EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Entretien avec Son Excellence mahamat Ali Abdallah Nassour, ministre de l’Hydraulique urbaine et rurale
Rendre opérationnelle la mise en place d`un service publique de l`eau pour tous   
Madjiengar Ahmed Taryem      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Dossier BTP et grands travaux au Tchad

Au cours des cinq dernières années, plus que par le passé, de très grandes avancées ont été faites dans le domaine de l’accès des populations rurales à l’eau potable. Pour l’actuel quinquennat du président Idriss Deby Itno, ces actions seront poursuivies et renforcées, avec comme objectifs une meilleure desserte des populations rurales et urbaines, un développement des capacités de gestion des ouvrages, la prise en compte du volet assainissement, de même que la réalisation d’infrastructures hydrauliques dédiées au secteur pastoral. Un important programme qui sera réalisé sur les ressources financières propres de l’État tchadien, avec l’appui de ses partenaires en développement.
Propos recueillis par Madjiengar Ahmed Taryem

Pays Émergents : Monsieur le ministre, à partir de l’année 2008, le gouvernement de la République a entrepris un vaste programme d’investissements en infrastructures, dont les effets les plus visibles sont les routes et les bâtiments. Qu’en est-il de l’hydraulique urbaine et rurale, ce secteur essentiel car moteur du développement économique et social mais également vital pour la santé des populations ?

mahamat Ali Abdallah Nassour : Comme vous le relevez avec justesse, le secteur de l’hydraulique urbaine et rurale joue un rôle de premier plan dans le développement socio-économique du pays. L’eau est un élément indispensable et vital, donc elle joue un rôle transversal dans le développement d’un pays. Pour répondre à votre question, je voudrais vous dire très humblement que le ministère en charge de l’eau a réalisé de nombreux ouvrages hydrauliques dans le cadre des projets et programmes durant ces dernières années. En effet, il n’est pas rare de rencontrer dans le milieu rural des pompes à motricité humaine (pompes à pédale ou à main) dans les villages, des adductions d’eau au fonctionnement thermique ou solaire dans les centres secondaires. Tous les chefs-lieux des départements sont actuellement dotés de systèmes d’adduction d’eau potable.

Des puits pastoraux, des stations pastorales, des micro barrages, des surcreusements de mares pour l’abreuvement du cheptel ont été réalisés à travers le pays par le ministère. Pour la sécurisation et la mobilité de l’élevage de transhumance, de nombreuses pistes ont été balisées.

Pour la pérennisation des ouvrages réalisés, des dispositifs de maintenance ont été mis en place : les usagers sont organisés en comité de gestion de points d’eau ou en association, des artisans réparateurs ont été formés et équipés, des magasins de pièces détachées créés, des opérateurs et autres gestionnaires privés des châteaux d’eau ont été agréés ou homologués. Des textes juridiques et réglementaires ont été établis et mis en vigueur progressivement. Enfin, la valeur de l’eau ainsi que son coût, sont maintenant compris de tous.

PE. : Un Schéma directeur de l’eau potable et de l’assainissement au Tchad a été adopté en 2003. Ce document intègre non seulement les Objectifs du millénaire pour le développement, cadre de référence des Nations unies, dont l’échéance est 2015, mais s’étend jusqu’à l’année 2020. Au début de cette année, où en sommes-nous ?

m.A.A.N. : Pour répondre précisément à votre question, nous aimerions faire une brève analyse rétrospective du secteur pendant les dix dernières années. En effet en 2000, année de référence pour les OMD, le Tchad s’est engagé à l’instar des autres pays en voie de développement à atteindre les OMD en matière d’eau potable, c’est-à-dire de porter le taux d’accès à l’eau potable, qui était de 20 % en 2000, à 60 % en 2015. C’est dans cette optique que le ministère a élaboré un document stratégique intitulé Schéma directeur de l’eau potable et de l’assainissement (SDEA), qui a été approuvé par le gouvernement en 2003. C’est ainsi que le ministère, dans le cadre des aides bilatérales, multilatérales et aussi par les fonds propres de l’état, a exécuté de nombreux projets d’ouvrages hydrauliques.

Dix années se sont écoulées depuis la déclaration du Millénaire et depuis notre engagement à améliorer l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement. D’un point de vue institutionnel, le chemin parcouru n’a pas toujours été facile, mais la détermination du gouvernement a permis de concrétiser une idée forte, voulue depuis plusieurs années : la création d’un ministère dédié à l’eau, dont la vocation est de concevoir, mettre en œuvre et assurer le suivi de la politique gouvernementale dans ce domaine.

