EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Du mensonge à la vérité
Le jeux dangereux de la propagande   
Romain Mielcarek      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Fin février 2012, les chaînes de télévision, les journaux, les radios des pays occidentaux s’insurgent contre l’horreur en Syrie. La mort de deux journalistes, le Français Rémi Ochlik et l’Américaine Marie Colvin, tués par des tirs de l’armée syrienne, achève de convaincre l’opinion publique : le régime de Damas doit quitter le pouvoir. Au Conseil de sécurité, plusieurs pays continuent à se montrer fermes : Moscou et Pékin, notamment, rejettent toute décision contre Bachar Al-Assad. Pour soutenir cette position, les deux géants asiatiques laissent émerger dans les médias un récit bien différent de celui auxquels les publics américains et européens sont habitués.

Russia Today, chaîne phare
du paysage médiatique anglophone issue du groupe d’État russe Ria Novosti, est la première à dégoter un envoyé très spécial prêt à défendre un discours favorable aux positions du Kremlin.

Dès le mois d’août 2011, le Français Thierry Meyssan répond aux questions d’un journaliste de la chaîne câblée, en direct depuis Tripoli assiégée par les rebelles libyens. Il décrypte le fonctionnement de la presse étrangère, alors prisonnière entre les murs de l’hôtel Rixos : « Au début de la guerre, on les a laissés circuler avec des voitures individuelles et puis on s’est rendu compte que […] certaines équipes de journalistes ont déposé des balises qui ont servi à des bombardements de l’OTAN », explique-t-il, estimant qu’il « est irréaliste de penser qu’une équipe de télévision puisse venir ici sans être composée d’espions ». Sans hésitation, Thierry Meyssan explique à des centaines de millions d’internautes et de téléspectateurs que les reporters présents en Libye sont des avatars des services de renseignement occidentaux, décrivant des équipes de tournage surréalistes composées d’un rédacteur espion, d’un producteur agent spécial et d’un technicien issu de forces spéciales.

Les délires de cet adepte des théories du complot amusaient jusque-là les journalistes présents sur place. Personne ne prêtait guère attention aux diatribes de ce Français réfugié au Moyen-Orient après avoir défendu de nombreuses thèses conspirationnistes. Alors qu’il tenait ces discours, il circulait d’ailleurs au milieu de ceux qu’il dénonçait. Après avoir longtemps expliqué sur Internet que le 11-septembre avait été orchestré par les services de renseignement américains, il soutiendra régulièrement une multitude de supposées manipulations. Des hypothèses qu’il s’applique à relayer sur son site Internet.

Quand le mensonge dépasse la réalité

En France, Thierry Meyssan reste peu connu. Rares sont ceux qui parviennent à le reconnaître sur des photos souvenirs prises à Damas aux côtés d’autres personnalités controversées dans l’Hexagone : l’humoriste controversé Dieudonné, l’essayiste d’extrême-droite Alain Soral, l’influent membre du Front national Frédéric Chatillon ou encore Mustapha Tlass, haut responsable politique et militaire syrien. Étonnant cocktail.

Au jeu de la désinformation, le régime de Damas est en effet passé maître. Le Monde a rapporté plusieurs offensives lancées contre le site Internet du quotidien par les fidèles du président El-Assad. Le journaliste Michaël Szadkowski décrit une vaste campagne de commentaires agressifs destinés à empêcher tout dialogue sur les articles liés au conflit syrien. Les auteurs : une vingtaine d’internautes coordonnés via divers réseaux sociaux. Ces derniers rejettent en bloc l’information relayée par les médias occidentaux, préférant celle d’autres rédactions dignes de confiance. Cas d’école : un citoyen syrien, « victime innocente du terrorisme de groupes armés » témoigne sur la chaîne Al Akhbariya. Certains le reconnaîtront : Karam El-Assad de son petit nom, il est le fils d’un militaire proche du pouvoir, chargé de protéger Damas.

