EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
GUINÉE, ENTRE ESPOIR ET IMPATIENCE
ALPHA CONDÉ ET LES ATTENTES DES GUINÉENS   
Ousmane Barry et Amadou Kendessa Diallo      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Après une quarantaine d’années de lutte politique, Alpha Condé a enfin accédé à la magistrature suprême dans un pays qui aura successivement vécu les affres de vingt-six années de dictature de Sékou Touré, vingt-quatre années de règne militaire du général Lansana Conté, et deux ans d’errements d’une junte menée tour à tour par le capitaine Moussa Dadis Camara et le général Sékouba Konaté.

Un an plus tard, le professeur-président a-t-il réellement commencé à répondre aux nombreuses attentes des Guinéens ?

Alpha Condé, premier président démocratiquement élu en Guinée Conakry, a lui-même esquissé le bilan de son magistère, le 21 décembre 2011, à l’occasion du premier anniversaire de son arrivée au pouvoir. L’opposant historique promettait de relever le pays et de restaurer l’État de droit – une tâche ardue et à l’issue incertaine dans ce pays traumatisé par l’expérience de la junte militaire entre 2008 et 2010, et la gabegie qui y a trop longtemps régné. Ce 21 décembre 2011, le président a estimé avoir commencé à poser les bases de la reconstruction nationale.

Comme il aime à le dire, « la Guinée est une voiture à quatre roues ». « Toutes crevées », renchérissent de fins observateurs. Et en un an, Alpha Condé a eu juste le temps d’enfiler sa tenue de mécanicien pour réparer les dégâts. Loin de répondre aux nombreuses aspirations de ses concitoyens, ce que les Guinéens retiennent, c’est que la demande sociale n’a pas été satisfaite. L’inflation s’est maintenue à un niveau élevé, environ 20 %. Le prix du sac de riz (aliment de base) n’a pas baissé, et Conakry, la capitale, vit encore dans l’obscurité et son corollaire qu’est l’insécurité. Et dans une totale absence d’assainissement.

Il faut reconnaître, à sa décharge, que le nouveau président, en dépit du fait qu’il aurait souhaité faire plus et mieux, s’est heurté à un obstacle majeur : il a hérité d’un pays exsangue. Les nouvelles autorités ont d’ailleurs passé une grande partie de l’année à reconstituer les finances publiques et à tenter de régler, tant bien que mal, plusieurs points d’achoppement.

Parmi ces derniers, on peut citer sur le plan politique, les élections législatives qui, il faut le souligner, restent une étape fondamentale. En effet, Alpha Condé peine à créer les conditions nécessaires pour la tenue d’élections législatives acceptables par tous. Cette étape est pourtant fondamentale pour ramener à la fois la confiance des bailleurs de fonds et la cohésion nationale afin de relancer des activités économiques tant souhaitées par les Guinéens.

Un dialogue politique qui a accouché d’une souris

Lors de son discours marquant l’an 1 de son accession au pouvoir, le président guinéen a tenu à préciser aux dirigeants et militants des partis politiques qu’il renouvelait son engagement solennel à respecter la loi. Une allusion on ne peut plus claire aux élections législatives initialement prévues le 29 décembre 2011, puis le 8 juillet 2012, et qui ont finalement été reportées sine die après une forte pression de l’opposition.

Ainsi le gouvernement a-t-il entamé un dialogue inclusif avec l’opposition pour tenter de résoudre la crise politique. Suite à quoi la Commission électorale nationale indépendante (CENI) prendra la décision de suspendre ses travaux à la demande du comité de médiation en charge du dialogue inclusif piloté par les chefs religieux Mgr Albert Gomez de l’église anglicane et El Hadj Mamadou Saliou Camara, imam de la grande mosquée Fayçal, et les législatives seront alors reportées à une date non fixée.

Ce report et l’arrêt des activités de la CENI étaient les principales conditions posées par l’opposition réunie au sein de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) et le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition, deux regroupements politiques représentant l’essentiel de l’opposition au pouvoir d’Alpha Condé. Pour reprendre le dialogue avec le pouvoir, en vue de préparer les élections en commun. L’opposition accusait en effet le pouvoir et la CENI d’avoir fixé unilatéralement et successivement, en septembre dernier, la date du 29 décembre 2011 et celle du 8 juillet prochain, et de vouloir organiser « une mascarade électorale ». Une manifestation des opposants contre ces décisions unilatérales le 27 septembre 2011 avait d’ailleurs été réprimée par les forces de sécurité, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés ainsi que des centaines d’arrestations. Quelques mois plus tard, la situation reste bloquée. Loin d’aboutir à un consensus sur la tenue des législatives, la classe politique guinéenne s’enfonce dans une contradiction dont l’issue demeure des plus incertaines.

