EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Grand dossier
TATA, DE L’EMPRISE À L’EMPIRE   
Cordelia de Vriees      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
Partager


Grand dossier Inde

Fondé à la fin du XIXe siècle, alors que l’Inde était encore la « perle de la couronne » britannique, le conglomérat privé Tata emploie aujourd’hui plus de 400 000 personnes dans le monde et réalise 65 % de son chiffre d’affaires à l’export. Alors que son PDG, Ratan Tata, prendra sa retraite à la fin de l’année, retour sur la saga technologico-industrielle d’un groupe indien qui cultive discrètement sa différence, tout en étendant son empire géographique et commercial.

En mars dernier, à
New Delhi, des trophées étaient décernés, pour la première fois, aux « 50 compagnies les plus remarquables d’Inde » par le magazine Fortune India et le Hay Group India, une agence de consultants. Parmi les 10 premières sociétés figurant au palmarès, trois faisaient partie du groupe Tata : en tête de liste Tata Steel, 7e producteur mondial d’acier, puis Tata Consultancy Services (TCS), leader des services informatiques et de sous-traitance, et Tata Motors qui domine l’industrie automobile indienne.

Une consécration pour le conglomérat indien qui a su s’adapter aux nouvelles donnes géoéconomiques quand bien même on le disait, dans les années quatrevingt- dix, condamné à la disparition pour cause de modèle obsolète.

Car le groupe Tata, depuis son origine, combine paternalisme et socialisme, nationalisme et capitalisme, privilégie le développement raisonné et exporte ses savoir-faire sur l’ensemble de la planète via des partenariats locaux. À l’opposé du capitalisme financier d’un Lakshmi Mittal, le conglomérat familial Tata s’est développé en Inde et a fait du pays sa base d’expansion, conquérant des marchés extérieurs par une implantation locale, en s’adaptant aux besoins de la région concernée. Sans renoncer à ses valeurs fondamentales : construction d’infrastructures, services d’éducation, de santé… et gestion municipale concertée, avec une grande longueur d’avance sur l’air du temps (journée de travail de 8 heures en 1912, congé de maternité, logements sociaux etc.).

C’est Nusserwanji Tata, né en 1822, issu de la minorité privilégiée des parsis de Bombay (Mumbai), qui apprit chez un négociant anglais à commercer le coton et l’opium, ce qui lui permit de faire fortune durant la guerre de Sécession (1861-1865), lorsque les cours du coton quadruplèrent. Dès 1859, Tata & Company, la filiale familiale basée à Hong Kong, achetait thé, soie, camphre et cannelle chinois, qui étaient échangés contre du coton et de l’opium indiens, une antériorité commerciale et culturelle que le groupe saura exploiter par la suite. En 1868, Jamsetji Tata, fils du fondateur, mécanise le tissage du coton pour en faire une industrie, puis achète des plantations. Rapidement, les activités se diversifient : aciéries, mécanique, énergie, chimie, hôtellerie (ouverture du Taj Mahal Palace de Bombay en 1903), biens de consommation, il devient le « père de l’industrie indienne » et la marque Tata se fond dans l’identité nationale. Sous la houlette de Ratan Tata, qui prend la direction du groupe en 1991, Tata est réorganisé en sept grands secteurs, et cap est mis sur le développement du high-tech et des télécoms. En 2000, il rachète le fabricant britannique de thé Tetley et Tata Tea devient ainsi le leader mondial sur ce créneau.



Mais si le conglomérat est omniprésent sur le territoire national et que, du matin au soir, les Indiens consomment Tata, transports, produits de consommation courante, voiture, logiciels, services et télécommunications, bijoux ou loisirs, le groupe qui possède près de 100 compagnies dans 80 pays a surtout joué la carte de l’exportation.

En Afrique de l’Est, Tata s’est lancé dès le début du XXe siècle dans l’exploitation minière, la production d’acier, l’industrie pharmaceutique en Afrique du Sud (où Gandhi a longtemps vécu), chimique au Kenya (soude), en Tanzanie, et dès 1970, dans l’extraction du cuivre en Zambie. Pour répondre à la demande croissante de véhicules dans la région, Tata Motors a annoncé la construction, cette année, d’une usine d’assemblage au Kenya. L’unité, d’un coût de 15 millions d’euros, produira 5 000 pick-up et camions compacts par an.

En Afrique de l’Ouest, au Sénégal, techniciens et cadres du groupe Tata ont mis en oeuvre, dès 2003, un transfert de compétences et de technologies chez le fabricant d’autobus Senbus. Et depuis avril 2005, les passagers de la compagnie de transport urbain Dakar Dem Dikk, voyagent dans un des 350 véhicules en pièces détachées que Tata Motors a fourni à son partenaire sénégalais.

Connecter les marchés développés aux marchés émergents

Surtout, le groupe investit dans les technologies de la communication afin de s’imposer sur le marché de l’Internet à haut débit. Le câble sous-marin Seacom, un système câblé de 17 000 kilomètres et d’une capacité de 1,28 térabit par seconde, qui relie le continent africain au reste du monde, a été mis en service en 2009. Tata Communications Limited détient également Neotel, le second opérateur téléphonique d’Afrique du Sud.

