EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Une pmi pour la valorisation de la production nationale des oléagineux et le renforcement du tissu industriel au tchad   
Madjiengar Ahmed Taryem      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Au Tchad, le secteur industriel, et en particulier celui de l’agroalimentaire, était un domaine qui n’attirait naguère que l’État et les investisseurs privés étrangers. Cette situation est en train de changer. De plus en plus d’entrepreneurs tchadiens marquent leur présence à travers la création d’unités industrielles à taille humaine, ce qui correspond d’ailleurs bien à l’environnement socioculturel national. Au nombre de ces entreprises parties à la conquête de nouveaux espaces, la Société Industrielle de l’Agroalimentaire du Chari, une raison sociale porteuse de tout un projet : celui du développement de l’agroalimentaire local. Entretien avec son administrateur général, Brahim Ali Moussaie.

PAYS ÉMERGENTS : Monsieur l’Administrateur Général, pour les lecteurs de « PAYS ÉMERGENTS », veuillez nous présenter la SIAC, cette nouvelle unité industrielle agroalimentaire dont vous avez la charge de la Direction Générale.

BRAHIM ALI MOUSSAIE : Tout le plaisir est pour moi de retenir l’attention de votre journal « PAYS ÉMERGENTS » dont le centre d’intérêt, comme son nom l’indique, est constitué par les économies émergentes au nombre desquelles, celle de notre pays, le Tchad.

Ceci dit, précisons que l’avènement de l’ère pétrolière ne doit pas nous faire oublier que nous sommes avant tout une économie fondée sur l’agriculture et l’élevage. Ces richesses nationales du secteur primaire peuvent et doivent être valorisées. Cela passe, notamment par leur transformation par le moyen de la création et du développement des structures industrielles, économiquement viables sur la durée, capables de créer des effets d’entraînement, sur le plan de la production et de la productivité du secteur des oléagineux, de la promotion de l’emploi, du développement des qualifications dans ce secteur l’industrie agroalimentaire, de l’organisation des circuits de distribution. Et en cela, les opérateurs économiques privés nationaux ont un rôle de premier plan à assurer.

La création de la Société industrielle de l’Agroalimentaire du Chari, en abrégé SIAC, procède de cette démarche de valorisation de notre production agricole par le moyen des petites et moyennes industries.

La SIAC se présente comme suit. En ce qui concerne sa forme juridique et ses organes de gestion, la SIAC est une société anonyme avec Administrateur Général, au capital social de 20 000 000 de FCFA, dont le siège est à N’Djamena. Elle a pour objet social la production et la commercialisation de l’huile de table et de l’huile de cuisine.

La SIAC a eu son autorisation administrative d’exercice industriel et artisanal le 13 juin 2011. Elle a effectivement commencé sa production depuis le 1er février 2012 et la commercialisation de ses produits sur le marché national a débuté le 19 mars de cette année.

Comme nous l’avons déjà dit, au début de cet entretien, les activités de la SIAC s’inscrivent dans une dynamique de création de la valeur ajoutée des produits de l’agriculture tchadienne. C’est ainsi que notre activité est fondée sur la transformation des produits oléagineux de l’agriculture nationale à savoir : l’arachide, le maïs, le sésame, le coton… En plus de produire de l’huile, la gamme des produits de la SIAC comprend les sous-produits que sont les tourteaux d’arachide et les tourteaux de coton. À terme, nous envisageons également la production des biscuits et du savon.

PAYS ÉMERGENTS : Comment se présente le marché de la SIAC et quelle est sa clientèle de référence ?

BRAHIM ALI MOUSSAIE :
Notre production s’adresse, en premier à la clientèle nationale de toutes les couches socioprofessionnelles. Haut fonctionnaire, dirigeant des sociétés, cadre subalterne ou moyen, manoeuvre, éleveur ou paysan, nous visons le marché tchadien dans tous ses segments. Les produits SIAC s’adressent à tous nos concitoyens, sans distinction de rang social. En effet, il est établi que dans les ménages tchadiens la consommation de l’huile est bien ancrée dans les habitudes alimentaires. Ce marché est actuellement, en partie, pourvu par l’importation des produits étrangers : une situation qui ne se justifie pas d’autant plus que notre agriculture assure une production quantitativement importante et qualitativement très concurrentielle, même sur le marché international.

