EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
TIBET PERSPECTIVES
UNE VITRINE TOURISTIQUE À LA CHINOISE   
Par Fanny Costes      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Au Tibet, qu’elle occupe depuis soixante ans, la Chine mise sur le tourisme à la faveur de milliards de yuans mais aux dépens d’une culture ancestrale menacée de disparaître.

La Chine a bien compris que le tourisme peut encore accroître sa prospérité sur un territoire où vivent plus d’un milliard d’hommes qui, peu à peu, s’enrichissent.

En 2009, les revenus tirés de ce secteur ont atteint 185 milliards de dollars. Un chiffre toutefois dû au fort développement du tourisme intérieur, les Chinois voyageant encore peu à l’étranger pour des raisons administratives et financières. En 2015, la Chine entend devenir le leader du tourisme mondial en chiffre d’affaires. Et dans cette course à la grandeur, c’est l’ensemble du territoire qui est concerné. Il n’est donc pas surprenant que le tourisme soit l’un des trois axes de développement économique du Tibet depuis le plan quadriennal de 2001.

Rappelons que par Tibet, la Chine entend la Région autonome du Tibet (RAT), un territoire de 1,2 million de km2 qui ne représente que la moitié du territoire ancestral tibétain. Le reste, l’Amdo et une partie du Kham, appartient aux provinces chinoises du Qinghai, du Sichuan, du Gansu et du Yunnan.

Tandis que le Dalaï-lama en exil continue à se battre pour défendre un Tibet autonome et pacifique, le géant asiatique entend bien asseoir sa domination sur une région qu’il a investie depuis près de soixante ans, l’afflux de touristes chinois l’y aidant.

Le Tibet change…

Selon les chiffres officiels, le nombre de touristes a augmenté de 25,7% au cours des cinq premiers mois de l’année 2012 et le Tibet s’attend à recevoir 10 millions de touristes cette année, un million de plus qu’en 2011, ce qui apportera 12 milliards de yuans de revenus. Même s’il est impossible de vérifier ces données, tant le Tibet fait l’objet de surveillances, il apparaît que la Chine a fourni des efforts conséquents pour ouvrir la région et la rendre attrayante. Car les mêmes données des années 1980 et 1990 établissaient le nombre de touristes entre 300 et 30 000. « Au début, les Chinois avaient très peur de se rendre au Tibet. Car les Tibétains étaient perçus comme des barbares, explique Katia Buffetrille, spécialiste du pays. Aujourd’hui, tout est fait afin de répondre à la vision exotique que les Hans se font des Tibétains. Ce qui explique le flux grandissant des Chinois qui viennent voir leurs « frères tibétains ».


La Chine a toujours discipliné la nature. Situé à une altitude moyenne de 4 000 mètres, le Tibet a fait l’objet de travaux d’envergure. Et les changements sont gigantesques. Routes immenses, lignes de chemin de fer et aéroports ont été construits en des temps record, bouleversant ainsi le paysage sauvage. Depuis l’ouverture de la ligne de chemin de fer Pékin-Lhasa en 2006, la plus haute du monde, 52 millions de voyageurs ont pu rejoindre le toit du monde. Un afflux encore intensifié par la mise en place d’un vol direct quotidien Beijing-Lhassa, assuré par Air China depuis juillet 2009.

L’ampleur des projets en cours confirme la volonté de la Chine d’attirer 15 millions de touristes dans la Région autonome du Tibet d’ici à 2015. Aux nouveaux aéroports et à l’extension des lignes de chemin de fer (une prolongation est envisagée jusqu’à Katmandou, au Népal), s’ajoute, par exemple, le projet d’un immense parc touristique situé à deux kilomètres de Lhassa. Il occupera une surface de 800 hectares pour un coût de 4,7 milliards de dollars ! Selon les communiqués officiels, c’est la princesse Wencheng, fille de l’Empereur Li Shimin, de la dynastie des Tang, qui sera le personnage central de ce parc thématique dont l’ouverture est prévue pour 2015. Pour les Chinois, il s’agit de mettre en lumière l’histoire de cette princesse qui aurait apporté au Tibet le bouddhisme et l’astrologie. Histoire adaptée et racontée par et pour les Chinois, selon Katia Buffetrille : « En fait, le premier empereur tibétain, Songtsen Gampo (viie siècle), avait constitué un empire vaste et puissant dont la Chine redoutait tant les incursions qu’elle le ménageait grâce à une politique de cadeaux et d’alliances matrimoniales. Les Tibétains rivalisaient alors avec la Chine des Tang en Asie centrale. Il a exigé une princesse chinoise et ce fut Wencheng. ».

