EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Entretien avec Philippe Hugon Directeur de recherche en charge de l’Afrique à l’Institut des relations internationales et stratégiques.
“Ce n’est pas encore la Chine ou l’Inde !”   
Damien Durand      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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L’Afrique du Sud a-t-elle enfin réussi ce qu’aucun pays africain n’avait fait jusque-là : émerger durablement sur la scène internationale ?

L’Afrique du Sud est clairement loin au-dessus de tous les autres pays d’Afrique : son seul potentiel économique représente la moitié de celui de tous les autres pays du continent réunis. J’ajouterais que sur les 500 premières entreprises africaines, deux tiers sont sud-africaines (et même 18 des 20 premières.)

Le pays reste cependant vulnérable : très intégré dans les circuits économiques mondiaux, il a été durement touché par la crise, et a du mal à résoudre les grandes inégalités qui le frappent, et notamment le chômage. En effet, même si les chiffres officiels sont moins alarmistes, on peut considérer que 40 % de la population noire est sans emploi.

Mais la réussite sud-africaine, à mesurer donc, n’est pas qu’économique. Le pays a en effet su gérer la sortie de l’apartheid, et mettre en place une vraie démocratie. Il y a bien sûr quelques problèmes, mais globalement il y a une réelle séparation des pouvoirs, un multipartisme, une presse indépendante et une justice impartiale. Peu de pays d’Afrique peuvent en dire autant.

Pourquoi réussit-elle là où les autres États africains sont à la peine ?

Sur le plan économique, c’est le paradoxe de l’apartheid. Ce régime a en effet permis la construction d’un appareil industriel volontariste, préservé par des mesures protectionnistes. Il y a en Afrique du Sud une vraie tradition d’un capitalisme d’investissement qui a permis de développer l’économie. Cette approche libérale s’est même finalement retournée contre l’apartheid, lequel n’était pas favorable à l’ouverture vers l’extérieur.

Que représente aujourd’hui ,sur la scène mondiale, le potentiel du plus riche pays africain ?

Je le redis, il faut relativiser les choses. La croissance y est bien plus modeste que celle des pays émergents d’Asie. L’Afrique du Sud, ce n’est pas encore la Chine ou l’Inde ! Cependant la force du pays réside dans ses grands groupes, leader dans certains secteurs (mines, agroalimentaire, NTIC) et présent dans presque tous les pays du continent.

Mais c’est aussi un « hub » financier qui se développe : en effet, la Chine investit aussi dans le pays pour pénétrer les marchés d’Afrique australe ce qui permet à l’Afrique du Sud d’affirmer sa position de carrefour incontournable pour faire des affaires sur une bonne partie du continent.

Pourquoi, malgré la richesse qui croît, tant de citoyens souffrent-ils d’indigence, voire de pauvreté ?

On est encore dans un système marqué par l’apartheid où, hormis l’émergence d’une bourgeoisie noire, il existe encore d’énormes disparités entre les groupes. La principale difficulté, c’est l’impossibilité de créer des opportunités d’emploi pour la jeunesse. Je vois en partie une cause culturelle à ces blocages : durant l’apartheid, un Noir ne pouvait pas posséder de terres ou de commerce. Il y a donc une vraie absence de tradition agricole ou commerciale dans la population, que l’on ne retrouve nulle part ailleurs en Afrique. On voit d’ailleurs bien la situation au Zimbabwe : ce pays qui a également connu un régime politique de discrimination a décidé de redistribuer les terres des Blancs aux Noirs, qui n’avaient, eux aussi, aucune expérience dans le domaine. Le résultat a été catastrophique.

L’éducation peut changer cela, l’Afrique du Sud a d’ailleurs d’excellentes universités, sans commune mesure avec celles de l’ensemble du continent. Mais le système est hélas encore un peu trop cloisonné.

Comment expliquer que le niveau de violence y soit exceptionnellement élevé, et bien supérieur à celui d’autres États pourtant moins favorisés ?

L’exclusion de la jeunesse et l’absence de perspective sont bien sûr une réponse. Mais il y a, là aussi je le crois, une raison d’ordre culturel : l’Afrique du Sud est un pays historiquement organisé en groupes bien distincts, ce qui favorise une logique d’opposition, facteur de violence.

Corollaire de sa richesse, le pays attire aussi une importante immigration venue de pays voisins, le Zimbabwe et le Mozambique notamment. La pauvreté de ces immigrés serait la source de certaines tensions, car on l’accuse notamment de favoriser le trafic de drogue. Cela crée un climat délétère, avec des réactions de xénophobie. Enfin, il ne faut pas oublier qu’il y a longtemps eu une tradition de libre circulation des armes à feu, un facteur propice au développement de la violence.

Il faut bien comprendre que la société sud-africaine a vécu une logique de déracinement historique et des cadres de référence bien différents de ceux du reste de l’Afrique. C’est pour cela que la situation n’est pas comparable avec les autres pays du continent.

Comment envisagez-vous l’Afrique du Sud en 2020 ? Prévoyez-vous une expansion continue ou un risque de déclin ?

Je pense que si le pays s’est développé, c’est parce qu’il a su trouver des réponses à ses problèmes, et qu’il continuera à le faire. Il serait même légitime que l’Afrique du Sud prenne de l’importance sur la scène diplomatique internationale, notamment en intégrant le Conseil de sécurité de l’ONU. Je pense qu’elle serait plus légitime que le Nigeria ou l’Égypte par exemple.

Je crois cependant que la société restera violente, et que l’on continuera à traverser les incertitudes économiques nées de la crise.

Enfin au niveau social, le pays sera toujours la nation « Arc-en-ciel » qu’il veut être. Avec le départ de nombreux Blancs dans les années quatre-vingt-dix, on a craint qu’il ne devienne « monocolore ». Mais son développement économique attire de nombreux immigrés occidentaux, et je pense que ce mouvement démographique va s’amplifier.
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