EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
URUGUAY
L’HEURE DU BILAN POUR LA GAUCHE   
Par Roger Tolila      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Depuis la chute de la dictature militaire (1973-1985), l’Uruguay a vu se succéder alternativement les conservateurs du Partido Nacional et les libéraux du Colorado. Après la « vague rose » brésilienne et argentine, la coalition de gauche (Frente Amplio) a pris le pouvoir en 2005.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2013, bilan du virage social amorcé par le plus petit pays d’Amérique du Sud.

L’arrivée du Frente Amplio (Front large) aux affaires marque une rupture dans l’histoire de l’Uruguay, qui n’avait jamais connu de parti de gauche au pouvoir auparavant. Élu dès le premier tour, Tabaré Vazquez mène une coalition large composée de socialistes, communistes, syndicalistes et d’anciens du Mouvement de libération nationale -Tupamaros, des guérilleros opposés à la dictature militaire (1973-1985). Le nouveau Président doit son éclatante victoire aux conséquences de la crise économique de 2002, notamment à l’explosion du taux de chômage au-delà de 20 %. Outre un score conséquent à Montevideo, le Front large bénéficie des votes des régions agricoles de l’intérieur du pays, traditionnellement acquises aux conservateurs. Loin des volontés de nationalisation des années soixante-dix, Tabaré Vazquez s’engage publiquement à obéir au Fonds monétaire international et cherche à stimuler l’économie en réformant la fiscalité. Peu de temps avant la proclamation de sa victoire, Vazquez se rend à Washington pour donner le nom de son futur ministre de l’Économie, Danilo Astori, chef de file de l’une des factions les plus modérées du Front large.

Dès sa prise de pouvoir, le nouveau gouvernement multiplie les mesures progressistes visant notamment à lutter contre la pauvreté : création d’un ministère du Développement, lancement d’un Plan d’urgence sociale, puis du Plan d’Équité pour réduire les inégalités sociales, réforme du système de santé publique ou encore instauration d’un impôt sur le revenu des personnes physiques. Ces réformes peuvent être mises en oeuvre grâce au retour de taux de croissance élevés entre 2004 et 2008 (près de 6,7 % en moyenne). Ainsi le chômage retombe-t-il à moins de 6 % à la fin 2009. L’Uruguay sera l’unique pays des Amériques à ne pas être frappé par la récession économique entre 2007 et 2009.

Toutefois, la côte de popularité de Tabaré Vazquez s’effondre brutalement à la mi-novembre 2008, suite à sa décision d’utiliser le veto présidentiel que lui confère la Constitution contre la loi sur l’avortement. Cette opposition entre pouvoirs législatif et exécutif représente une césure dans l’histoire institutionnelle du pays : jamais un Président ne s’était opposé à un projet politique défendu par son propre camp. En invoquant des considérations médicales dans sa communication au Parlement, ainsi que le respect du droit constitutionnel et international, Tabaré Vazquez légitime en réalité sa réprobation morale à l’avortement et démissionne du Parti socialiste, à la fin 2008. Le projet de loi, approuvé par le Parlement à la fin septembre 2012, a reçu l’aval du Sénat le 17 octobre.

Tensions avec l’Argentine

Par ailleurs, suite à la construction puis à l’exploitation de l’usine de pâte à papier implantée par le groupe finlandais Botnia sur le fleuve frontière Uruguay, le pays connaît trois années (2005-2007) de vives tensions avec le voisin argentin : c’est la « guerre du papier ». Les routes reliant les deux pays sont alors bloquées à plusieurs reprises et des arbitrages internationaux sont sollicités, donnant une dimension géopolitique au conflit. Face à un Mercosur dépassé par un différend qu’il ne parvient pas à régler, l’Argentine porte plainte contre l’Uruguay devant la Cour internationale de Justice (CIJ), exigeant le démantèlement de l’usine pour cause de dommages environnementaux « irréversibles ». Si le jugement, proclamé en avril 2010, donne raison à l’Argentine sur la forme, il la déboute sur le fond. La CIJ déclare que l’Uruguay « n’a pas respecté ses obligations procédurales d’informer la CARU » (Commission administrative du fleuve Uruguay), mais ne conclut pas qu’il ait manqué à ses obligations de protéger l’environnement. « Les éléments de preuve versés au dossier ne permettent pas d’établir de manière concluante que l’Uruguay n’a pas agi avec la diligence requise ou que les rejets d’effluents de l’usine ont eu des effets délétères ou ont porté atteinte aux ressources biologiques, à la qualité des eaux ou à l’équilibre écologique du fleuve […]. La Cour estime qu’ordonner le démantèlement de l’usine Orion (Botnia) ne saurait constituer une forme de réparation appropriée », indique-t-elle. Finalement, en avril 2010, les deux pays concluent un accord visant à évaluer l’impact environnemental de l’usine.

