EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Entre croissance et autoritarisme
Russie - Poutine Ier, Poutine II, Poutine III,   
Philippe Noury      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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En l’espace de dix ans le PIB par habitant a été décuplé, tandis que le pouvoir d’achat des Russes n’a pas suivi dans les mêmes proportions.

Même si c’est le propre de la plupart des pays émergents, il y a lieu de se poser des questions sur cette nouvelle forme de capitalisme sauvage.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, au cours d’une récente intervention, a fixé pour la Russie un objectif ambitieux : faire partie des cinq premières économies mondiales d’ici une dizaine d’années, grâce, notamment, à une politique active en faveur de l’emploi. Cela signifie, en termes de produit intérieur brut par habitant, de passer de « 19 700 dollars à plus de 35 000 dollars (environ 24 400 euros) ».

Si la moyenne par habitant est très encourageante, l’échelle de répartition des richesses reste la grande inconnue. En fait, si l’on tient compte du PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA), les résultats sont quelque peu différents. La France se retrouve alors, selon le FMI, reléguée en 9e position avec 2 217 milliards de dollars de PIB (PPA). Le Brésil, lui, est déjà 7e avec 2 309 milliards de dollars de PIB (PPA). La première économie d’Amérique latine a dépassé la France fin 2010, dans l’indifférence générale. L’Hexagone se retrouve même derrière les trois autres BRIC : la Chine (2e), l’Inde (3e) et la Russie (6e).

Ces chiffres sont de nature à faire pâlir nos économistes, mais il faut vivre en Russie pour se rendre compte des réalités qui ne rentrent pas dans la statistique et les effets d’annonce. Les richesses de la Russie ? Souvenez-vous que lors du premier choc pétrolier, les Français disaient pour se rassurer : « On n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! ». Dites vous que les Russes ont du pétrole et des idées, vous pourrez ainsi mieux comprendre le potentiel de leur pays. Le système soviétique a toujours favorisé l’éducation. Ainsi le développement du pays et de son économie peut-il être fondé sur des bases solides, avec des hommes formés et qualifiés qui seront les entrepreneurs de demain. L’ancien système laisse aussi des traces dans son administration bureaucratique, et ne crée pas de place aux PME qui sont encore rares en Russie. Ainsi, une minorité de personnes a mis la main sur les très grosses entreprises, dans des domaines prospères comme celui de l’énergie. Les entreprises de taille moyenne sont pour l’instant délaissées, alors qu’elles sont la clé d’une économie développée. En 2010, à l’occasion de l’Année France-Russie, une exposition au Grand Palais reflétait bien ce phénomène : quelques très grosses entreprises dans les domaines de l’énergie, du nucléaire et de l’aérospatiale cohabitaient avec de micro-entreprises vendant des poupées russes. Les entreprises d’armement étaient curieusement absentes. En fait, la Russie, qui a les moyens de devenir l’une des premières puissances économiques mondiales, doit se mettre à produire pour gagner en indépendance et exporter des produits manufacturés. Pour arriver à ces objectifs, il sera donc indispensable de doubler la productivité, voire de la quadrupler, notamment dans le domaine agricole, mais aussi de créer de nombreux emplois dans le secteur des technologies nouvelles.

La répartition des richesses ?
Confucius disait : « Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est une honte ».
Après onze années passées au sommet de l’État en tant que président, puis Premier ministre, Poutine a rendu sa fierté à la Russie. Ceux qui ont voté Poutine sortaient de la misère et du désordre des années Eltsine. C’était l’époque où de vieilles dames vendaient des pommes de terre dans la rue. Mais l’usure du pouvoir est passée par là, et la patience des Russes a été échaudée.

L’espoir de la « nouvelle donne » suscitée par l’arrivée de Poutine au pouvoir a viré à l’aigre-doux : les privatisations des biens nationaux ont profité à une minorité, les inégalités sociales se sont creusées, la plupart des fortunes colossales nées sous Eltsine se sont encore consolidées sous Poutine. Si le PIB russe a décollé, passant de 200 milliards de dollars en 1999 à 1 900 milliards de dollars en 2011, les Russes sont quotidiennement confrontés à l’inflation, la corruption, la collusion entre police et justice.

Entre nostalgie du communisme et désir de changement, Vladimir Poutine a perdu la confiance des plus modestes, mais surtout de la classe moyenne devenue hypersensible à la rhétorique contestataire. Force motrice du pays, de plus en plus nombreuse (elle est passée de 15 % de la population en 1990 à 30 % en 2010), et de plus en plus active, la classe moyenne n’a pas cru aux slogans ‘pro-modernisation’ du Kremlin. Les plus modestes, y voyant peut-être le garant d’une plus grande justice sociale, se sont tournés vers le Parti communiste qui a remporté 25 % des voix aux législatives.