C’est dans ce contexte que le département dont j’ai la charge a établi un bilan des actions entreprises pour atteindre les objectifs de 2015. Les données de cette étude intitulée « Analyses et Perspectives du secteur de l’eau et de l’assainissement – Période 2010-2015 », ont été adoptées par un atelier national en mai 2011. (Lire ci-dessous).



PE. : Quelles sont les principales réalisations du quinquennat du président Idriss Deby Itno ? Et quels sont les projets pour celui qui s’ouvre ?

m.A.A.N. : Pendant le quinquennat qui vient de s’achever, la priorité a été donnée au secteur rural. Un effort sans précédent a été consenti à cette population répartie sur l’ensemble du territoire. Il est important de signaler que près de la moitié des infrastructures existantes en milieu villageois a été réalisée au cours des cinq dernières années. En 2010 et 2011, le rythme de réalisation n’a jamais été aussi élevé et plus de 1 000 pompes à motricité humaine ont été installées par an. Des efforts importants sont aussi consacrés au domaine pastoral par la réalisation de mares, la mise en exploitation de nouveaux espaces de pâturages, parla création de puits pastoraux, de micro barrages et la réhabilitation des anciens puits. Et enfin, la mise en place d’instances de règlement des conflits entre éleveurs et agriculteurs.

Les plus importants projets, qui vont s’achever cette année, sont destinés aux populations rurales et visent à assurer l’installation de près de 3 000 pompes à motricité humaine, une centaine de puits pastoraux et des mares surcreusées. Les grands centres n’ont pas été oubliés et des travaux de réhabilitation et d’extension vont être réalisés également dans ce domaine. Pour le quinquennat qui vient de commencer, il a été programmé les réalisations suivantes :
• 1 000 pompes à motricité humaine, 241 AEP, 400 latrines, pour le Xe FED ;
• 15 réhabilitations et extensions des adductions d’eau potable des centres secondaires projet BAD ;
• 1 000 pompes à motricité humaine et 120 adductions d’eau potable sur le budget de l’État ; 400 pompes à motricité humaine sur financement de l’Unicef.
• 110 puits pastoraux, 70 mares et quelques 500 km de couloirs de transhumance à baliser ainsi que 50 balises d’orientation sont à réaliser sur financement du FIDA et de l’AFD.

PE. : Le gouvernement du Tchad s’appuie d’abord sur ses propres ressources, notamment les revenus pétroliers, pour réaliser ses objectifs ; cependant il compte aussi sur ses partenaires. Qui sont-ils et quelle est leur place dans les travaux en cours ?

m.A.A.N. : Dans notre secteur, les partenaires principaux, par ordre d’importance, sont : l’Union européenne, la Banque africaine de développement, l’AFD, le FIDA, la Banque mondiale et l’Unicef. L’Union européenne est le principal partenaire dans le domaine de l’eau potable depuis plus d’une dizaine d’années. Le Fonds européen de développement (FED) a contribué à hauteur de 39 milliards de F.CFA dans le cadre du IXe FED (période 2006-2012) et plus de 52 milliards de F.CFA sont déjà programmés dans le cadre du Xe FED (période 2012-2016). Cela se traduit sur le terrain par plus de 2000 pompes à motricité humaine installées les 5 dernières années et près de 1 000 PMH et 250 réseaux d’eau potable sont programmés dans les prochaines années. La contribution du FED dans l’accès à l’eau potable au Tchad est de l’ordre de 40 %.

La Banque africaine de développement a financé les travaux à hauteur de 13 milliards de F.CFA dans le cadre du programme PNEAR, soit près de 850 pompes à motricité humaine, et entend contribuer à hauteur de 15 milliards F.CFA à la réhabilitation de 10 centres secondaires.

L’AFD finance un projet d’hydraulique pastorale dans le Tchad Central phase 2 pour réaliser de nouveaux puits pastoraux, réhabiliter les anciens et baliser les couloirs de transhumance. Le FIDA, qui intervient traditionnellement auprès des populations rurales, finance des travaux en hydraulique pastorale à hauteur de 13 milliards de F.CFA et un appui en eau potable dans le cadre de son projet Paderg.

La Banque mondiale intervient dans l’hydraulique urbaine, tout particulièrement à N’Djamena. Après de longues années d’interruption de financement, les négociations ont repris en 2010 et se sont concrétisées en 2011. L’extension du réseau de distribution et l’augmentation des capacités de stockage sont programmées. De plus, un appui technique et financier sera fourni à la Société tchadienne des eaux sur une durée de trois ans. L’Unicef intervient aussi, plus ponctuellement, dans le domaine de l’hydraulique rurale, auprès des écoles et des centres de santé.

