EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Réussir l’impossible   
Romain Lafitte      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Plus de soixante ans après avoir organisé la Coupe du monde de football, le Brésil s’apprête à accueillir coup sur coup les deux plus grands événements sportifs de la planète (Coupe du monde 2014 et Jeux olympiques 2016). Le pays du roi Pelé peut-il relever cet immense défi ? État des lieux à un peu plus de deux ans des premières festivités.

1950. Le Brésil, encore vierge de titre sportif, est le pays hôte et le grand favori de la Coupe du monde. Malheureusement l’Uruguay, premier champion de l’histoire du football, vient priver la Seleçao du titre suprême. C’est la stupeur dans le mythique stade Maracana de Rio. Moacir Barbosa, le gardien brésilien, ne se remettra jamais de l’erreur qui fournit le but victorieux à l’Uruguay. En 1993, le président de la fédération brésilienne empêche Barbosa de commenter un match. Suite à cet incident, il déclare à la revue Contrapie : « Au Brésil, la peine majeure pour un crime est de trente ans de prison. Moi, il y a quarante-trois ans que je paye pour un crime que je n’ai pas commis ». Cruelle destinée, mais au pays du football-roi, le pardon est rare.

Si le sport ne s’est pas développé au Brésil comme il le devrait (23e au tableau des médailles des derniers J.O. à Pékin en 2008), il est par contre le pays roi dans la pratique du football. Des favelas aux plus grands stades d’Europe et du monde, le foot parle brésilien. La sélection nationale, la Seleçao, est l’équipe la plus titrée de l’histoire puisqu’elle a remporté cinq fois la Coupe du monde (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002). Le Brésil est également le seul pays à avoir participé à toutes les phases finales du Mondial.

Véritable enjeu économique et politique, le football est bien plus qu’un sport au Brésil, c’est une religion. Le 30 octobre 2007, jour où le pays organisateur du Mondial 2014 a été officiellement désigné, nombre de spécialistes du ballon rond se sont réjouis de pouvoir revenir aux origines, d’aller « en pèlerinage à La Mecque du football » selon les termes du président de l’UEFA, Michel Platini, ancien champion d’Europe et triple Ballon d’or.

Bien aidée par un contexte économique favorable, la sixième puissance mondiale a donc décidé de se lancer un extraordinaire défi . Mais deux ans et demi après l’annonce que Rio accueillerait les J.O. en 2016, les diffi cultés éclatent au grand jour.

Le problème inhérent à tout pays voulant accueillir un grand événement sportif est l’état de ses infrastructures. Or, au Brésil, les organisateurs partent de loin. À l’heure actuelle, seuls 3 stades sur les 12 prévus respectent le calendrier des travaux. Pour les autres enceintes, la cacophonie règne, même si les experts assurent qu’elles seront prêtes le jour J.

Gaspillage de l’argent public

Le gaspillage de l’argent public a également été pointé du doigt par les Brésiliens. Au coeur de la polémique, la décision de ne pas rénover le stade Morumbi du club de São Paulo. Le coût prévu était de 200 millions de réaux. À côté de cela, un nouveau stade, l’Arena de São Paulo, financé à hauteur de 1 milliard de réaux (environ 500 millions d’euros) dont 80 % provenant de fonds publics, va s’élever dans le quartier d’Itaquera. Une décision contestable, appuyée par les autorités politiques dont l’ex-président Lula, ancien ouvrier à Itaquera et supporter inconditionnel des Corinthians degrand groupe omnisports de la ville, qui conservera le stade à l’issue de la Coupe du monde. L’Arena aura une capacité de 65 000 places et accueillera la cérémonie et le match d’ouverture. C’est donc là que le Brésil entamera son parcours.

Les retards inquiètent jusqu’aux membres de la FIFA car les stades doivent être prêts pour la prochaine Coupe des confédérations, sorte de répétition générale qui se déroulera en juin 2013. Dernièrement, le secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke, est sorti de ses gonds, exhortant le Brésil à se donner « un coup de pied aux fesses ». Une déclaration fracassante et accablante pour les organisateurs : « Je ne comprends pas pourquoi les choses ne bougent pas. La construction des stades ne se fait plus dans les temps, et pourquoi beaucoup de choses sont-elles en retard ? En 2014, nous aurons une Coupe du monde. Et nous sommes inquiets car rien n’est fait ou préparé pour recevoir autant de gens. J’en suis désolé, mais les choses ne marchent pas au Brésil. On s’attendait à plus de soutien, il y a des discussions sans fin à propos du projet de loi concernant la Coupe du monde. Le texte aurait dû être ratifié en 2007 et nous sommes en 2012. » Quelques jours plus tard, Jérôme Valcke a avoué regretter des propos qui ont valu les excuses du président de la FIFA, Joseph Blatter, au ministre des Sports, Aldo Rebelo. Mais bien que maladroites, les critiques étaient fondées.