Dans ce domaine, Thierry Meyssan reste pourtant un maître. Avec le soutien de son Réseau Voltaire, ses discours ont tout de suite séduit Damas qui l’a invité à couvrir la crise d’un « regard neutre ». Un Français qui fait les mêmes observations que le régime, c’est du pain béni pour Bachar Al-Assad. Tout au long des mois de février et mars, il dénonce les agissements des « journalistes combattants » occidentaux. Il n’hésite pas à expliquer que le centre de presse où ont été tués Rémi Ochlik et Marie Colvin a été mis en place par des espions israéliens, que la célèbre journaliste américaine était une envoyée du MI6 (renseignement extérieur britannique) ou encore que la Française Édith Bouvier, blessée, travaille, elle, au profit de la DGSE française. Lorsque la journaliste parvient à s’évader, dans des conditions rocambolesques, de la ville d’Homs, il dénonce l’intervention d’un « commando d’une grande armée occidentale ».

Dans une autre série d’articles, Thierry Meyssan dit savoir de « source sûre » que plusieurs dizaines d’officiers des services de renseignement français ont été faits prisonniers par l’armée syrienne. Un chiffre qui sera finalement ramené à 19. Le journaliste William Daniels, présent à Homs à ce moment-là, et scandalisé par la menace que représente ce discours pour les professionnels de l’information, assure ne pas y avoir croisé le moindre Occidental. Les spécialistes du renseignement sont eux aussi catégoriques. Qu’un tel nombre d’agents se retrouve au même endroit, dans de telles conditions et se fasse arrêter par les autorités syriennes, ne relève même pas d’un scénario crédible pour une fiction.

Pourtant, l’histoire prend. Largement reprise par les médias syriens, libanais, vénézuéliens et surtout russes, elle atteindra plusieurs rédactions européennes qui évoqueront l’information. Le journal français France-Soir et le quotidien britannique The Telegraph posent la question : des espions se mêleraient-ils aux équipes de presse présentes dans la ville martyre de Homs ?

Dangereux culte du secret

Sur ce point, tout le monde semble unanime. Des espions ont-ils été capturés ? Le Quai d’Orsay ne communique pas sur des sujets liés au renseignement. Le ministère de la Défense et l’Élysée non plus. Aucune réponse officielle à attendre. Thierry Meyssan, lui, multiplie les interventions dans les médias russes, syriens, libanais… mais refusera de répondre à nos questions.

À ce curieux petit jeu des vérités et contre-vérités, c’est Nicolas Sarkozy qui tend le bâton pour se faire battre. Le président français n’hésite pas à accueillir les reporters Édith Bouvier et William Daniels lors de leur arrivée à Paris, d’un chaleureux « nous les avons sortis de l’enfer ». Les deux journalistes ont pourtant quitté la Syrie par des moyens on ne peut plus artisanaux, comme ils l’ont raconté à plusieurs journaux. Le double langage présidentiel n’aide en rien à corriger la désinformation qui alimente massivement les publics de nombreux pays émergents, de la Russie à l’Amérique du Sud en passant par le Moyen-Orient.

La dénonciation calomnieuse des journalistes qui risquent leur vie pour raconter la vérité en Syrie représente un danger supplémentaire pour ces derniers, en cherchant à leur faire perdre leur statut particulier. Si cette propagande prend aussi bien, c’est aussi parce qu’elle repose sur une lointaine vérité. Il arrive en effet que des agents de renseignement se fassent passer pour des reporters. C’était le cas des deux sous-officiers de la DGSE capturés en Somalie en 2009 par les djihadistes somaliens de Al-Shabaab. « Marc » et « Denis » sont arrivés à Mogadiscio en tant que journalistes.

Une couverture d’une rare inefficacité, les deux espions, cachés dans une chambre et dépourvus de matériel, ne parvenant guère à singer les habitudes des plumitifs parisiens, inséparables aussi bien de leur caméra que du bar de leur hôtel.
   ©   PAYS-EMERGENTS.COM  -  Pays émergents
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LE JEU DE DUPES D’UNE OUVERTURE INESPÉRÉE
BIRMANIE/MYANMAR
OPPOSITION L’ALTERNANCE POUR OBJECTIF
LA TRANSITION DÉMOCRATIQUE RECULE
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NELSON MANDELA TRIBUN TRIBAL À LA TRIBUNE
ALPHA CONDÉ ET LES ATTENTES DES GUINÉENS
GUINÉE, ENTRE ESPOIR ET IMPATIENCE
                 TECHNOLOGIES
CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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