EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
PARAGUAY
LA TRANSITION DÉMOCRATIQUE RECULE   
Par Pierre Le Duff      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Suite à la destitution de Fernando Lugo, président de la République du Paraguay, au mois de juin, retour sur ce coup d’État déguisé qui laisse craindre que la transition démocratique ne recule dans le pays. Un mouvement toujours susceptible de menacer l’ensemble de l’Amérique latine.

Le 22 juin dernier, le président paraguayen Fernando Lugo, l’« évêque des pauvres » qui avait mis fin en 2008 à soixante ans de pouvoir de la droite du parti Colorado, a été destitué lors d’une procédure expéditive au Sénat.

Il a été remplacé par son vice-président, Federico Franco, membre du Parti radical libéral authentique (PRLA, droite).Le Marché commun du Sud (Mercosur) et l’Union des nations sud-américaines (Unasur), deux organisations régionales majeures, ont quasi immédiatement suspendu le Paraguay de leurs instances. Des élections doivent avoir lieu dans le pays au printemps 2013. Que cache ce coup d’État déguisé ?

Une semaine avant la chute de Fernando Lugo, des affrontements lors d’une opération d’expulsion menée dans une exploitation agricole située à Curuguaty (240 kilomètres au nord de la capitale) ont fait 17 morts, onze paysans et six policiers. Une centaine de familles de paysans sans terre occupaient la propriété depuis trois semaines pour protester contre l’inégale répartition des terres dans la région. Ce type de conflit agraire est fréquent au Paraguay, mais le pays n’avait jamais connu d’issue aussi meurtrière dans toute son histoire. Il a été reproché à Fernando Lugo de ne pas avoir su empêcher un événement que tout le monde avait vu venir. La police a expliqué que les paysans, prévoyant l’assaut, s’étaient préparés à l’affrontement. Des témoins présents à Curuguaty après les faits affirment que parmi les onze corps des paysans tués, certains présentaient des blessures par balles au niveau de la tête et de la bouche ; ce qui contredit la thèse de la légitime défense avancée par la police.

Si la révocation du ministre de l’Intérieur et du chef de la police par le chef de l’État à la suite de ce drame est compréhensible, compte tenu du choc qu’il a suscité dans l’opinion, la destitution expresse du Président apparaît pour le moins comme une décision précipitée, l’enquête n’ayant toujours pas éclairci les circonstances exactes de ces crimes. Et il existe « énormément de zones d’ombres » selon Gustavo Zaracho, analyste politique et l’un des fondateurs du collectif Paraguay en France : « Des rumeurs au sujet de personnes infiltrées parmi les paysans ont vu le jour après que l’expertise balistique a révélé que des armes de guerre ont été utilisées pendant l’assaut », raconte-t-il. « Des paysans ont disparu pendant plusieurs semaines suite au massacre. Beaucoup ont été détenus, certains torturés. ».

Le vote du 22 juin : un coup d’État constitutionnel

Cet événement est révélateur de causes plus profondes ayant entraîné la chute de Fernando Lugo. L’ancien évêque catholique influencé par le courant de la théologie de la libération (d’où son surnom d’« évêque des pauvres ») a été élu en 2008 grâce au soutien des classes populaires à son programme axé sur la lutte contre la corruption et la réforme agraire. Au Paraguay, environ 80 % des surfaces cultivables appartiennent à 2 % de la population. L’une des répartitions les plus inégalitaires au monde, héritée de la politique d’accaparement des terres menée par la dictature militaire d’Alfredo Stroessner (1934-1989), et poursuivie par ses prédécesseurs du parti Colorado(1989-2008). « La commission Vérité et Justice (chargée de faire la lumière sur les crimes de la dictature, N.D.L.R.) a estimé à huit millions d’hectares les « terres mal acquises » pendant cette période », précise Gustavo Zaracho. C’est le cas de la propriété occupée par les paysans sans terre à Curuguaty, qui appartient à un ancien sénateur et président du parti Colorado.

Fernando Lugo n’a jamais pu mettre en oeuvre la réforme agraire promise lors de sa campagne, faute d’obtenir une majorité suffisante au Parlement sur cette question. Le soutien du PRLA, pourtant membre de la coalition gagnante menée par Lugo en 2008 et dont est issu Federico Franco, son colistier aujourd’hui devenu chef de l’État, lui a constamment fait défaut pour s’opposer à la réforme agraire. En juin dernier, c’est ce parti libéral qui a été l’origine du vote de défiance effectué à l’encontre du président de la République.