Quelques réformes de fond

Pendant que l’opposition exige le remplacement du président de la CENI, Louncény Camara, soupçonné d’appartenir à tort ou à raison au RPG-arc-enciel, le parti au pouvoir tient mordicus à ce qu’il soit maintenu à ce poste. Dans cet imbroglio politique, nombreux sont les observateurs à estimer que la médiation aura accouché d’une souris.

Dans la dynamique du changement promis à son avènement au pouvoir, Alpha Condé pose des actes que les Guinéens dans leur majorité saluent. Des réformes ont été entreprises dans tous les domaines : administratif, agricole, minier, financier, entre autres, et pour le développement des infrastructures, même si leur impact n’a pas encore produit tous les effets escomptés.

En ce qui concerne la réforme administrative, le président guinéen a mis en place un Haut Commissariat chargé de la réforme et de la modernisation de l’administration. L’assainissement du fichier de la fonction publique a permis de détecter plus de 4 000 fonctionnaires fictifs qui coûtaient à l’État plusieurs milliards de francs guinéens.

Dans le domaine agricole, l’injection de plus 250 milliards de francs guinéens au compte de la campagne 2011 a permis de soulager le monde paysan. Le but de cet acte est d’atteindre l’autosuffisance alimentaire dans trois ans. Un nouveau Code minier a été élaboré et les contrats miniers léonins ont été révisés. Dans cet élan, le chef de l’État a obtenu du géant minier Rio Tinto la bagatelle de 700 millions de dollars.

Mettre fin à l’impunité, un défi majeur

Il faut rappeler qu’à l’occasion du premier anniversaire de son investiture, le président Alpha Condé s’était réjoui du nouveau Code minier qui implique, selon lui, que des « dizaines de milliards de dollars vont être investies en dix ans et vont propulser l’économie guinéenne à une tout autre échelle ». Des investissements miniers qui vont « générer des milliers d’emplois, stimuler un important transfert de technologie et permettre une importante amélioration des conditions de vie des populations », avait-il ajouté. Il avait alors conclu en ces termes : « J’ai hâte de voir la Guinée vivre à la hauteur de son potentiel ».

En ce qui concerne les infrastructures, on note des travaux de construction de routes urbaines et interurbaines, la réalisation d’une dizaine d’hôtels de haut standing à Conakry, et la construction du barrage hydroélectrique de Kaléta, prévue sur quatre ans, en partenariat avec la Chine, qui alimentera la capitale et les villes environnantes en électricité, une denrée rare en Guinée.

Sur le plan des finances publiques, l’instauration de l’unicité des caisses, la dépense sur base-caisse, a permis de mettre un terme au détournement des deniers publics et à la gabegie financière. La reprise des relations avec les institutions de Bretton Woods, qui aboutira à terme à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE), figure en bonne dans le bilan d’Alpha Condé. Sur le plan international, on assiste au retour de la diplomatie guinéenne. Comme pour dire que le pays est de retour : « Guinea is Back ».

Dans le cadre de la lutte contre l’impunité et la corruption, le président guinéen semble bien déterminé à juguler ces fléaux qui ont accablé la Guinée des décennies durant. Ainsi, quelques mois seulement après son investiture en tant que président de la République, et conformément à une de ses nombreuses promesses électorales, Alpha Condé a fait de la réforme de la justice son cheval de bataille. Des états généraux de la justice ont été organisés au mois de mars 2011, et l’Observatoire national des droits de l’homme a été créé un mois plus tard, ce qui illustre parfaitement cette volonté de changement.

Mais en dépit de ces actes jugés positifs, la justice reste confrontée à l’ingérence de l’exécutif dans le judiciaire, au manque d’indépendance, à des infrastructures et équipements défectueux, à l’absence de carte judiciaire, à l’impunité et aux difficultés à faire exécuter les décisions de justice. Des défis majeurs pour le chef de l’État. Pour venir à bout de ces faiblesses, il faut débloquer d’importantes ressources financières dans un secteur aussi vital pour le pays.

En attendant, Alpha Condé a clairement signifié sa farouche détermination à lutter contre la corruption et l’impunité. Après plusieurs scandales financiers mettant en cause des cadres et agents de l’État, il est sorti de sa réserve et s’est engagé, à la faveur d’un meeting de la Coalition citoyenne (mouvement des jeunes pro Alpha Condé), à révoquer et à traduire en justice toute personne impliquée dans un vol de deniers publics.

De nombreux cas de vol de biens publics ont défrayé la chronique depuis l’arrivée de Condé au pouvoir. Les scandales de la campagne agricole de 2011 ; l’affaire dite « contournante de Coyah », une route devant contourner la préfecture de Coyah d’un coût de 250 milliards de francs guinéens ; la tentative de détournement de 13,5 milliards au ministère des Finances, sont encore vifs dans la mémoire des Guinéens.

Comme pour conjurer le sort et rassurer une population qui commençait à douter de sa capacité à sanctionner les cas de corruption et à mettre fin à l’impunité, Alpha Condé a révoqué, le 7 juin dernier, les cadres de la Banque centrale, de la Direction nationale du Budget et du ministère des Finances impliqués dans l’affaire des 13,5 milliards de francs guinéens.

