollars… Aujourd’hui, les grandes places du marché se trouvent en Asie, de Singapour, à Hangzou en passant par Taïwan et Pékin. L’autre indicateur de cette domination de la Chine se détecte du côté des maisons de ventes. Avant, on ne parlait que de Christie’s et Sotheby’s ; aujourd’hui, les acheteurs fréquentent assidûment Poly, China Guardian, Beijing Hanhaï, Shanghai Tianheng et Beijing CNTC. C’est sûr, la Chine ne connaît pas la crise…

Pour comprendre cette nouvelle tendance durable, il faut tout d’abord souligner le changement de comportement des Chinois les plus fortunés. En 2002, la clientèle qui fréquentait les salles de vente était principalement occidentale. La Chine était en retrait. En plein boom économique, elle préférait investir dans l’immobilier et en bourse. Mais ces trois dernières années, la crise économique a changé les comportements et l’art est rapidement devenu une valeur refuge, un investissement de qualité. Des sociétés chinoises se sont alors spécialisées dans l’achat de parts d’oeuvres, créant un énorme engouement populaire.

La forte croissance chinoise a également permis l’émergence de nouveaux millionnaires. Aujourd’hui, plus de 1,1 million de Chinois le sont – dont 146 milliardaires –, ce qui leur permet d’acquérir des biens sans compter. Récemment, Enrique E. Liberman, président de The Art Fund Association, a expliqué que la Chine a troqué les fonds de pension pour « les fonds de passion. » Cette sous-catégorie permet « de diversifier les portefeuilles dans un domaine qui a toujours eu de bons retours sur investissements et qui n’a que peu de liens avec les autres types d’investissements. »

Une nouvelle génération d’artistes

La Chine a également réussi à s’imposer sur le marché de l’art grâce à ses artistes. Dans les années quatre-vingt, dans la banlieue de Pékin, un village regroupant des peintres talentueux comme Cheng Xin Dong ou Yue Minjun émerge. Dans cette époque d’interdit, les Occidentaux repèrent leurs oeuvres et achètent à profusion ces bijoux pour quelques milliers de dollars. Sur les toiles, un véritable esprit avant-gardiste s’exprime pleinement. Le réservoir d’artistes de talent est vaste.

Aujourd’hui, la moitié des 500 premiers artistes mondiaux les plus cotés sont de nationalité chinoise. En 2011, ce sont deux artistes chinois qui occupent la tête du palmarès annuel des ventes aux enchères établi par Artprice, avec 400 millions d’euros pour une oeuvre de Zhang Daqian et 350 millions pour un Qi Baishi. Preuve que la peinture classique fascine les investisseurs locaux puisqu’elle représente 70 % du marché chinois, avec ses dessins à l’encre et ses calligraphies sur papier de riz.

La Chine a changé les règles

Il y a quelques mois, dans le magazine Challenges, le Français Thierry Ehrmann, fondateur d’Artprice, décryptait l’avènement des artistes chinois. « Ils sont dans l’air du temps car ils ont une fabuleuse capacité d’adaptation. Ils ont réussi, par exemple, à prendre le meilleur du pop art européen et américain. Ils sont à l’écoute des clients et adoptent quand il le faut pour leurs peintures le format à l’italienne, en paysage, afin qu’elles rentrent sans problème dans les appartements new-yorkais. »

Du côté des maisons de vente historiques, on s’adapte tant bien que mal à cette nouvelle donne. Aujourd’hui, elles font fortune à Hong Kong, la plaque tournante mondiale, fréquentée en masse par la Chine et ses collectionneurs. Les États-Unis et, dans une moindre mesure, les Européens profitent ainsi de la mondialisation en s’implantant en Asie ou en Russie, l’autre géant qui se fait un nom sur ce marché.

Néanmoins, les acheteurs « historiques » déplorent l’évolution du marché de l’art. Tout d’abord à cause de la spéculation orchestrée par certains acheteurs chinois. Un exemple confié par un commissaire-priseur : il y a quelques années, une vente en Allemagne concernait une paire de meubles de qualité datant du XIXe siècle. Cette paire part autour de 200 000 euros, un très bon prix. Six mois plus tard, on présente des meubles similaires dans une autre vente. La paire a été achetée par des Chinois pour plus d’1 million de dollars, sans raison précise. Ces derniers mois, les experts ont néanmoins constaté une stabilisation du marché et moins de ventes « folles ».

L’autre facteur qui inquiète grandement les professionnels concerne la recrudescence de faux sur le marché de l’art. De manière croissance, ils envahissent les salles des ventes et trompent parfois la vigilance des professionnels. Ces filières internationales sont très organisées et, d’après les experts, les objets proviennent majoritairement de Chine. Ces derniers constatent également que les enchères des maisons de vente chinoises sont parfois trompeuses et peu fiables, certains objets étant déclarés alors qu’ils n’existent pas. Ces dérives nuisibles montrent donc que la Chine n’a pas encore intégré toutes les règles de l’art. Mais cette domination du marché a été tellement fulgurante qu’elle nécessite inévitablement une adaptation culturelle. « Les Chinois ont été privés de culture durant de nombreuses décennies, donc ils ont encore besoin d’apprendre l’art et ses marchés », nous affirme un expert en art contemporain. Mais, on le sait, la Chine apprend vite, très vite…
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Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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