La jeunesse a été la première à se lasser de Poutine. Éduquée, ouverte sur le monde, connectée aux réseaux sociaux, elle nourrit de nouveaux espoirs pour son pays. Elle fait circuler des vidéos dénonçant les fraudes électorales sur Internet et descend dans la rue pour faire entendre sa voix. Cela prouve bien que la liberté d’expression existe et que la démocratie n’est pas une mascarade.

Si l’on s’en tient aux résultats officiels, Russie unie aurait perdu 15 points par rapport au scrutin de 2007 où le parti avait obtenu 64,5 % des suffrages. Ces résultats confirment la baisse de popularité de Vladimir Poutine, tombée à 61 % d’opinions favorables dans les sondages de novembre 2011, soit 10 % de moins que le mois précédent. En France, le président sortant se contenterait bien de ce score. Ces résultats restent très positifs et il ne fait pas de doute que Vladimir Poutine sera réélu le 4 mars prochain pour un troisième mandat, après avoir été huit ans Premier ministre afin de respecter la Constitution.

Y a-t-il une place pour les entreprises étrangères en Russie ? Les Russes sont parfaitement conscients qu’ils doivent ouvrir leurs portes aux investisseurs étrangers et respecter leurs engagements. Le choix des partenaires est une mission délicate, les Français sont appréciés, bien qu’ils ne tiennent pas toujours leurs engagements. Les informations inquiétantes diffusées par les médias découragent souvent les investisseurs alors que tout est encore possible dans ce si grand pays. Les études de marché préalables à l’implantation d’Ikea en Russie étaient catastrophiques alors que dès l’ouverture, ce fut un succès. Auchan a ouvert en 2002 sans aucune publicité et a largement atteint ses objectifs avec 45 hypermarchés en Russie. Renault détient aujourd’hui 25 % du n°1 russe, Lada, et s’apprête avec son allié Nissan à en prendre la majorité pour fabriquer plus de 300 000 véhicules par an sur le site entièrement rénové de Togliatti. En portant sa participation à 82 % dans Rosbank, la Société générale devient la première banque étrangère en Russie. L’Oréal, après quelques mauvaises expériences, a su s’imposer.

La Russie reconnaît le savoir-faire, favorise les partenariats, et accepte également que les firmes étrangères prennent le contrôle de sociétés nationales. On oublie le nationalisme pour faire place à l’efficacité. Lorsqu’il y a échec, il faut bien en analyser les causes et, le plus souvent, vous constaterez que le partenaire russe a tenu ses engagements contrairement au partenaire étranger. L’après-Poutine ? Même s’il y a eu un peu d’agitation autour des élections législatives, le parti Russie unie reste majoritaire à la Douma. Vladimir Poutine sera très certainement réélu pour quatre ans. Selon la Constitution, il pourra ensuite se représenter en 2016. S’il tient ses objectifs, il quittera le pouvoir en 2020 après avoir passé vingt ans aux commandes. Il a le temps et les moyens de mener ses réformes, et de faire de son pays l’une des cinq premières puissances économiques mondiales. Il devra veiller à une meilleure répartition des richesses, sachant que l’inégalité sociale est le propre des pays à croissance rapide.

Si aujourd’hui la Russie semble favorable à l’Occident, n’oublions pas qu’elle est située en Eurasie. Imaginons que les Russes s’entendent avec les Chinois et les Indiens pour créer la monnaie des pays émergents et créer un nouvel équilibre. Les Américains et les Européens seraient alors condamnés aux travaux forcés pour payer leurs dettes. Au lieu de songer à l’après-Poutine, nous devons être plongés dans le court terme. Nous devons construire l’avenir avec nos partenaires et préparer l’entrée de la Russie dans l’Europe. Les positions historiques de la France vis-à-vis de la Russie et l’amitié franco-russe sont des atouts considérables. Bien après Pierre le Grand, la fenêtre est plus que jamais ouverte sur l’Europe.
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                   POLITIQUE
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LA TRANSITION DÉMOCRATIQUE RECULE
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NELSON MANDELA TRIBUN TRIBAL À LA TRIBUNE
ALPHA CONDÉ ET LES ATTENTES DES GUINÉENS
GUINÉE, ENTRE ESPOIR ET IMPATIENCE
                 TECHNOLOGIES
CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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