Car l’ouverture prônée par la Chine cache en fait une contradiction d’importance. Ces investissements ne sont pas destinés aux étrangers, qui ont même parfois bien des difficultés pour se rendre au Tibet. Ils représentent aujourd’hui moins de 5 % des touristes tandis que les Hans en constituent 95 %. Depuis les troubles de 2008 qui ont vu les Tibétains se révolter face à l’emprise chinoise, la Chine a de nombreuses fois fermé l’accès des touristes étrangers à la région. Le fait s’est notamment répété en 2011, et cette année, face à la multiplication des immolations de moines bouddhistes et de laïcs. Les Occidentaux, plus objectifs et surtout plus indépendants que les Chinois pour apprécier l’histoire du Tibet, pourraient en profiter pour diffuser des informations qui agacent profondément le pouvoir central. Et même quand les étrangers sont autorisés à y pénétrer, c’est en se pliant à des règles strictes. La Chine ne délivre de visa qu’à des groupes de 5 personnes minimum et de même nationalité. Pour les étrangers c’est donc une aventure, onéreuse de surcroît, d’aller sur place et même de s’y déplacer. « Il y a des barrages partout, même au milieu de nulle part. Et à chaque fois, les gardes chinois contrôlent les passeports. Tout est ultra-contrôlé, et notre accompagnateur a même été obligé de cacher le guide Lonely Planet que lui avait offert un touriste, car les Chinois interdisent la lecture de la version occidentalisée de l’histoire du Tibet », raconte Sophie, jeune Française qui s’y est rendue en mai 2011.

… Mais le Tibet meurt

Pour quelle raison alors les étrangers continuent-ils à visiter le Tibet ? Car c’est le seul moyen de s’informer. Les journalistes sont interdits en RAT. Le tourisme, malgré les nombreux obstacles, est donc le seul moyen de témoigner des changements en cours au Tibet. Les témoignages résonnent comme autant d’aveux d’impuissance, tant la Chine transforme la région au mépris de sa culture ancestrale et de ses habitants de toujours. La masse de touristes bouleverse les modes de vie. Au Potala, le fameux palais où résidait le Dalaï-lama, il est devenu très difficile de se déplacer. « La visite dure cinquante minutes et pas une de plus. Il faut réserver deux semaines à l’avance. Et vous avez un guide complètement affolé, car s’il dépasse le temps imparti d’une seule minute, son agence ne pourra plus assurer les visites, déplore Katia Buffetrille. Outre le fait qu’il y aurait, selon les autorités chinoises, des risques d’écroulement du sol, il s’agit surtout de ne pas s’attarder sur un monument qui représente le bouddhisme et le gouvernement en exil ».

Les Chinois, en construisant le parc de Wencheng, cherchent certainement à renforcer l’assimilation et à anéantir ce qu’il reste encore de culture tibétaine. Ce processus ne profite que peu aux Tibétains. Quelques-uns peuvent aujourd’hui prétendre au métier de guide, mais on leur préfère les Hans, plus enclins à raconter une histoire validée par les autorités communistes. Les Tibétains sont donc instrumentalisés, vus comme « de bons petits Indiens », aux habits et bijoux colorés. Il n’est pas rare de croiser des touristes chinois habillés en Tibétains, ou des Tibétains employés pour assurer des spectacles, accordéon au bras. Un instrument populaire en Chine mais absent de la culture tibétaine. Quant aux moines et à la pratique du bouddhisme, ils sont autorisés, c’est vrai, mais le prix à payer est lourd. « Au monastère de Sera, à Lhassa, les débats traditionnels que les moines avaient entre eux sont aujourd’hui fixés à 14 heures car il faut attendre que les touristes aient déjeuné. Sans aucun respect, les Chinois se mettent au milieu des moines qui débattent pour les photographier. Par ailleurs, la vie monastique est totalement contrôlée, avec de nombreux moines espions », déplore Katia Buffetrille.

La Chine profite donc du tourisme pour siniser le Tibet, tout en sauvegardant ce qu’il faut de culture traditionnelle pour attirer les curieux. La création de villes nouvelles, les travaux d’infrastructure et l’ouverture de multiples commerces attirent des milliers de migrants, entraînant la marginalisation des Tibétains dans leur propre pays. La Chine façonne le Tibet à son goût, et par là-même détruit ce qui en faisait l’originalité, et surtout l’âme.
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Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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