EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Derrière le miracle économique ...
La face cachée du miracle chinois   
Éric Verhaeghe      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
Partager


Grand dossier Chine

Tout le monde a en mémoire les photos de Pékin dans les années soixante-dix, couverte de bicyclettes qui se croisent dans les rues. Tout le monde peut aujourd’hui voir le visage nouveau des villes chinoises : des artères engorgées de voitures neuves, qui sont autant de preuves de la transformation radicale du pays.

Les multiples visages de ce miracle flirtent tous avec la démesure. La transformation du paysage chinois par exemple.

Le Barrage des Trois-Gorges, sur le Yangtsé, dans la province de Hubei, en est la figure emblématique. Mis en production en 2009, il symbolise l’affirmation de la Chine comme grande puissance industrielle dans le monde. Doté de 26 générateurs, il doit assurer à lui seul 10 % de la production électrique chinoise. Avec plus de 18 000 mégawatts, il équivaut à une douzaine de tranches de centrales nucléaires. En bâtissant ce monstre de béton, la Chine manifeste toute sa capacité à égaler les pays industrialisés traditionnels dans la domestication de la nature au service d’une industrie en pleine expansion.Mais, au-delà de ce symbole, sait-on qu’une nouvelle centrale électrique est mise en service chaque semaine en Chine pour couvrir les immenses besoins du pays ? Qu’il compte actuellement 11 réacteurs nucléaires et 24 autres en construction. La construction de 14 nouveaux réacteurs nucléaires a été récemment approuvée. Dans le même temps, 70 % de l’électricité chinoise restent produites par des centrales à charbon. La Chine dispose maintenant d’un réseau de distribution plus important que celui des États-Unis.

Tout, dans ce pays, est frappé par le gigantisme et la démesure. La révolution industrielle chinoise est démesurée. Ces bouleversements ont un impact social très fort. Sept cent cinquante millions de Chinois sont en âge de travailler. En 2009, leur revenu annuel en parité de pouvoir d’achat les plaçait au 95e rang mondial. Tout est dit dans ce chiffre : une réserve de main-d’œuvre colossale, une croissance industrielle fascinante, une performance sociale médiocre.



Nouvelle aristocratie

D’un côté, la Chine assiste au développement d’une aristocratie industrielle fortunée. En 2003, la prestigieuse marque Bentley, aujourd’hui filiale de Volkswagen, y avait vendu 70 voitures. En 2011, elle y a vendu 1 839 exemplaires. Le pays assure 25 % des débouchés de la marque.Ces quelques chiffres donnent une image assez fidèle de l’appétit des grandes for- tunes chinoises pour le luxe et un standard de vie cossue à l’occidentale.

D’une certaine façon, les années 2000 resteront dans l’histoire comme le début d’un âge d’or pour les entrepreneurs chinois. Celui d’une expansion sans précédent, d’une libéralisation, d’une ouverture des marchés mondiaux, synonyme d’une abondance qu’on croirait sans limite. D’un autre côté, une face cachée, bien plus sombre. La pauvreté augmente, et les différences sociales s’accroissent. Le coefficient de Gini, qui mesure les écarts de revenus entre les habitants d’un pays atteint un sommet de 0,45 (le maximum est de 1), alors qu’il n’était que de 0,28 en 1980. Autrement dit, les disparités de revenus ont pratiquement doublé en 30 ans en Chine. Pour mémoire, ce coeffi- cient est de 0,29 en France ou de 0,24 au Danemark. Les États-Unis ont un coefficient de Gini de 0,32. Seul, parmi les pays de l’OCDE, le Mexique peut se comparer aux disparités chinoises, avec un coeffi- cient de 0,47. Aggravation des écarts sociaux

L’industrialisation extrêmement rapide de la Chine conduit paradoxalement le pays à s’éloigner des standards occidentaux en matière d’organisation sociale. La contrepartie du développement extrêmement rapide de la production chinoise est une aggravation forte et puissante des écarts sociaux entre ceux qui emploient et ceux qui sont employés. De ce point de vue, l’âge d’or chinois pour les plus riches pose un vrai problème de durabilité. Combien de temps le modèle chinois pourra-t-il tenir à ce rythme ?

L’affaire récente du relèvement du seuil de pauvreté en est un exemple frappant. Longtemps, ce seuil est resté fixé à 140 euros annuels. En 2010, il a été porté à 270 euros annuels, soit 2 300 yuans. Ce montant est l’équivalent d’un revenu de 1 dollar par jour, seuil de pauvreté absolue fixé par la Banque mondiale jusqu’en 2007. Depuis cette date, il est passé à 1,25 dollar. Toujours est-il que, en actualisant les statistiques officielles chinoises avec les anciens standards de la Banque mondiale, le nombre de pauvres en Chine est passé brutalement de 26 à 128 millions d’habi- tants. Ce qui signifie que 100 millions de Chinois environ, soit 7 % de la population totale, 15 % de la population active, vivaient avec un revenu annuel compris entre 140 et 270 euros. « 2 300 yuans de revenu annuel ne permettent d`assurer que les besoins de base, en restant dans l`extrême pauvreté», précise pourtant Hu Xingdou, professeur d`économie à l’institut des technologies de Pékin.

