EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

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ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
NELSON MANDELA TRIBUN TRIBAL À LA TRIBUNE   
Par Mathieu Molard      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Le 22 octobre 1962 s’ouvre à Pretoria le procès de Nelson Mandela. Avocat de profession, il assure lui-même sa défense, transforme le prétoire en tribune. Alors que son instruction a été faite en anglais par des missionnaires blancs qui lui ont inculqué une histoire peuplée de sauvages et d’hommes civilisés, il esquisse les traits d’une « démocratie révolutionnaire » puisant ses valeurs dans la culture tribale.

Les policiers ont pour instruction d’interpeller « un Blanc et son chauffeur noir ». Ils ne disposent que du numéro d’immatriculation de la voiture. C’est sans connaître l’identité des passagers qu’ils font signe au véhicule de s’immobiliser. Il s’exécute. Les fonctionnaires sont sûrement surpris quand ils reconnaissent, sous la livrée noire et blanche du chauffeur, l’homme le plus recherché d’Afrique du Sud : Nelson Mandela. Ses faux papiers au nom de David Motsamai n’y changeront rien. Menottes aux poignets, pieds entravés, il est conduit en prison. Il a été trahi après dix-sept mois de clandestinité. Ce 5 août 1962, à quelques encablures des chutes d’eau d’Albert Falls, Nelson Mandela arrive à un tournant de sa vie. Il a 44 ans. Il ne ressortira de prison que dans 27 ans et 190 jours, le 11 février 1990. Il aura alors soixante et onze ans1.

Son procès se tint à la vieille synagogue de Pretoria, transformée pour l’occasion en salle d’audience. Là-même où, deux ans plus tôt, il avait été acquitté avec ses vingt-huit co-accusés à l’issue du procès pour haute trahison. Cette fois-ci, deux chefs d’accusations pèsent sur lui : incitation à la révolte et sortie du territoire sans autorisation. Les peines encourues sont relativement légères quand on sait que les autorités ignorent qu’il est le « commandant en chef » d’Umkhonto we Sizwe, la branche militaire du Congrès national africain (ANC). Son avocat, Joe Slovo, est sous le coup d’un ordre de bannissement qui lui interdit de quitter Johannesburg. Nelson Mandela, avocat de profession, décide alors d’assurer lui-même sa défense. Comme chaque fois qu’il en aura l’occasion pendant les vingt-sept années qui vont suivre, il va transformer la salle d’audience en tribune politique.

Pour l’ouverture de ce procès, la salle est comble. Nelson Mandela apparaît vêtu d’un costume xhosa traditionnel, l’ethnie minoritaire en Afrique du Sud dont il est issu. Déjà dans les années cinquante, alors qu’il est avocat à Johannesburg, il s’était fait photographier dans cette même tenue. « Une volonté de manifester publiquement l’importance qu’il accorde à ses racines africaines », explique Jean Guiloineau, auteur d’une biographie de Mandela. En entrant dans le box des accusés il lance « Amandla ! » (Le pouvoir). L’assistance comme un seul homme lui répond « Ngawethu ! » (Au peuple). Winnie, sa seconde épouse est au premier rang en costume xhosa, elle aussi. Chaque jour elle viendra à l’audience. Chaque jour vêtue d’un costume traditionnel africain différent ou d’une robe aux couleurs de l’ANC.

L’enfance d’un chef

Dès le premier jour, Nelson Mandela inverse les rôles et attaque : « Je récuse le président du tribunal. Je ne reconnais pas à cette cour le droit de m’entendre sur les deux chefs d’accusation. […] Je ne me considère ni légalement ni moralement obligé d’obéir à des lois faites par un parlement dans lequel je ne suis pas représenté. L’homme blanc fait la loi, il nous entraîne devant ses tribunaux, nous accuse, et il s’assoit au-dessus de nous pour nous juger. ». Le ton est donné. L’accusé Mandela se transforme en procureur d’un système. Ce procès sera un réquisitoire contre la domination blanche. Dans sa plaidoirie finale, il retrace son cheminement intellectuel. Le processus par lequel lui, comme les autres dirigeants de l’ANC, sont passés successivement de l’opposition légaliste à la grève et de la grève au sabotage.

« Il faut que je rappelle mes antécédents politiques et que j’essaye d’éclairer les différents facteurs qui m’ont poussé à l’action. Il y a bien des années, jeune villageois du Transkei [région située à l’est de l’Afrique du Sud], j’écoutais les anciens de la tribu raconter leurs histoires du bon vieux temps, avant l’arrivée de l’homme blanc2 ». Nelson Mandela voit le jour dans un Kraal, une hutte ronde d’environ cinq mètres de diamètre, avec un pilier central qui soutient le toit conique. À l’intérieur, le sol est recouvert d’une couche de bouse de vache qui en séchant donne un sol dur et compact, facile à balayer1. Il est le fils du chef Henry Mphakanyiswa Gadla Mandela, cousin de la famille royale des Thembu. Il ne faut pourtant pas s’y tromper, l’enfance de Nelson Mandela est modeste, celle d’un berger. Ce qu’il est en somme, malgré son lignage prestigieux. Et pendant les veillées au coin du feu ou les cérémonies tribales, il écoute l’histoire de son peuple. C’est par les récits des anciens, les contes de sa mère, par le travail et les rites sociaux et religieux qu’il va acquérir sa conception du monde. Celle-là même qu’il essaye de mettre en oeuvre avec l’ANC.

Le pardon en héritage

Face au juge blanc de Pretoria, Nelson Mandela explique que c’est en entendant ces récits qu’il a choisi sa destinée : « Je me jurai alors que, parmi tous les trésors à attendre de la vie, je choisirai de servir mon peuple et d’apporter mon humble contribution à sa lutte pour la liberté. ». Le futur leader de l’ANC n’a qu’une dizaine d’années quand on lui conte l’histoire de son peuple. S’est-il réellement fait si jeune un tel serment ? Cela n’a que peu d’importance. Il sait que ces mots trouveront un écho chez chaque Sud-Africain noir qui, quelle que soit son ethnie d’origine, a entendu des récits similaires. Et même si la culture qu’il évoque est minoritaire – les Xhosas ne représentent que 18 % des Sud-Africains à majorité Zoulou (environ 25 %) – il rappelle à un peuple opprimé « le bon vieux temps, avant l’arrivée des Blancs ». Il exalte, de fait, une culture qu’il déclare commune à toute la population sud-africaine.

« La terre, principale ressource, à l’époque, appartenait à la tribu tout entière, et la propriété privée n’existait pas. Il n’y avait pas de classes, pas de riches ni de pauvres, pas d’exploitation de l’homme.
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