EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Grand dossier - Dilma Rousseff à la présidence du Brésil
Quand les femmes s`imposent aux commandes   
Marie Palmer      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
Partager


Grand dossier Brésil

Chefs d’entreprise, diplomates, ministres, et même… chef d’État. Depuis l’élection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil, en 2011, la dernière barrière est franchie. Les femmes s’imposent aux commandes de la société brésilienne. Deux d’entre elles figurent dans le classement Forbes 2011 des cent femmes les plus puissantes de la planète ; l’une est présidente, économiste et ancienne militante : Dilma Rousseff ; l& 146;autre déchaîne les podiums et pèse plus de 45 millions de dollars par an : Gisèle Bundchen. Ces deux visages illustrent la montée en puissance des femmes dans la société brésilienne. Elles multiplient les responsabilités et rivalisent avec les hommes, que ce soit en politique ou dans le secteur économique. Loin de l’image du mannequin potiche, ces femmes de tête investissent, gèrent des milliards et commandent des centaines d’employés. Comment ces dirigeantes se sont-elles imposées dans la société brésilienne ? Et comment perçoivent-elles le chemin parcouru durant la dernière décennie ?

Lorsque j’ai créé le groupe Blue Tree, il y a quinze ans, j’étais la seule femme chef d’entreprise dans le secteur du tourisme. À chaque rencontre, à chaque événement, je me retrouvais seule au milieu d’une foule d’hommes. Ils ne savaient pas bien comment réagir vis-à-vis de moi. Mais j’étais invitée à toutes les manifestations. Je crois qu’à ce moment-là, ils commençaient à réaliser l’importance de la mixité managériale ». Chieko Aoki a révolutionné le secteur de l’hôtellerie sud-américaine au cours de ces quinze dernières années. Elle a fondé le groupe Blue Tree en 1997. Aujourd’hui, elle possède 24 établissements en Amérique latine. Son chiffre d’aff aires atteint 89 millions de dollars.

Chieko fait fi gure de pionnière. En 1995, seulement 8 % des femmes occupaient des postes exécutifs au Brésil, aujourd’hui elles représentent 13 % des dirigeants. La disparité persiste mais les femmes gagnent du terrain.

Mode, vins et spiritueux, immobilier, sociétés de conseil… Les femmes conquièrent de plus en plus de secteurs économiques. Les bastions masculins tombent, les secteurs traditionnellement fermés à la gent féminine s’ouvrent. Nadir Moreno illustre cette évolution. Elle dirige UPS Brésil, la fi liale du géant américain de la logistique. Sa longue chevelure blonde et son sourire éclatant tranchent avec l’image que l’on se fait du transport. La féminité s’eff ace devant l’intelligence et l’éducation, elle n’entame plus la crédibilité. « La féminité fait partie de notre être ; une femme ne doit pas l’éluder. Elle doit affirmer ses opinions et être sûre d’elle. Il ne faut pas confondre féminité et séduction », explique Renata Montenegro de Menezes, directrice des échanges internationaux de BI International, établissement spécialisé dans les études supérieures.

La métamorphose de la société

Selon Renata Montenegro, « de nos jours, les femmes pensent diff éremment. Elles rêvent d’indépendance et privilégient leur carrière. Le modèle de la mère au foyer est devenu obsolète ».

La société brésilienne s’est métamorphosée au cours des cinquante dernières années. Le passage d’une société rurale à une société urbaine capitaliste bouleverse les codes machistes. Les femmes s’ouvrent à la modernité, entrent dans la vie active et s’émancipent. Le travail prend de plus en plus de place dans leur vie ; par conséquent le taux de fécondité diminue. Il est passé de 5,3 enfants par femme dans les années soixante-dix à 2,1 en 2011*.

L’ouverture de la société précipite la libéralisation des moeurs. « La femme ne doit pas dépendre financièrement du mari si elle veut se séparer. Elle ne peut pas non plus risquer de se retrouver sans ressources si son mari la quitte », souligne Renata Montenegro de Menezes.

Le diplôme universitaire, un sésame

Les femmes s’imposent dans la sphère professionnelle, s’élèvent dans la hiérarchie. Elles ont compris l’importance d’un solide parcours universitaire ; l’obtention d’un diplôme reconnu leur assure un statut. C’est le sésame qui permet l’accession aux responsabilités.

Aujourd’hui, elles sont plus nombreuses que les hommes dans les universités : 65 % des diplômes d’enseignement supérieur sont d’ailleurs attribués à des femmes.

L’avenir s’éclaircit, les portes s’ouvrent et l’ambition règne. « Certaines de nos élèves rêvent de réussite professionnelle. L’obtention d’un MBA leur assure un poste à responsabilité » explique Renata Montenegro de Menezes.

