EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
Grand dossier
DE L’IMPORTANCE DU CRICKET DANS LA DIPLOMATIE   
Romain Lafitte      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Grand dossier Inde

Devenu le sport incontournable du sous-continent indien, le cricket a joué un rôle politique prépondérant depuis l’époque de la colonisation. Aujourd’hui, la frontière entre sport et politique est ténue. C’est ce que l’Inde et le Pakistan voisin appellent la « diplomatie du cricket ».

L’histoire politique de l’Inde a toujours été intimement liée à celle du cricket. Pour comprendre cette relation, il faut remonter à l’époque de la colonisation britannique, dès le XVIIIe siècle. À l’origine, le jeu a été importé par les Anglais dans le sous-continent, mais les Indiens n’étaient pas autorisés à s’adonner à ce divertissement aristocratique. Ce n’est qu’au cours du siècle suivant qu’il se démocratisa, mais colonisateurs et autochtones ne portaient jamais les mêmes couleurs.

Dès lors, les Indiens y voyaient une formidable occasion de défier les Anglais. Le cricket devint rapidement « un outil de lutte nationaliste contre la domination coloniale », comme l’explique Boria Majumbar, professeur à l’université de Central Lancashire (Angleterre) et historien du cricket. Ce sport était donc déjà au centre des aspirations politiques du pays. « Les officiers européens concevaient le cricket comme un outil de leur “mission de civilisation” et en faisaient la promotion dans le système éducatif », décrit Boria Majumbar. Pour les Indiens, il s’agissait de battre les colonisateurs à leur propre jeu. Le cricket, avec l’union de la classe moyenne et de l’aristocratie sur le terrain, a également permis de voir émerger des aspirations indépendantistes.

Dans le même temps, le développement de ce sport a attisé le communautarisme religieux. Jusqu’en 1930, les équipes étaient constituées de joueurs de même confession. Comme le remarque le sociologue Arjun Appadurai, le cricket était devenu « un vaste champ de bataille où les joueurs et le public apprirent à se penser comme hindous, Parsi et musulmans par opposition aux Européens ». Sentant le danger de ces rencontres, les dirigeants du Congrès, dont Gandhi, les firent interdire en 1945.

À peine deux années plus tard, dans le courant du mois d’août 1947, la partition des Indes est effective. Libérés du joug colonial, l’Inde et le Pakistan vont devenir, dans cette seconde moitié du XXe siècle, deux des plus grandes nations au monde dans la pratique du cricket. L’Inde remporte deux fois la Coupe du monde (1983, 2011), le Pakistan une fois (1992). Mais ils se retrouvent régulièrement dans les phases finales de la compétition.

Une arme diplomatique efficace

Chaque rencontre entre les deux voisins est un événement sportif et géopolitique majeur. Les tensions diplomatiques qui existent laissent toujours planer un climat de peur autour de ces matchs. Pourtant, c’est bien le contraire qui se déroule. À l’image de la célèbre « diplomatie du ping-pong » imaginée par les États-Unis et la Chine en 1972, l’Inde et le Pakistan mettent en place la « diplomatie du cricket » au cours des années 1980. Comme l’explique Boria Majumbar, « à chaque fois que l’Inde et le Pakistan ont traversé une période de tension des relations bilatérales, le cricket est venu à la rescousse. »

Depuis l’indépendance des deux pays, les sélections nationales se rencontrent fréquemment dans des rencontres officielles ou amicales. La première eut lieu du 16 au 19 octobre 1952, trois ans seulement après une sanglante guerre pour le contrôle de la région frontalière du Cachemire. En mars 1992, l’Inde bat le Pakistan au premier tour de la Coupe du monde dans un match qui se déroule sans encombres. Sept ans plus tard, en plein conflit de Kargil, qui fera des centaines de victimes, les deux sélections s’affrontent pour la troisième fois dans la même compétition. Le match se déroule dans le mythique stade Old Trafford de Manchester. L’ambiance y est délétère. Un drapeau indien est même brûlé aux abords de l’enceinte par des supporters pakistanais. De nombreuses personnes sont interpellées par les forces de l’ordre.

C’est en 2005 que la « diplomatie du cricket », plutôt précaire jusque-là, prend un tout autre aspect. « Une fois encore, après le conflit de Kargil, au tournant du XXIe siècle, l’Inde et le Pakistan ont repris le dialogue bilatéral lors de la tournée amicale de 2004. Le cricket a toujours encouragé le rapprochement entre les citoyens des deux pays au moment des crises politiques. Il a été utilisé comme une arme diplomatique efficace », raconte Boria Majumbar.