Présent depuis les années quatre-vingtdix en Amérique du Sud, Tata Consultancy Services (TCS) a lancé ses premiers projets au Brésil avant d’étendre ses services à 14 pays de la région. La compagnie de stratégie et services informatiques emploie plus de 5 000 personnes sur le continent sud-américain qui dessert l’Europe et les États-Unis. En mai, Vinod Kumar, PDG de Tata Communications, a annoncé un partenariat avec Seaborn Networks. La compagnie indienne sera le principal locataire du Seabras-1, le premier câble sous-marin direct entre les États-Unis et São Paulo. L’exploitation de cette infrastructure de communication permettra à l’opérateur de fournir des services réseau totalement intégrés du Brésil vers les États-Unis, ce qui complétera son offre puisqu’en mars avait été annoncée la finalisation du Tata Global Network – Eurasia (TGN-EA), un câble optique qui relie l’Inde à l’Europe en passant par l’Égypte. Démarrée en 2009, la construction du TGN-EA complète l’infrastructure de communication de Tata Communications pour former une boucle réseau mondiale. « C’est important parce que cela permet de connecter les marchés développés aux marchés émergents, cela apporte aussi une diversité significative où que vous vous trouviez sur cette boucle qui part d’Est en Ouest », commentait alors Vinod Kumar.

La Chine, où Tata est implanté depuis la fin du XIXe siècle, est un marché d’importance et les différentes sociétés du groupe emploient plus de 2 600 employés dans tous les secteurs, particulièrement la peausserie et la maroquinerie, en plein essor dans le pays. Le chiffre d’affaires du groupe Tata en Chine est passé de 1 milliard de dollars en 2008 à environ 3,7 milliards de dollars en 2011. Outre ses propres usines (aciéries, équipement automobile), les partenariats sont nombreux : entre TCS, le gouvernement et Microsoft pour le développement et la commercialisation de logiciels et de solutions informatique ; avec Zhejiang Tea pour la production de thé vert.

Alors que le groupe Tata prévoit d’atteindre 500 milliards de dollars de chiffre d’affaires à la fin mars 2021, c’est l’industriel Cyrus P. Mistry qui a été nommé pour remplacer Ratan Tata, 73 ans, à la tête du groupe, en décembre. Il aura la lourde tâche de continuer à développer le groupe qui, pour la première fois, ne sera plus dirigé par un membre de la famille Tata, tout en conservant l’esprit d’un conglomérat capable de produire à la fois des voitures haut de gamme (Jaguar Land Rover, dont les ventes ont progressé de 48 % au premier trimestre 2012 portées par les ventes en Chine, en Inde et en Russie) et la voiture la moins chère du monde (la Tata Nano, 1 700 euros), ou, plus récemment, des maisons en kit de 20 m2 (Tata Nano House, 520 euros). Tata a décidément le vent en poupe, la saga continue.
   ©   PAYS-EMERGENTS.COM  -  Pays émergents
                   ECONOMIE
LE TIGRE MALAIS ROI DES INVESTISSEMENTS ASIATIQUES EN AFRIQUE
ECONOMIE
VISION 2020 DE GRANDES AMBITIONS
Développement
MALAISIE L’OUTSIDER SORT SES GRIFFES
ÉCONOMIE - LE PARI DE LA FINANCE ISLAMIQUE
LES OPPORTUNITÉS D’AFFAIRES
                 TECHNOLOGIES
CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
  © Copyright Pays-Emergents.com, Aout 2011 - Tous droits réservés REFLEXION-CONNEXION  
  Pays Emergents - DWD Publications 233 rue St. Honoré 75001 Paris - France
  Tél : +33(6)06520800 E-mail: s.diawara@pays-emergents.com
  REGIE PUBLICITAIRE - Tarifs Régie Publicitaire
.
transition politique, ,eau, eau potable, , mondialisation, SNER, , code forestier, Brésil, , ouvriers qualifiés, , scène internationale, , modèle, , émergence, active, , , diaspora, , portugais, , exporter, , perspectives, économiques, ressortissants, , bétail, , corruption, ,, , prospérité, , espion, , téléchargments, , pétrole, , , croissance, tourisme, ,richesse, , développement économique, dette, , malnutrition, , réalisateur, société conservatrice, , rencontre, , environnement, industrielle, , Inde, Cachemire, armée, ,Tata, , Chine, , solaire, , parlement, responsabilités, , activités, , junte, , pays émergents, , mines, , lois ségrégationnistes, immigration, , témoignages, ,Tibet, ,Birmanie, , conflit, ,, , solidarité africaine, radicalisation, , modernisation, ,Gabon, , espèces, histoire, gouvernement, ,transferts de technologie, ,Tchad, politique intérieure, ,N’Djamena, déstabilisation, ,