L’événement qui a provoqué la destitution de Fernando Lugo est donc révélateur de la très forte opposition entre les objectifs réformateurs affichés par l’ancien évêque et les intérêts de l’oligarchie représentés par la grande majorité des parlementaires, conservateurs et membres du parti libéral, autour de la question agraire.

Six jours après le massacre de Curuguaty, les députés paraguayens ont ouvert contre Fernando Lugo un « jugement politique » autorisé par l’article 225 de la Constitution lorsqu’un Président « s’acquitte mal de ses fonctions ». Les parlementaires ont établi cinq chefs d’accusation très divers dont l’un concerne « l’inefficacité notoire, la négligence, l’incompétence et l’improvisation du gouvernement de Fernando Lugo » révélées par les dramatiques événements de Curuguaty. Le lendemain, le Sénat chargé du jugement a écouté deux heures durant les explications du Président avant de voter sa destitution à 34 voix contre 4. Sur le plan constitutionnel, l’ensemble des observateurs s’accorde sur le caractère légal de la procédure. Selon d’autres, comme Gustavo Zaracho, il s’agit d’un « procès hors-la-loi ». « Lugo a disposé de 24 heures pour préparer sa défense. Selon la jurisprudence paraguayenne, tout accusé dispose d’au moins cinq jours pour le faire. Les chefs d’accusation ne reposent sur aucune preuve mais sur l’argumentaire suivant : Tous les faits sont publics, tout le monde les connaît. »

À qui profi te ce renversement ?

Le soir du vote, les partisans de Lugo se sont massivement rassemblés devant le Sénat, à Asunción, pour dénoncer son éviction. Les partenaires du Paraguay au sein du Mercosur (Brésil, Argentine et Uruguay) ainsi que le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur et le Nicaragua, qui ont aussitôt dénoncé un coup d’État, ne reconnaissent toujours pas le nouveau gouvernement de Federico Franco. Ces dirigeants défendent certes leur allié Lugo au sein du large bloc politique de gauche dominant en Amérique Latine depuis une vague d’élections victorieuses durant la décennie 2000-2010, mais ils le font au nom du principe de démocratie inscrit dans les textes fondateurs du Mercosur et de l’Unasur dont le Paraguay a par conséquent été suspendu. Nombre de gouvernements de gauche ont été renversés par des coups d’État en Amérique latine au cours du XXe siècle, assez pour que ces représentants de la nouvelle gauche au pouvoir se méfient d’une destitution aussi précipitée, fondée sur des affirmations plus que sur des preuves.

Depuis, le groupe minier Rio Tinto a vu les négociations sur l’installation d’une usine de production d’aluminium au Paraguay s’accélérer, grâce à la nomination d’un lobbyiste travaillant pour le compte de la société canadienne au poste de viceministre de l’Industrie.

Monsanto a pu se réjouir de l’une des premières décisions du nouveau gouvernement : l’autorisation de commercialiser les dernières semences génétiquement modifiées encore interdites sous Lugo.

L’histoire du Paraguay est jalonnée de coups d’État et de tentatives de destitution. Depuis son élection en 2008, Fernando Lugo a dû faire face à 23 tentatives de « jugement politique » visant à le destituer. Des câbles de Wikileaks ont aussi révélé que dès 2009, la diplomatie américaine savait que la droite paraguayenne préparait un coup d’État contre Lugo. L’opposition a toujours présenté l’ancien évêque comme un socialiste inspiré par les politiques de Hugo Chavez au Venezuela et d’Evo Morales en Bolivie. La réalité des quatre années de la présidence de Lugo l’apparente beaucoup plus à la gauche modérée brésilienne incarnée aujourd’hui par Dilma Rousseff . Les élus conservateurs paraguayens ont accusé le président d’alimenter la haine des paysans à l’égard des propriétaires terriens.

L’épisode paraguayen est venu rappeler que des reculs sont possibles dans le processus de transition démocratique en Amérique latine, et que la puissance des grands latifundistes et des géants de l’agroa-limentaire a résisté à l’alternance politique.
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