Ces précisions statistiques permettent évidemment de resituer le développement exponentiel chinois dans son contexte social. Le miracle économique est vrai pour les catégories les plus aisées de la population. Il demeure une réalité très relative pour des pans entiers de la popu- lation chinoise.

Un modèle anxiogène

Certes, le gouvernement chinois se défend volontiers de laisser cette situation s’installer. Il avance volontiers l’argument d’une réduction de la pauvreté absolue en Chine, et d’une performance supérieure à son voisin indien dans la lutte contre la misère. Un livre blanc sur la pauvreté en zone rurale a été publié en novembre 2011, qui annonce des chiffres d’importante réduction de la pauvreté dans les campagnes. Il n’en demeure pas moins que la Chine ne parvient pas à conjuguer efficacement son développement phénoménal avec une préservation d’un modèle social fondé sur une répartition satisfaisante des richesses produites entre les différentes catégories de population. Ce modèle est-il durable ? Jusqu’à quand la Chine pourra-t-elle assumer un développement très rapide de sa production et de ses inégalités ? La réponse à cette question est évidemment une grande inconnue pour l’ensemble de la planète.

Ce qui est sûr, c’est que le modèle économique chinois est producteur d’incertitude et d’angoisse pour les populations. L’affaire du Wukan en a donné un exemple récent et frappant. Comme dans beaucoup de régions de Chine, le Wukan a été le témoin d’une tendance marquée : la confiscation des terres au profit de notables locaux qui les revendent à leur profit pour que des promoteurs immobiliers puissent y construire des logements. Cette pratique d’appropriation individuelle et d’enrichissement à l’abri d’une légalité détournée de son objet est une sorte de mécanique infernale. La construction de logement est un besoin crucial en Chine.

Le recours à des promoteurs privés est une solution inévitable pour répondre aux besoins. L’utilisation par les responsables locaux des lois sur la confiscation des terres pour s’enrichir personnellement est une tentation. Dans le cas du village de Wukan, l’affaire s’est soldée par une révolte paysanne. Les habitants ont refusé la manœuvre qui leur était imposée. Leur leader, Xue Jinbo, avait été arrêté par la police après que le village s’était opposé à la venue des promoteurs. Et Xue Jinbo est mort pendant son interrogatoire, ce qui a mis le feu aux poudres. La police a soutenu qu’il avait été victime d’un accident de santé. La famille a accusé la police de brutalité et a voulu récupérer le corps. La police a refusé de rendre les dépouilles à la famille. La rébellion s’est nouée. Les 13 000 habitants de ce village côtier de la province méridionale du Guangdong ont alors fait fuir les cadres communistes locaux. Les médias internationaux se sont emparés de l’affaire, devenue le symbole d’une résistance populaire à un développement économique socialement destructeur. Finalement, un autre des révoltés, Lin Zuluan, a été désigné en remplacement du secrétaire du Parti qui occupait ce poste depuis 42 ans et est accusé d`implication dans les confiscations de terres dénoncées comme illégales par les villageois. Il a pris la tête de la représentation politique locale et obtiendra peut-être des mesures favorables à son village. Ce mouvement est une sorte de test et d’exemple pour la Chine : comment concilier progrès social et progrès économique ?
   ©   PAYS-EMERGENTS.COM  -  Pays émergents
                   ECONOMIE
LE TIGRE MALAIS ROI DES INVESTISSEMENTS ASIATIQUES EN AFRIQUE
ECONOMIE
VISION 2020 DE GRANDES AMBITIONS
Développement
MALAISIE L’OUTSIDER SORT SES GRIFFES
ÉCONOMIE - LE PARI DE LA FINANCE ISLAMIQUE
LES OPPORTUNITÉS D’AFFAIRES
                 TECHNOLOGIES
CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
  © Copyright Pays-Emergents.com, Aout 2011 - Tous droits réservés REFLEXION-CONNEXION  
  Pays Emergents - DWD Publications 233 rue St. Honoré 75001 Paris - France
  Tél : +33(6)06520800 E-mail: s.diawara@pays-emergents.com
  REGIE PUBLICITAIRE - Tarifs Régie Publicitaire
.
, , SNER, , ascension économique, , démocratie, pauvreté, ,Dilma Rousseff, , ressortissants, , bétail, , coopérative, , ,agro-alimentaire, ,croissance, promesses, compétitivité, , , musique, Maroc, , gisements, , , bilinguisme, , croissance, ,brésil, , population mondiale, , mousson, , fusée, , homophobie, , Coupe du monde, , environnement, , Inde, ,cinéma, , ,, , pouvoir, postes, , affaires, , , réformes, , , potentiel économique, , violence, , apartheid, Lonmin, , égalité des chances, , , procès, xhosa, , ,patrimoine, naturel, touristique, braconnage, ,Tibet, ,Birmanie, , communauté juive éthiopienne, radicalisation, , musulmans, , modernisation, , COD, détermination, ,budget, parlement, ,Gabon, commerce, , histoire, , , concurrent, ,christianisme, multiethnique, origines ethniques, Najib Razak, ,déficit, ,diplomatie, ,N’Djamena, République centrafricaine, ,