EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Mali à chaud
La démocratie ébranlée   
Mame Diarra Diop      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Le coup d’État du 22 mars a sapé la démocratie au Mali et la prise du Nord par les rebelles a coupé le pays en deux. La junte militaire a transmis le pouvoir aux civils, et la reconquête de ce vaste territoire est dorénavant l’urgence nationale.


Le 22 mars au matin, les Maliens se réveillent avec des militaires sur leur écran de télévision. C’est la proclamation du Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’État (CNRDRE), le nouveau pouvoir. Fin du règne d’Amadou Toumani Touré (ATT). Mécontents, les putschistes du 22 mars dissolvent la Constitution et les institutions de la République. Aux oubliettes, vingt ans de démocratie chèrement acquise au Mali. À quelques jours près, ATT le démocrate déchu, renversait le dictateur Moussa Traoré un 26 mars 1991. Le réveil est brutal.

À seulement un mois des échéances électorales du 29 avril, la junte du capitaine Amadou Haya Sanogo s’installe au pouvoir au Mali. Recul de la démocratie, jugent certains, effet de surprise, les Maliens s’attendaient à tout sauf à un coup d’État : « Notre pays, cité comme un exemple de démocratie et de stabilité, vient de retourner de vingt ans en arrière », témoigne Aminata, une Malienne revenue vivre au pays. Pour d’autres comme Abdoulaye, enseignant, ce n’est pas une surprise : « On parlait sans cesse d’élections, de fichier électoral, en oubliant la situation au Nord. Ce qui est arrivé n’est que la conséquence de la gestion laxiste du pouvoir d’Amadou Toumani Touré ». La nouvelle rébellion qui a éclaté le 17 janvier par l’attaque de Ménaka, y est certainement pour quelque chose. Depuis, les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), ont « libéré » le Nord en prenant des villes stratégiques comme Aguelhok, Tessalit, Kidal, Gao et Tombouctou au nom de l’Azawad. L’indépendance est proclamée le 6 avril 2012.

Amadou Haya Sanogo, un putschiste né À la tête des putschistes, le capitaine Amadou Haya Sanogo est le nouvel homme fort du Mali. Avec ses hommes, ils ont décidé de prendre le pouvoir un 22 mars. Une rencontre le 21 mars avec les responsables des forces armées du Mali, au camp militaire de Kati, situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako a précédé le coup de force. Ce jour-là, le ministre de la Défense, le général Sadio Gassama, et le chef d’état-major des armées, Gabriel Poudiougou, rencontrent les hommes du camp. « Pourquoi ne nous donnez-vous pas les moyens pour nous battre au Nord, où sont les équipements que vous nous aviez promis ? », lance un soldat excédé. La réponse est cinglante. Le garde du corps du ministre tire en l’air et c’est la débandade dans le camp. En colère, les soldats cassent le magasin d’armes, s’emparent de véhicules blindés tandis que le ministre et ses officiers sont exfiltrés de justesse.

La suite des événements va s’enchaîner très vite. Les hommes du camp, épuisés par la déroute de l’armée malienne au Nord, descendent sur Bamako. D’autres se dirigent vers le palais présidentiel où des bérets rouges sont venus renforcer la garde présidentielle. Face à la gravité de la situation, les militaires tirent en l’air,le président ATT est exfiltré vers une destination inconnue. Aux environs de 16 heures, les militaires font irruption dans les locaux de la télévision nationale et prennent en otage le personnel.

À Bamako, ils investissent la capitale, en tirant en l’air. La population, tétanisée, déserte les bureaux et se terre à domicile. Les banques, commerces et écoles ferment. « C’était la panique générale, j’ai reçu un message de l’ambassade de France, me disant de rentrer et de rester chez moi, j’ai alors senti que quelque chose de grave était en train de se passer », témoigne Sophie, une Française installée à Bamako.

Pleins de colère, les militaires disent avoir agi au nom des soldats tombés sur le champ d’honneur. Soixante-dix hommes ont été sauvagement exécutés lors de l’attaque d’Aguelhok en janvier, la plus meurtrière de la nouvelle rébellion.