Les activités de la SIAC, tout en assurant, en amont, un achat de proximité des récoltes au producteur de base, pourvoient au marché national en produits de grande qualité, et cela à des prix très compétitifs en comparaison avec les produits importés.

Pour ce qui est de notre stratégie commerciale, elle s’appuie sur des actions de proximité aussi bien à l’endroit des grossistes et que de notre clientèle au détail. Notre règle, en la matière, à la SIAC : être à l’écoute permanente du consommateur, en vue de mieux répondre à ses attentes globalement. Cela passe par l’adéquation des présentations (conditionnements) sous lesquels nos produits sont mis sur le marché, la fixation des prix à la vente, l’organisation des circuits de distribution, etc.

PAYS ÉMERGENTS : De par notre connaissance de la structure des qualifications des demandeurs d’emploi, nous pouvons affirmer que les personnes qui ont la connaissance des métiers de votre secteur d’activités ne sont pas très nombreuses au Tchad, sinon rares. Comment avez-vous pourvu à l’encadrement qui assure la production à la SIAC ?

BRAHIM ALI MOUSSAIE :
En créant la SIAC nous entendons, sur le plan de l’emploi, créer et développer une expertise nationale dans le secteur de l’agroalimentaire. Cependant en l’absence des qualifications, nous nous sommes remis, dans un premier temps, à l’emploi des ingénieurs expatriés, lesquels, sont, bien entendu, secondés par quelques Tchadiens.

Le programme de développement de nos activités, en termes des ressources humaines, intègre un transfert progressif des compétences de l’encadrement expatrié de la production à l’encadrement tchadien.

Dans le même temps et, suivant la même programmation, nos différentes structures de production, de commercialisation et d’administration seront créées et pourvues avec une préférence à la main-d’oeuvre nationale.

PAYS ÉMERGENTS : La SIAC dispose-t-elle des partenariats techniques et commerciaux au niveau international ?

BRAHIM ALI MOUSSAIE :
Notre entreprise est un exemple type de coopération sud-sud dans le domaine du privé. En effet nous entretenons des partenariats fructueux avec des équipementiers Indiens et Chinois.

Étant donné que la SIAC vient de démarrer ses activités, nous avons actuellement fait appel à la main-d’oeuvre étrangère pour les installations de nos équipements assistée de quelques Tchadiens. Dans le cadre de notre déploiement, nous sommes entrain de mettre en place des nouvelles structures en matière de travail et du développement des ressources humaines. Dans le cadre de la mise en oeuvre de l’organigramme, nous allons progressivement et sûrement en faire appel, cette fois-ci aux nationaux pour le pourvoi des postes qui y sont prévus.

PAYS ÉMERGENTS : Quelle est votre implantation sur le plan national ?

BRAHIM ALI MOUSSAIE :
Nous avons, en cette année 2012, qui est le premier exercice de notre exploitation, une usine de production, à N’Djamena. Nous envisageons cependant, à brève échéance, l’installation des unités de production de la SIAC dans d’autres villes du Tchad.

Sur le plan commercial, nous avons prévu l’ouverture des dépôts dans la plupart des grandes agglomérations tchadiennes afin de rendre effective notre quête de proximité avec la clientèle.

Mais notre marché n’est pas limité à la clientèle nationale. Nous envisageons, à terme lorsque nous aurons atteint le plein régime de nos capacités de production, l’exportation des produits SIAC dans la sous-région et, mieux, les mettre sur le marché international.

En cela et d’une certaine façon la SIAC se posera en VRP de la production agricole nationale, en ce qui concerne les oléagineux tirés des récoltes du sol tchadien.

PAYS ÉMERGENTS : Avez-vous un message particulier à l’adresse de votre clientèle tchadienne ?

BRAHIM ALI MOUSSAIE :
Oui, et un message très fort, qui vise à conforter notre fierté nationale : celle d’être tchadiens, d’affirmer une certaine présence au niveau de l’agroalimentaire, non seulement sur le marché national mais également international. Par le choix de nos produits, les consommateurs tchadiens, non seulement valorisent la production de l’agroalimentaire national, ils assurent sur le long terme le développement de notre agriculture, la création et le renforcement de notre tissu industriel, appelé, dans les conditions actuelles, à évoluer très rapidement.

Dans le contexte de la mondialisation, ces produits « made in Tchad » véhiculent l’image de la vitalité de notre agriculture, du dynamisme de notre industrie, et enfin, ils sont les révélateurs des potentiels managériaux tchadiens comme capitaines d’industries.

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Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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