EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Grand dossier
RENOUVEAU DES RELATIONS INDO-PAKISTANAISES   
Roger Tolila      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Grand dossier Inde

Trois guerres, le conflit du Kargil au Cachemire et, plus récemment, les attentats de Bombay : les relations indo-pakistanaises inspirent, depuis plus de cinquante ans, la crainte d’une potentielle dérive nucléaire. Cependant, le récent réchauffement des relations politiques entre les deux « frères ennemis » du Sud asiatique s’affirme peu à peu, ouvrant la voie aux coopérations stratégiques et économiques.

L’opposition entre l’Inde et
le Pakistan se cristallise dès leur accès à l’indépendance dans la région septentrionale indienne du Jammu et Cachemire, revendiqué par Islamabad pour sa population à majorité musulmane. Plusieurs conflits éclateront entre les deux nations (1947, 1965, 1971, 1999), forgeant ainsi leurs stratégies politiques respectives : régime militaire pour le Pakistan, ultranationaliste pour l’Inde.

Parmi les nombreuses initiatives visant à la pacification de la zone, le « dialogue composite » de 2004 semblait le plus apte à définir un cadre structurel à l’avancée de négociations directes. Divisée en huit thèmes majeurs, cette feuille de route devait résoudre les principaux points d’achoppement et conduire à un accord de libre-échange pour l’Asie du Sud. Mais l’élan amorcé se brisera en novembre 2008, lors des attentats de Bombay, New Delhi reprochant au Pakistan sa responsabilité directe dans cette attaque terroriste, qualifié par la presse locale de « 11-septembre indien ». L’absence de conclusion juridique au drame de Bombay, mêlé à l’impossibilité pakistanaise à lutter contre les groupes islamistes agissant sur son sol, semblaient geler une fois encore les négociations. Pour sa part, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, réaffirmait alors son sino-tropisme en février 2009, souhaitant voir « davantage de compagnies chinoises s’installer dans les zones spéciales » de son pays.

Pourtant, les pourparlers reprennent au Bhoutan, début 2011, entre le Premier ministre indien Manmohan Singh et son homologue pakistanais, Youssouf Raza Gilani. New Delhi accepte l’argument du gouvernement pakistanais selon lequel il serait victime des exactions extrémistes. Le dégel se confirme, le 2 novembre 2011, lorsque le Pakistan accorde la clause de la Nation la plus favorisée (NPF) à l’Inde, relançant de fait la coopération économique bilatérale. En effet, depuis 1996, les deux nations, une fois membre de l’OMC, devaient appliquer mutuellement cette clause. Si l’Inde l’a immédiatement fait, Islamabad a refusé et exigé en préalable à la ratification des concessions sur le Cachemire, lesquelles ne viendront jamais. Après quinze années de blocage, la décision pakistanaise a pour conséquence immédiate l’uniformisation des échanges commerciaux entre les deux pays, notamment en termes de régulation et de droit douaniers. L’Inde répond en soutenant la candidature de son voisin du Nord au Conseil de sécurité de l’ONU, et en renonçant à s’opposer à la réduction des droits de douane accordée par l’Union européenne aux exportateurs de textile pakistanais.

Une nouvelle déclaration de principe a lieu à l’issue d’un tête-à-tête d’une heure entre les deux premiers ministres, dans le cadre du XVIIe sommet de l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale se tenant aux Maldives. « Nous avons discuté de toutes les questions clés, dont le Cachemire […], et nous espérons que la prochaine série de discussions sera plus constructive, plus positive et qu’elle permettra d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire des deux pays », déclare Gilani.

Enfin, en avril dernier, la visite du président Zardari à New Delhi concrétise un peu plus l’espoir d’un apaisement régional. Aucun leader pakistanais n’était retourné en Inde depuis la venue du général-président Pervez Musharraf en avril 2005. « Les relations entre l’Inde et le Pakistan devraient devenir normales, c’est notre désir commun », se réjouit Manmohan Singh, invité à son tour à se rendre à Islamabad dès cette année.