À 5 heures du matin, le 22 mars, le CNRDRE proclame sa légitimité à prendre le contrôle d’une situation qui, affirme-t-il, a échappé à ATT. Les membres du gouvernement sont arrêtés, accusés d’avoir pillé le régime et détenus au camp de Kati.

Pro et anti-putschistes s’affrontent…

« Notre armée n’était pas dans les conditions souhaitées pour servir le pays et assurer l’intégrité territoriale… », ce fut l’une des premières déclarations du capitaine Sanogo, chef de la junte, tandis que s’organisait autour du nouvel homme fort le front des pro et celui des anti-putschistes.

Au même moment, le Nord s’emballe. Les rebelles profitent du chaos à Bamako pour avancer dans leurs positions. Les hommes des colonels majors Al Hadj Gamou et Ould Meidou n’avaient déjà plus la force de se battre, et se repliaient devant les rebelles disposant d’armes sophistiquées, héritées de la crise libyenne. « La prise de Tessalit a foutu le moral de l’armée par terre », rapporte un soldat replié à Gao, base régionale de l’armée. « Après Tessalit, et surtout avec le coup d’État, les hommes se sont sentis abandonnés, et le repli a été la seule solution… », raconte Karamoko, jeune recrue envoyée lors des derniers événements.

Les éléments de la mouvance islamiste Ançar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghaly, s’en mêlent et eff raient les jeunes militaires maliens peu formés à l’art de la guerre et sous-équipés. Les hommes de Iyad Ag Ghaly se battent pour instaurer la charia, tandis que le MNLA vise l’indépendance du territoire de l’Azawad. Ils combattent côte à côte.

La Cedeao sanctionne le Mali

À Bamako le front des pro-putschistes mené par Solidarité africaine pour le développement et l’indépendance (SADI), soutient totalement la junte. En réponse, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie (FUDR), qui regroupe une trentaine de partis politiques, bat le pavé pour réclamer le retour de l’ordre constitutionnel trois jours après le putsch. Le meeting a lieu le 26 mars, date anniversaire de la révolution démocratique de mars 1991.

Dès que le coup d’État a été confi rmé, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), se réunit en sommet extraordinaire à Abidjan. Sous la houlette du président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, cinq chefs d’État sont mandatés à Bamako le 28 mars pour convaincre la junte de rendre le pouvoir. Peine perdue !

Si le capitaine Sanogo était disposé à recevoir les chefs d’État pour négocier, leurs avions n’atterriront finalement pas à Bamako ce jour-là. Déception des journalistes étrangers. Une dizaine de manifestants pro-putschistes entrés sur le tarmac dissuadent la mission de la Cedeao qui menace aussitôt le Mali de sanctions économiques. L’embargo en somme. « Nous ne pouvons accepter que le pays soit pris en otage par une junte militaire sans expérience », déclare un membre du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FUDR). Du côté des rebelles du MNLA, victorieux à Gao, Tombouctou et Kidal, « il n’est pas question de négocier avec la junte. Ce n’est pas un capitaine sans expérience qui nous fera reculer dans notre objectif, celui de libérer les territoires de l’Azawad », déclare Mossa Ag Attacher, porte-parole du MNLA, face aux agitations de la junte à Bamako.

Prenant la mesure du pouvoir et tiraillé entre ceux qui le soutiennent et ceux qui exigent qu’il rende le pouvoir aux civils, le capitaine Sanogo, bon joueur, présente des excuses à la Cedeao, et dans une déclaration publique, le 31 mars, annonce la restauration de la Constitution du 25 février 1992. « C’est formidable, nous allons sortir de la crise, Dioncounda Traoré (président de l’Assemblée nationale) viendra pour mener la transition, nous sommes sauvés ! », commente Oumou Konaté, une résidente de Kati. Mais dès le lendemain, la Cedeao, en marge de l’investiture du nouveau président sénégalais, Macky Sall, décrète l’embargo total.