Lors des élections de 2009, c’est à nouveau la gauche qui triomphe, avec à sa tête un ancien Tupamaro : José Mujica. Dès sa prise de fonction en mars 2010, le nouveau Président s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur. Sur le plan économique, il rassure les milieux d’affaires en menant une politique budgétaire et monétaire prudente, accompagnée d’un programme de réformes structurelles visant à attirer les investissements étrangers. Ainsi, dès mai 2010, Mujica annonce-t-il le dépôt d’un projet de loi devant limiter le secret bancaire et ainsi l’évasion fiscale. Le pays sort alors de la « liste grise » de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) recensant les États insuffisamment coopératifs en matière fiscale. Dans le domaine de l’éducation, le Plan Ceibal, qui permet à chaque écolier de disposer gratuitement d’un ordinateur portable, est couronné de succès. De plus, l’accentuation de la lutte contre le paupérisme amorcée dès 2005 permet la pérennisation de la classe moyenne.

Sur le registre régional, les relations avec l’Argentine se stabilisent et, au cours de leur dernière rencontre en août 2011, les Présidents Kirchner et Mujica annoncent la réouverture de la ligne ferroviaire entre Buenos Aires et Montevideo, et confi r- ment le lancement de deux initiatives majeures : la livraison pour 2013 d’une usine de regazéifi cation dans la baie de Montevideo et le dragage des principales voies de navigation de l’estuaire du rio de La Plata. Concernant les relations avec le Venezuela, en avril 2010 l’Uruguay renouvelle l’accord commercial sur les conditions pétrolières préférentielles, et soutient fermement l’adhésion de Caracas en tant que membre de plein exercice au sein du Mercosur (juillet dernier).

Une politique intérieure active

Comme sous Vasquez, les bouleversements les plus signifi catifs s’opèrent en politique intérieure. Le 27 octobre 2011, l’abrogation de la Ley de Caducidad suscite une vive controverse tant au sein de la classe politique que de la société civile. Cette loi d’amnistie assurait aux policiers et aux militaires l’immunité pour les exactions commises durant le régime dictatorial. Malgré deux référendums à l’occasion desquels les citoyens ont exprimé leur opposition à toute abrogation de la loi (1989 et 2009), le Parlement uruguayen déclare imprescriptibles les crimes commis quelques jours avant leur classement définitif qui devait avoir lieu le 1er novembre.

D’autre part, en marge du sommet de Rio (juin 2012), le gouvernement a présenté un projet de loi prévoyant la légalisation de la production, de la distribution et de la consommation du cannabis « sous contrôle exclusif » de l’État. L’objectif visé est le recentrage des effectifs policiers sur le trafic de drogue et la sécurité. Si la question de la dépénalisation avait déjà été envisagée par divers décisionnaires sud-américains, aucun n’avait jusqu’alors franchi le pas. « Quelqu’un doit bien commencer en Amérique du Sud. Nous devons chercher une autre voie, bien que certains trouvent cela osé » déclare alors José Mujica. Dans un entretien accordé au quotidien brésilien O Globo, il ajoute : « L’Uruguay est un petit pays où l’on peut faire les choses plus facilement ».

Sur le continent latino-américain les avis sont partagés. Au même titre que l’ancien leader mexicain, Vicente Fox, pour qui « il est l’heure de légaliser », le président conservateur du Guatemala, Otto Pérez Molina, salue cette prise de position. « Les pays doivent chercher de nouvelles voies pour combattre le narcotrafic de façon plus efficace et réduire la violence que provoquent les organisations criminelles», déclare-t-il. Côté détracteurs, le chef de l’État colombien, Juan Manuel Santos Calderón, dont le pays est l’un des principaux producteurs de cocaïne avec le Pérou, déplore une décision « unilatérale » et appelle à « une approche commune ». Même constat pour le ministre de l’Intérieur vénézuélien, Tareck El Aissami, qui évoque le « piège » d’une mesure « défensive et non préventive ». Toutefois, Montevideo assure qu’il n’agira pas sans concertation avec ses voisins directs, et surtout pas sans l’aval de son opinion publique, qui devra s’y déclarer favorable à 60 %. Or le dernier sondage publié par Inter Consult indique que seuls 38 % des Uruguayens le sont. Par conséquent, le Front large devrait enterrer ce projet de loi, dans la perspective d’une potentielle troisième mandature consécutive.
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Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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