PE. : L’an dernier, la Société tchadienne d’eau et d’électricité a été dissoute par l’État. Deux sociétés l’ont remplacée, dont l’une uniquement vouée à la desserte en eau des centres urbains et semi-urbains. Quels investissements et quelles stratégies le gouvernement entend-il mettre en œuvre pour lui permettre d’atteindre ses objectifs ?

m.A.A.N. : Effectivement, la Société tchadienne des eaux (STE) a été créée en 2011 sur les cendres de l’ancienne STEE. C’est pour assurer de façon durable et équitable l’approvisionnement en eau potable des populations que le gouvernement a traduit dans les faits cette volonté. La stratégie du ministère est de rendre opérationnelle la mise en place d’un service publique de l’eau. Ce service passe par le recrutement d’opérateurs de gestion de réseaux tels que la STE. Cette année verra se concrétiser les réglementations adéquates pour améliorer et assurer durablement l’exploitation des réseaux d’eau.

La Société tchadienne des eaux est chargée de gérer les réseaux d’eau potable de dix centres urbains : N’Djamena, Mao, Moussoro, Abéché, Fianga, Moundou, Sahr, Kélo, Doba, Bongor.Plusieurs des centres confiés en gestion à la STE sont en cours de renforcement et de réhabilitation (Abéché, Sahr et Moundou). Aussi, sur N’Djamena, un important programme d’extension a été initié avec la Banque mondiale, nous l’avons relevé plus haut.

Parallèlement, la société sera renforcée dans ses capacités de gestion financière et technique pendant trois années. Au terme de cette période, la société devra retrouver un niveau de technicité et de crédibilité qui lui permettra d’étendre son champ d’action au-delà des centres actuellement exploités.

L’eau en chiffres
EAU POTABLE
En 2010, le nombre de pompes à motricité humaine réalisées et/ou en cours de réalisation est évalué à 9 399 ouvrages, et le nombre d’AEP à 258 unités.
La population desservie est ainsi estimée à 4 954 442 personnes sur 11 658 764 personnes que comptait le Tchad fin 2010, portant le taux d’accès à l’eau potable à 42,9 %.
Toutefois, ce taux, présenté au niveau national, masque des inégalités :

Au niveau régional :
le taux d’accès à l’eau potable est inférieur à 5 % dans certaines régions et plus de 80 % dans d’autres ;

en termes d’infrastructures :
les villages dont la population est inférieure à 1 200 personnes et devant bénéficier de pompes à motricité humaine sont équipés à 47,9 %, tandis que les villages dont la population est supérieure à 1 200 personnes, devant bénéficier d’adductions d’eau potable, sont équipés à 32,7 %.
Dans l’objectif d’atteinte des OMD, les futurs investissements, dont les financements ne sont à ce jour pas connus, correspondent à 4 889 pompes à motricité humaine et à 452 adductions d’eau potable (dont la taille moyenne desservira près de 3 000 personnes).
Suivant le Schéma directeur de la ville de N’Djamena, le taux de couverture en eau de 63 % sera atteint en 2020 en suivant le programme d’investissement proposé d’un montant de 24,36 milliards de F.CFA.
Le montant de l’investissement à rechercher pour atteindre les OMD en 2015 s’établit à plus de 270 milliards de F.CFA pour les ouvrages neufs, et entre 70 et 100 milliards de F.CFA pour les réhabilitations/extensions.
ASSAINISSEMENT
Le taux d’accès aux services essentiels d’assainissement a progressé de 7 % à 12 % entre 2000 et 2010. Fixé par les OMD à 35 % en 2015, ce taux sera difficile à atteindre tant l’écart à combler est important. Ce sous-secteur a souffert d’un manque d’investissement et d’un désintéressement de la part de l’État. Les investissements nécessaires sont estimés à 340 milliards de F.CFA.
HYDRAULIQUE PASTORALE
Le sous-secteur de l’hydraulique pastorale a été particulièrement bien doté entre 2000 et 2010. Les investissements s’y sont succédé et s’élèvent à plus de 36 milliards de F.CFA.

Toutefois, des disparités régionales perdurent et devront être comblées durant la prochaine décennie. L’effort devra être soutenu en matière d’aménagement de puits, de stations et de mares.
Sur la période 2010-2015, l’investissement recherché est estimé à 92 milliards de F.CFA. En ce début d’année 2012, le taux national d’accès à l’eau potable est de 46 %.
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