EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Grand dossier
L’HOMOSEXUALITÉ FAIT TOUJOURS DÉBAT   
Stéphane Pocidalo      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Grand dossier Inde

Après avoir vécu dans l’ombre, la communauté homosexuelle indienne avait obtenu une forme de liberté en 2009. Mais le poids des chefs religieux continue de perturber le quotidien de ces millions de personnes. Décryptage d’une situation remplie de contradictions.

Il est incontestable que l’Inde, « la plus grande démocratie au monde », s’ouvre depuis quelques années vers l’extérieur. La dernière preuve en date cette année : l’arrivée des investisseurs étrangers sur le marché boursier. Néanmoins, il paraît aussi incontestable que le pays a encore de nombreux efforts à fournir concernant la lutte contre la corruption et les inégalités. Mais aussi qu’il doit ouvrir certaines mentalités particulièrement conservatrices sur des questions de société. Notamment l’homosexualité.

Alors que les 2,5 millions d’homosexuels – chiffre officiel qui semble sous-estimé au regard des 1,2 milliard d’habitants – semblaient libres de leurs mouvements depuis la dépénalisation décidée en 2009 par la Haute Cour de Delhi, un magistrat faisant partie du ministère de l’Intérieur a relancé le débat en demandant publiquement en février dernier « de revenir sur cette décision car les relations homosexuelles sont hautement immorales et contre l’ordre moral. ». À l’heure actuelle, plus d’une dizaine de requêtes déposées par les organisations religieuses réclamant également la révision du jugement sont en cours d’examen. Si la présidente, Pratibha Patil, et son gouvernement, ont réaffirmé leur intention de ne pas toucher à cette décision, force est de constater que cette ouverture vers les homosexuels n’a pas encore été acceptée par tous les États indiens…

Une histoire controversée

Jusqu’en 2009, les pratiques sexuelles entre partenaires du même sexe étaient donc des actes répréhensibles par la loi. La faute à la colonisation britannique qui, dès 1861, a intégré dans la section 377 du chapitre XVI du Code pénal indien, la phrase suivante : « Les relations charnelles contre l’ordre de la nature avec un homme, une femme ou un animal sont passibles de dix ans de prison à la prison à vie et d’une amende. ». Imposée par la morale chrétienne, cette loi semblait disproportionnée par rapport aux différentes traditions religieuses (hindouistes, musulmanes ou orthodoxes) qui ne condamnaient pas explicitement dans les textes les relations homosexuelles.

Durant tout le XXe siècle, parler ouvertement de son homosexualité était inenvisageable. Malgré son indépendance et sa souveraineté acquise en 1947, la république d’Inde n’a jamais voulu abroger cette loi, du moins prendre une position officielle. Du côté des homosexuels, la lutte s’est organisée à partir de 1993, année de la première manifestation de protestation contre la violence policière à l’encontre des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (les LGBT). L’année suivante, à New Delhi, la Fondation Naz voit le jour afi n de lutter contre le Sida. Elle jouera un rôle majeur. En défendant les homosexuels qui encourent le risque d’être dénoncés et emprisonnés, l’organisation a permis à la communauté touchée par le virus d’avoir accès aux soins.

En dépit des menaces proférées par certaines organisations religieuses, la Fondation Naz a ouvert la voie de la décriminalisation de l’homosexualité. Dès 2001, elle a déposé une action d’intérêt public auprès de la Haute Cour de Delhi afin d’abroger la section 377. Malgré le soutien de nombreuses associations gays et lesbiennes, le monde politique conservateur a repoussé chaque action. Ce n’est qu’en 2008 que la première personnalité politique, le ministre de la Santé de l’Union indienne, Anbumani Ramadoss, s’est exprimée publiquement pour la légalisation de l’homosexualité, même si le ministre a souligné qu’elle doit s’inscrire dans la lutte contre le Sida, véritable fléau (plus de 7 % des gays indiens seraient séropositifs). Un an plus tard, la Cour Suprême va finalement valider l’action d’intérêt public et la Haute Cour de Delhi déclare le 2 juillet que cette section 377 « atteint les droits fondamentaux de l’homme. » La loi est abrogée.

Les chefs religieux contre-attaquent

Si les associations de défense des homosexuels se sont réjouies de cette décision et si les défi lés réunissant les LGBT se sont multipliés depuis dans les grandes villes, les chefs religieux hindous, musulmans, chrétiens, bouddhistes et sikhs de toutes les parties de l’Inde se sont rebellés. En plus de déposer des requêtes devant la Cour Suprême, les grands courants religieux ont créé une grande confusion auprès de leurs fidèles en multipliant les déclarations vindicatives.