Utiliser son fair-play sur le terrain politique

Devant la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement de l’Inde, le Premier ministre, Manmohan Singh, prononce un discours remarqué : « Ce serait remarquable si nous pouvions traiter les affaires dans cette auguste Chambre avec le même fair-play dont font preuve nos joueurs sur les terrains de cricket du sous-continent. » À cette occasion, Manmohan Singh décide d’inviter le président de la République islamique du Pakistan, Pervez Musharraf, à assister à la rencontre prévue à New Delhi : « J’ai le plaisir d’annoncer aux honorables membres de cette Chambre que j’ai décidé d’inviter le président Musharraf à venir en Inde assister C’est mon voeu le plus cher que les peuples de nos pays voisins et leurs dirigeants se sentent libres de se rendre visite quand bon leur semble. Que ce soit pour assister à un match de cricket ou faire des achats, ou visiter des amis ou leur famille – l’Inde est fi ère d’être une société ouverte, une économie ouverte. Je souhaite sincèrement que le président Musharraf et sa famille apprécient leur visite dans notre pays. » Au cours de cette rencontre sportive, remportée par le Pakistan, les deux chefs d’État discutèrent des relations bilatérales et initièrent le sur huit points de contentieux entre les deux pays.

Mais les attentats de Bombay, qui firent 173 victimes trois ans plus tard, rendirent caduque l’ouverture diplomatique orchestrée à l’occasion du dernier match de cricket entre les deux équipes.

La tension entre les deux pays est à son paroxysme et c’est une nouvelle fois par le cricket que la détente va s’opérer. Comme en 2005, l’invitation va venir de l’Inde. À l’occasion de la demi-finale de la Coupe du monde en 2011, le Premier ministre, Manmohan Singh, invite son homologue pakistanais, Youssouf Raza Gilani, à assister à la rencontre. Le match a lieu au stade de Mohali, tout près de New Delhi. Sur le plan sportif, la rencontre est capitale. Le vainqueur s’off rira le droit de disputer le titre mondial. Sur le plan diplomatique, c’est l’occasion de renouer des relations fortement perturbées depuis les attentats de Bombay. « Il semble y avoir un véritable désir de faire avancer les choses des deux côtés, constate Manmohan Agarwal, amateur de cricket et ancien enseignant de relations internationales à l’université Jawaharlal Nehru de New Delhi. Cette rencontre permet de mettre en place une procédure pour la suite des négociations. »

Le jour du match, la tension est forte. « Mohali ressemble à une forteresse, témoigne Vikram Singh, correspondant de France 24. Des centaines de policiers quadrillent les abords du stade, et il est inutile de tenter de s’approcher sans être accrédité pour l’événement. Les forces de l’ordre craignent plus que tout qu’un attentat soit commis ».

Face à un hooliganisme méconnu des supporters de cricket, c’est bien la peur d’un attentat terroriste qui plane sur la rencontre. En 2009 à Lahore, au Pakistan, une attaque visant l’équipe de cricket du Sri Lanka avait fait huit morts. Cet odieux attentat est encore bien présent dans les esprits.

Pour la demi-finale de mars 2011, plus de 2000 policiers sont postés aux alentours de l’enceinte. Tout est fait pour que la rencontre se passe dans les meilleures conditions. La presse des deux pays appelle au calme. Le quotidien indien Mail Today écrit en Une : « Profitez du match, ce n’est pas la guerre ! ». Au Pakistan, le quotidien The News se félicite : « La diplomatie du cricket, c’est le contraire de la diplomatie du canon. Et c’est en ce sens que la rencontre entre les deux Premiers ministres est une grande opportunité pour promouvoir la paix. » Après plus de sept heures de jeu, l’Inde remporte une partie qui se déroule dans le calme devant 28 000 spectateurs et 100 millions de téléspectateurs. Trois jours plus tard, la sélection indienne gagne la Coupe du monde contre le Sri Lanka.

Le cricket a réussi depuis quatre ans – date des attentats de Bombay – à apaiser les relations entre les deux puissances nucléaires du sous-continent. Le fair-play affiché dans les stades doit désormais être mis en avant sur un autre terrain, celui de la politique.
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