Le contrôleur des travaux, José Roberto Bernasconi, président du Syndicat d’architecture et ingénierie de São Paulo, reconnaissait dernièrement que « c’est seulement en 2011 que nous avons commencé à prendre les choses au sérieux ». De son côté, l’ancien footballeur Ronaldo, membre du comité d’organisation, a appuyé les propos du secrétaire général de la FIFA en déclarant que même si « la façon (dont il a formulé ses critiques) a été lamentable, cela ne veut pas dire qu’il n’avait pas raison ».

Autre défi à relever pour les autorités brésiliennes : l’accueil des spectateurs. Lors du dernier Mondial en Afrique du Sud, plus de 3 millions de personnes avaient assisté aux matchs. En 2014, on devrait dépasser ce chiff re record. Pour accueillir les visiteurs, la FIFA exige des transports publics de qualité. Or là aussi, les travaux prennent du retard.

Retards et soupçons de corruption

La ligne de train à grande vitesse envisagée pour relier les deux principales villes du sud-est, Rio de Janeiro à São Paulo, ne sera pas achevée en 2014. Il est même fort à parier qu’elle ne sera toujours pas en service pour les Jeux olympiques en 2016.

Les liaisons aéroportuaires entre les différentes villes du pays constituent également une grande source d’inquiétude. Aujourd’hui, la plupart des aéroports brésiliens sont en surcapacité et de nombreux retards sont déjà constatés, particulièrement à Guarulhos (São Paulo) et Galeao (Rio de Janeiro). José Márcio Mollo, président du Syndicat national des entreprises aériennes s’inquiète : « Les travaux d’aménagement de Guarulhos, le plus important aéroport du pays, sont en retard et la construction du troisième terminal n’est encore qu’en phase de projet. La plupart des aéroports sont déjà saturés. Nous avons fait part de notre préoccupation aux autorités il y a plus d’un an. Mais la situation n’a fait qu’empirer car peu, pour ne pas dire rien, n’a été fait ».

Le journaliste Roberto Pompeu de Toledo, chroniqueur du très populaire magazine Veja, propose dans une lettre ouverte à la présidente, Dilma Rousseff , de renoncer purement et simplement à organiser les deux événements. Des déclarations qui font suite à une étude préoccupante de l’Institut public de recherches économiques appliquées, datant d’avril 2011, qui indique que la plupart des aéroports ne seront prêts qu’en 2017… soit un an après les Jeux olympiques.

À l’été 2010, Jérôme Valcke avait déjà tiré la sonnette d’alarme : « Le Brésil ne respecte aucune échéance. Faudra-t-il attendre la fin des élections et du prochain Carnaval ? ». Lula, alors président, n’avait pas compris le scepticisme et les critiques proférées par la FIFA : « Ils nous prennent pour des idiots qui ne savent pas comment procéder, comment établir des priorités. »

Les critiques ne viennent pas uniquement de l’extérieur. Dans l’oeil du cyclone, Ricardo Teixeira, ancien président de la Confédération brésilienne de football qui a démissionné dans le courant du mois de mars à cause de graves problèmes de santé. « Tricky Ricky » (« Ricky le truqueur ») comme le surnomment certains, était au pouvoir depuis 1989. Un long règne qui fait peser sur lui de forts soupçons de corruption. Il fait l’objet d’une enquête du parquet de Rio de Janeiro pour un « transfert illégal de fonds et blanchiment d’argent ». La BBC affirmait même que Ricardo Teixeira avait perçu 9,5 millions de dollars de pots de vin entre 1992 et 1997 de la part de l’agence Sports and Leisure, en charge des droits de la Coupe du monde, jusqu’à ce qu’elle disparaisse en 2001. Ricardo Teixeira était très critiqué par les Brésiliens. Sur Twitter, une grande campagne a été menée contre lui pour réclamer son départ : ForaRicardoTeixeira (« Ricardo Teixeira, dehors ») a dépassé les 300 000 tweets en une semaine à peine. Alors qu’il venait d’être conforté à son poste par les présidents des fédérations des diff érents États du Brésil, il a décidé de céder son fauteuil. Une décision qui en a ravi certains, comme Romario, l’ancien attaquant vedette de la Seleçao, aujourd’hui député socialiste, pour qui le football brésilien vient de « se débarrasser d’un cancer ».

Ricardo Teixeira est remplacé par un ancien joueur du São Paulo FC, José Maria Marin. Également ancien gouverneur de l’État de São Paulo, Marin a annoncé qu’il n’y aurait pas de changement à la fédération : « C’est la continuité d’une gestion respectée dans le monde entier. ». Pas sûr que tout le monde partage son avis.

L’inquiétude est donc manifeste. Mais le gouvernement brésilien assure que 42 des 51 chantiers de transports ainsi que la plupart des stades seront terminés l’an prochain, comme prévu. Au-delà de toutes les turpitudes, les Brésiliens se sont fait une promesse : réussir ce pari fou qu’aucun autre pays n’a entrepris ni réalisé avant lui.
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