La junte toujours au pouvoir en appelle à l’aide extérieure pour intervenir au Nord, occupé par les rebelles du MNLA. Ce 3 avril, le capitaine Sanogo annonce une Convention nationale et appelle l’ensemble des forces vives de la société malienne et les partis politiques à se concerter. « Boycott, piège, voie anti légale de la junte », affi r- ment les acteurs de la société civile dans une déclaration commune. La crise constitutionnelle malienne va crescendo avec l’embargo total décrété par la Cedeao. « Il est évident que la junte cherche une sortie honorable et n’entend pas se laisser arracher le pouvoir, explique un éditorialiste malien, c’est pourquoi la Cedeao a durci le ton. ». À Bamako, les citoyens s’approvisionnent en essence, en denrées de première nécessité, avec l’incertitude du lendemain.

L’Azawad et les revendications indépendantistes

Le jeudi 6 avril restera une date mémorable pour tous ceux qui réclament l’autodétermination des peuples du nord. L’Azawad, un territoire grand comme la France et la Belgique réunis, avec pour capitales principales Kidal, Tombouctou, et Gao, toutes tombées aux mains des rebelles, est « libéré » : « Nous proclamons solennellement l’indépendance de l’Azawad à compter de ce jour », déclare Moussa Ag Attaher, porte-parole du MNLA, qui indique vouloir respecter « les frontières avec les États limitrophes. Nous venons de terminer un combat très important, celui de la libération […]. »

Les indépendantistes touchent du doigt un rêve vieux de quarante ans dans une région qu’ils considèrent comme le berceau d’origine des Touaregs. Quatre rébellions pour atteindre le Graal. Mais les condamnations ne tardent pas, celle de la France, de l’Union africaine, et d’autres institutions qui rejettent cette indépendance de facto. Pour ceux qui voyaient la main de la France derrière la rébellion, « chouchoutée par les médias internationaux » selon certains, l’intervention d’Alain Juppé, ministre français des Affaires Étrangères, qui évoque une autonomie de l’Azawad, vient donner raison aux partisans de la thèse du complot…

Acculée, la junte au pouvoir à Bamako est désormais sous le coup d’une intervention militaire de la Cedeao, qui a mobilisé 3 000 hommes à l’issue de la réunion des chefs d’état-major ouest-africains à Abidjan, le 5 avril. Au Nord, le MNLA doit désormais compter avec le groupe islamiste Ançar Dine ayant des liens très étroits avec AQMI et revendiquant l’application de la charia au Mali, et à plus forte raison dans l’Azawad. Contrôlant Tombouctou, les islamistes d’Iyad Ag Ghaly qui ont repoussé les rebelles MNLA aux abords de l’aéroport, prennent le dessus. À Gao, la situation humanitaire empire avec des viols, des exactions et des pillages sur les civils qui prennent le chemin de l’exil : « Aujourd’hui, témoigne Oumar, employé d’une ONG, il n’y a rien d’intéressant à Gao à part la peur… »

La crise malienne, commente Ibrahim Boubacar Keita, candidat à l’élection présidentielle, « est comme un mauvais feuilleton avec son lot de surprises quotidiennes. Notre pays vit une situation véritablement dramatique ». Le leader du RPM appelle au sursaut national. Reconquérir le nord occupé, voilà le leitmotiv du Collectif des ressortissants pour le nord (Coren) qui multiplie les rassemblements à Bamako.

Le 6 avril, la junte rend les armes, en signant un accord-cadre de sortie de crise avec la Cedeao, lequel prévoit la remise du pouvoir aux civils.

Le 10 avril, le président en exercise de la Cedeao, Alassane Ouattara, décrète la levée des sanctions économiques. Le 12 avril, Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale, est investi président de la République par intérim. Il doit en principe veiller à l’organisation de l’élection présidentielle dans un délai de quarante jours. Le Mali est-il sauvé ? & 9679;
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LE JEU DE DUPES D’UNE OUVERTURE INESPÉRÉE
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OPPOSITION L’ALTERNANCE POUR OBJECTIF
LA TRANSITION DÉMOCRATIQUE RECULE
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NELSON MANDELA TRIBUN TRIBAL À LA TRIBUNE
ALPHA CONDÉ ET LES ATTENTES DES GUINÉENS
GUINÉE, ENTRE ESPOIR ET IMPATIENCE
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CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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