Des intérêts communs

Le rapprochement indo-pakistanais a permis, le 1er janvier 2012, l’échange des listes comprenant leurs sites nucléaires respectifs, répertoriant précisément les lieux de stockage et d’exploitation de l’uranium enrichi. Outre un aspect symbolique fort, ce nouveau geste a pour but d’éviter que l’un de ces sites ne soit bombardé en cas de nouvelle opposition armée.

D’autre part, si la tendance se confirme, une coopération Inde/Pakistan aurait une influence sensible sur le plan régional en permettant l’intensification de la lutte anti-terroriste. Le conflit du Cachemire a forcé les deux États à créer une armée conventionnelle, soutenue par la fonction dissuasive de leurs armes nucléaires, mais l’installation au Pakistan de groupes islamistes en provenance d’Afghanistan force les deux puissances à réorienter leur stratégie de défense sur des opérations anti-terroristes et de lutte antiguérilla.

Les deux pays ont donc un intérêt commun : pour l’Inde, une action bilatérale avec Islamabad permettrait de diminuer le risque d’attaques terroristes sur son territoire et de réduire les tensions inhérentes à la région du Cachemire, attisées et instrumentalisées par certains groupes terroristes tels que le Lashkar-e-Toiba. Quant au Pakistan, il pourrait à la fois pérenniser l’établissement d’une démocratie stable et rassurer l’allié américain, source d’aides économiques conséquentes. Enfin, en matière de ressources énergétiques, l’Inde a besoin de gaz pour le développement de son marché intérieur, ce dont elle est dépourvue. La situation est identique au Pakistan qui, malgré les gisements situés dans Baloutchistan, ne peut recevoir d’approvisionnements sûrs et réguliers à cause des mouvements séparatistes. Afin de résoudre cette carence partagée, la construction d’un gazoduc partant d’Iran et approvisionnant le Pakistan et l’Inde (IPI) s’accélère et l’ouvrage devrait être opérationnel à horizon 2014.

De plus, le nouvel élan politique rejaillit de manière significative sur les relations commerciales. Contrairement à celle de son voisin indien, l’économie pakistanaise est peu diversifiée. Le pays importe des produits à haute valeur ajoutée et ne tire ses profits que d’exportations artisanales et agricoles. Les maigres échanges commerciaux entre New Delhi et Islamabad s’effectuent par mer et par l’intermédiaire de pays tiers, car il n’existe pas de lignes maritimes directes. C’est donc avec un enthousiasme affiché que le Premier ministre pakistanais salue, en mai dernier, une « nouvelle ère » commerciale avec l’Inde, lors de la seconde Conférence économique Inde-Pakistan. Depuis Lahore (Penjab), il souligne que son voisin sudiste « offre un marché de plus d’un milliard » à l’export, défini comme « essentiel à la croissance économique ».

Pour sa part, l’Inde se dit prête à lever l’interdiction des investissements en provenance du Pakistan, tout en multipliant les visas d’affaires afin de stimuler les échanges. Ainsi Adi Godrej, président de la Confédération des industries indiennes, déclare-t-il : « En 2015, nous devrions être en mesure d’atteindre l’objectif de 10 milliards de dollars concernant les échanges mutuels entre nos deux pays ».

La relance d’une nouvelle dynamique ne tient pas, côté indien, que de la seule détermination du Premier ministre, Manmohan Singh qui peut compter sur le soutien des élites du pays, des administrations régionales, mais aussi d’une bonne partie de la société civile, favorable à l’apaisement avec leur voisin, tout du moins tant qu’il n’est pas perçu comme un aveu de faiblesse.

En revanche, au Pakistan, la reprise du dialogue est apparue, dans un premier temps, comme exclusivement souhaitée par le pouvoir exécutif, plus particulièrement par le président Zardari. En effet, la puissante hiérarchie militaire se montre toujours sceptique, voire hostile, à toute avancée diplomatique ou économique vis-à-vis de l’ennemi traditionnel. Concernant l’opinion publique pakistanaise, les nombreuses déclarations d’intentions laissant présager une amélioration notable des exportations, et donc de l’emploi, ont fait tomber le scepticisme traditionnel. Ainsi, selon la dernière étude de Gallup Pakistan, publié le 4 juin, 67 % des sondés se disent favorables à des relations économiques avec l’Inde.
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