Chez les catholiques, le père Babu Joseph, porte-parole de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI), a rappelé dans les journaux indiens que « pour l’Église, les relations homosexuelles sont contre les lois de la nature et moralement inacceptables. » Le révérend Richard Howell, secrétaire général du Mouvement évangélique indien (Evangelical Fellowship of India), a expliqué que cette décision pouvait « conduire au mariage entre personnes du même sexe et à l’adoption par les couples homosexuels. » Idem du côté des religieux hindous du Vishwa Hindu Parishad (Conseil mondial hindou) qui ont indiqué que la morale traditionnelle de l’Inde « était remise en cause. » Enfi n, les religieux musulmans ont purement indiqué que c’était « une grave erreur inacceptable. »

La défiance envers les homosexuels reste donc très forte, et le poids des différentes communautés religieuses influence les croyants, notamment dans les milieux ruraux. En 2011, un sondage réalisé par la chaîne de télévision CNN-IBN a révélé que 73 % des personnes interrogées jugeaient que l’homosexualité devrait être illégale.

L’espoir d’un avenir plus sûr ?

Dans ce pays qui concentre autant de disparités religieuses et culturelles, il paraît donc diffi cile de faire passer un message positif sur l’homosexualité d’une seule voix. Néanmoins, il existe un art qui permet de s’exprimer aux yeux de toutes les populations : le cinéma. Nasha Gagnebin est bien placé pour en parler. Cette année, ce réalisateur suisse d’origine indienne a réalisé un documentaire, Looking for Gay Bollywood, fort intéressant qui traite de la place quasi-inexistante de l’homosexualité au sein de la plus grande industrie cinématographique mondiale : Bollywood. Sur les 300 films vus chaque année dans toute l’Asie et l’Afrique, seule une oeuvre en moyenne par an évoque – souvent de loin – les homosexuels.

Le réalisateur a passé plusieurs semaines à Bombay et est allé à la rencontre des habitants. Curieusement, lorsqu’il évoque le thème de l’homosexualité, les locaux se montrent loquaces. « Je n’ai pas entendu de commentaires négatifs, nous explique-t-il. J’ai notamment rencontré un chauffeur de taxi qui était membre du Shiv Sena, un parti politique nationaliste et extrémiste. Lorsque je lui ai parlé du sujet du documentaire, il m’a répondu à ma grande surprise qu’il trouvait cela très intéressant et qu’il respectait les homosexuels car l’homme et la religion étaient deux choses différentes selon lui. »

Nasha Gagnebin a constaté néanmoins le climat électrique qui règne souvent dans les gay-pride, ces rassemblements encadrés par des policiers qui se montrent parfois menaçants. Mais « même si dans certains États, dont celui du Maharastra (Bombay), le droit local peut prévaloir sur la décision de la Haute Cour de Delhi, les policiers n’arrêtent pas les homos car ils savent très bien que les avocats vont brandir le fait que c’est légal à Delhi et que ça ferait jurisprudence. »

Ce flou juridique arrange le monde politique. « Le fait que la Cour suprême indienne ne légalise pas officiellement l’homosexualité permet d’éviter le débat sur l’homophobie, affirme Nasha Gagnebin. Cela permet à chaque école de pensée d’exprimer sa position sans être mise en cause. »

Aujourd’hui, seuls les élites indiennes semblent avoir une vision progressiste de la question homosexuelle. Ces élites même qui voient les films de Bollywood en anglais traitant de l’homosexualité ou qui assistent à des émissions de télévision diffusant des reportages sur des familles décomplexées. Pour prolonger cette vision progressiste auprès des couches plus populaires, « le moyen le plus efficace de faire évoluer les mentalités reste le cinéma. Il existe 27 langues officielles et autant de cinémas : Mollywood (en malayalam), Tollywood (en telugu), Kollywood (en tamoul)… » Pour Nasha Gagnebin, qui souligne que Bollywood allait se consacrer cette année à trois films évoquant l’homosexualité, l’avenir pourrait être meilleur. « Je suis optimiste car, fin mars, l’Alliance progressiste unie (UPA), le principal parti du Congrès, s’est exprimée en faveur de la dépénalisation des pratiques homosexuelles. Avec les futures élections en 2014 et la possible arrivée au pouvoir de Rahul Gandhi, arrière-petit-fils de Nehru, on peut penser que les mentalités changeront. ».

Ce serait en tout cas une raison de plus d’affirmer que l’Inde est défi nitivement entrée dans la cour des grands…
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