La veille, les dirigeants de la Loterie nationale de Guinée (Lonagui) et ceux du Centre de perfectionnement de la Fonction publique avaient fait les frais du courroux présidentiel. Par ailleurs, Alpha Condé a rattaché le service des Bourses extérieures à la présidence de la République. Histoire de veiller sur cette structure en proie à toutes sortes de malversations. Sur sa lancée, le 8 juin, le chef de l’État a révoqué des cadres de la Cour suprême et de la Société navale de Guinée (SNG).

Ironie du sort, un communiqué publié le 21 décembre 2011, date anniversaire de son investiture, par l’ONG Human Rights Watch (HRW), souligne qu’en matière de gouvernance et respect des droits de l’homme « il reste encore beaucoup de travail à faire ». HRW regrette notamment que l’impunité soit toujours de mise lorsqu’il s’agit des abus présents ou passés commis par les forces de l’ordre.

À cet effet, Corinne Dufka, chercheuse à HRW, note les progrès accomplis par le président Alpha Condé, mais aussi les failles qui persistent surtout dans le système judiciaire.

Alpha Condé n’a pas progressé sur la question des massacres de 2007 et 2009. Pire, il a même nommé à de hautes fonctions deux personnes soupçonnées d’avoir pris part aux massacres de 2009, affirme l’association.

La jeunesse, une vaste majorité de la population

En Guinée, les jeunes constituent une vaste majorité de la population, comme dans la plupart des pays en voie de développement. Ils sont confrontés aux problèmes de chômage et au manque de perspectives qui deviennent leur lot quotidien. Le manque de volonté réelle et de politique efficace en vue de créer des conditions favorables à l’emploi des jeunes est la principale cause de cette situation.

La question de l’emploi, qui est un véritable casse-tête, pourrait entraîner des remous sociaux aux conséquences incalculables et se révéler pour les autorités comme une bombe à retardement. Représentant la majorité d’une population estimée à 12 millions d’habitants, les jeunes sont un réel enjeu pour l’avenir socio-politique du pays et une menace perpétuelle sur sa stabilité.

Instrumentalisés et manipulés à des fins politiques, les jeunes ont toujours payé le plus lourd tribut dans la bataille à laquelle se livrent les politiques pour conquérir le pouvoir.

En 1990, avec l’avènement du multipartisme, Alpha Condé, qui deviendra leader de l’opposition suite à la première élection organisée en Guinée, s’appuiera essentiellement sur les jeunes pour conquérir le pouvoir. Dans cette âpre lutte politique, des centaines d’entre eux seront sacrifiés sur l’autel des ambitions de politiciens peu scrupuleux sur les moyens d’accéder au pouvoir.

Aujourd’hui, l’opposition au régime d’Alpha Condé utilise les mêmes moyens pour lui mettre des bâtons dans les roues. Lors des manifestations politiques, les jeunes sont les premiers dans les rues et les seuls arrêtés et emprisonnés, pendant que leurs leaders continuent de vaquer à leurs occupations.

Dans l’atmosphère délétère qui prévaut, il faut rappeler qu’Alpha Condé avait promis de faire de la jeunesse et des femmes sa priorité. L’assainissement du fichier de la Fonction publique et la mise à la retraite de nombreux fonctionnaires et de militaires ayant plus de trente ans de service, entre autres, sont des mesures favorables in fine à la réalisation de cette promesse électorale. En dépit de cette volonté affichée, on constate qu’un nombre toujours croissant de jeunes quitte le pays pour des cieux plus cléments.

Par ailleurs, en ce mois de juin, une centaine de groupements de jeunes désireux de se lancer dans le secteur agricole ont bénéficié de tracteurs et motoculteurs, sous forme de crédit revolving accordés par le ministère de la Jeunesse et de l’emploi des jeunes à travers l’Agence guinéenne d’exécution des travaux d’intérêts publics pour l’emploi (Agetipe). Ce geste s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre du projet espoir des jeunes agriculteurs de Guinée (EJAG), initié par le ministère de la Jeunesse conformément à la promesse d’Alpha Condé.

Actuellement, la jeunesse guinéenne vit entre l’espoir de lendemains meilleurs et une cruelle réalité qui la pousse à prendre le large.
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LE JEU DE DUPES D’UNE OUVERTURE INESPÉRÉE
BIRMANIE/MYANMAR
OPPOSITION L’ALTERNANCE POUR OBJECTIF
LA TRANSITION DÉMOCRATIQUE RECULE
PARAGUAY
NELSON MANDELA TRIBUN TRIBAL À LA TRIBUNE
ALPHA CONDÉ ET LES ATTENTES DES GUINÉENS
GUINÉE, ENTRE ESPOIR ET IMPATIENCE
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CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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