Adriana Belmiro est aux commandes de la filiale brésilienne d’Ebm-papst. Elle réalise chaque année un chiffre d’affaires de douze millions d’euros et dirige 24 employés. En parallèle de son activité de chef d’entreprise, elle a repris ses études. « Le monde évolue très vite, un chef d’entreprise doit suivre ces changements, rester à la pointe du progrès. L’apprentissage fait partie de ce perfectionnement perpétuel », affirme la jeune femme.

Outre sa conscience professionnelle, c’est l’ambition qui pousse Adriana à étudier. « Si je devais assumer la direction de l’entreprise en Allemagne, soit 11 000 employés et 1,4 milliard de chiffre d’affaires, j’aurais besoin d’avoir d’avantage d’expérience. Je suis encore jeune, je n’ai que 40 ans, et cela fait cinq ans que je dirige la filiale brésilienne, je peux donc songer à d’autres fonctions ».

Le machisme a-t-il disparu ?

Les hommes acceptent l’arrivée en force des femmes. Le machisme s’estompe dans la sphère professionnelle. Selon Renata Montenegro de Menezes, « l’élection de Dilma Rousseff illustre l’évolution de la société brésilienne. Il y a quinze ans, aucun homme n’aurait voté pour une femme. Aujourd’hui, nous pouvons occuper de hauts postes. Les hommes reconnaissent nos compétences ».

Le machisme imprègne en revanche la sphère familiale. Les femmes assument seules la gestion du foyer : enfants, ménage, cuisine, etc. L’évolution des moeurs se fait attendre. Une femme d’affaires doit jongler entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Selon Renata, « au Brésil, les hommes sont très égoïstes. Ils n’aident pas aux tâches domestiques comme les Européens. »

Les services et les produits s’adaptent à cette évolution et favorisent l’émergence de la femme active. « Aujourd’hui, une femme n’a même plus besoin de cuisiner, il existe des plats préparés et des salades toute prêtes. Ces produits n’existaient pas il y a vingt ans », témoigne Chieko Aoki. Une femme peut désormais faire jeu égal avec un homme.

Toutefois, les disparités salariales persistent. À travail égal, une femme touche 30 % de moins que son homologue masculin selon l’Institut brésilien de géographie et statistiques. Une loi les protège depuis le mois de mars dernier. Si une société sous-estime ses émoluments, elle peut être condamnée à payer à son employée une compensation équivalant cinq fois la différence de salaire entre homme et femme. La législation appuie donc l’ascension sociale, car comme Dilma Rousseff le clame haut et fort : « Je veux les femmes au côté des hommes ».
   ©   PAYS-EMERGENTS.COM  -  Pays émergents
                   SOCIETE
LE DIFFICILE ÉQUILIBRE ENTRE COMMUNAUTÉS
SOCIÉTÉ
DROITS DES FEMMES : LA PEAU DE CHAGRIN
ESPOIRS ET AMERTUME DES MIGRANTS AFRICAINS
ISRAËL
PRÉSERVER LE PATRIMOINE NATUREL
DES CLIVAGES RACIAUX TOUJOURS VIFS
                 TECHNOLOGIES
CAP SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
  © Copyright Pays-Emergents.com, Aout 2011 - Tous droits réservés REFLEXION-CONNEXION  
  Pays Emergents - DWD Publications 233 rue St. Honoré 75001 Paris - France
  Tél : +33(6)06520800 E-mail: s.diawara@pays-emergents.com
  REGIE PUBLICITAIRE - Tarifs Régie Publicitaire
.
, , russes, , hydraulique, , OFNAR, ,magazine, , code forestier, , scène internationale, , gouvernement, , récession, Pedro Passos Coelho, diaspora, , biocarburants, agro-business, , perspectives, , industrie, , corruption, , promesses, ,théorie du complot, Réseau Voltaire, MI6, , musique, téléchargments, ,minorités, ,Inde, mousson, , homophobie, société conservatrice, , sidérurgie, , rencontre, , mouvements séparatistes, Cachemire, , Bollywood, ,art contemporain, , , fauteuil, , défi, , assainissement, , communication, , jeunesse, violence, , préférence raciale, discrimination, lois ségrégationnistes, , violences, , avocat, ,préservation, , Chine, ,Birmanie, , transition démocratique, sans-terre, , virage social, , commerce, , infrastructures, , détermination, , réforme, , parcs nationaux, ,minorité chinoise, christianisme, multiethnique, ,BDEAC, ,déficit, ,communauté internationale, ,