EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
PRÉSERVER LE PATRIMOINE NATUREL   
Par Salimata Fall      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Entre braconnage, industrie du tourisme et revendications foncières, les autorités sud-africaines sont confrontées au défi de la préservation du patrimoine naturel. Mais comment concilier les intérêts d’une communauté humaine en construction tout en protégeant la biodiversité ?

Le centre de surveillance de la conservation de la nature (UNEPWCMC) a classé l’Afrique du Sud parmi les 17 pays mégadivers, c’est- à-dire les plus riches du monde en matière de biodiversité. Dotée de ce capital touristique considérable, elle compte 18 parcs nationaux et 300 réserves naturelles. Elle accueille près de 4,3 millions de touristes par an, ce qui en fait le pays le plus visité du continent. Son industrie du tourisme représente 5,1 % du PIB. Mais la recrudescence du braconnage et des conflits opposant les acteurs concernés conduit à s’interroger sur la manière de préserver ces richesses naturelles. Une question d’autant plus complexe que le processus d’émergence en cours modifie la composition et la dynamique des classes sociales dont les systèmes de représentation de la nature divergent.

L’organisation écologiste World Wildlife Fund (WWF) dénonce dans un rapport publié avant sa réunion à Genève, le massacre des rhinocéros et des éléphants pour le compte des pays asiatiques où ces cornes sont recherchées pour leurs vertus thérapeutiques et aphrodisiaques supposées. Il désigne le Vietnam, la Chine et la Thaïlande comme jouant un rôle majeur dans le trafic d’ivoire d’éléphants et de cornes de rhinocéros. Le Vietnam apparaît comme la « première destination » pour les cornes de rhinocéros et l’Afrique du Sud fait figure « d’épicentre de ce trafic».

Le pays abrite 70 % de la population mondiale de ces grands mammifères et depuis 2006, on assiste à une recrudescence du braconnage concernant les rhinocéros noirs et blancs. Les conservateurs tirent la sonnette d’alarme et mettent en garde sur une éventuelle extinction de l’espèce si le massacre continue à ce rythme. Le ministère de l’Environnement indique des chiffres alarmants : 13 rhinocéros braconnés en 2007, 333 en 2010, 448 en 2011 et 245 depuis le début de l’année 2012. Le célèbre Parc national Kruger, l’un des joyaux du programme de conservation de la faune du pays, est le plus touché par ces massacres avec 252 rhinocéros tués en 2011 et 119 depuis le début de l’année. Le gouvernement révèle que ses réserves sont aujourd’hui en crise. « Le Vietnam doit revoir ses sanctions et réduire immédiatement ses réseaux de distribution et ses publicités pour les cornes sur Internet », a déclaré Elisabeth McLellan, responsable du Programme mondial des espèces au WWF.

De même, l’Animal Rights Africa (ARA) dans son rapport publié en 2010, incrimine l’industrie de la chasse en fustigeant la violation des lois de protection de la nature. Il dénonce le braconnage des animaux du Parc Kruger dans les réserves naturelles provinciales ou privées. Les animaux se déplaçant librement entre le Parc Kruger et ces réserves naturelles voisines, sont considérés par le South African National Parks (SANParks) comme res nullius (c’est-à-dire qui n’appartient à personne) dès lors qu’ils sont hors des limites du parc et ne bénéficient d’aucune protection. Le rapport dénonce également le principe selon lequel la chasse est utilisée comme moyen de préservation de la faune compte tenu de l’insuffisance des compétences et des moyens financiers dans la plupart des ministères provinciaux chargés de la gestion de l’industrie de la chasse et de la préservation durable du patrimoine naturel. À ces problèmes de gestion et de contrôle viennent s’ajouter les conflits entre les acteurs concernés par la préservation de la nature.

Une question éminemment politique

Pour comprendre les conflits existant entre les différents acteurs locaux concernés, il faut remonter à l’origine de ces réserves naturelles. En Afrique, les parcs naturels, héritage d’un passé colonial, ont provoqué des conflits environnementaux et territoriaux entre les Noirs et les Blancs. En effet, « préserver » la nature signifie la « réserver » à une élite blanche en quête de dépaysement et d’espaces de loisirs. Un phénomène constaté en Afrique du Sud où le patrimoine naturel a toujours été utilisé à des fins politiques. Tout d’abord par la colonisation britannique qui a utilisé, au XIXe siècle, la protection de la nature comme moyen de discrimination spatiale. Ensuite par la politique d’apartheid du régime de Pretoria qui, dès 1948, a poursuivi et amélioré cette ségrégation pour s’accaparer des terres. Et enfin aujourd’hui par le régime en place, comme moyen de pacification pour une réconciliation nationale et en tant qu’outil géopolitique pour une réintégration régionale, voire une reconnaissance internationale.

En fait, à la sanctuarisation de grands espaces naturels potentiellement riches et en voie de dégradation à des fins de protection de l’environnement, se sont associées d’autres motivations comme l’appropriation de vastes espaces récréatifs pour la population urbaine blanche. Cela a donc créé des conflits entre les populations autochtones mises à l’écart et les acteurs de la gouvernance territoriale. Au voisinage des parcs naturels aménagés, disposant de tous les services pour les touristes, les autochtones vivent dans des espaces ruraux dépourvus de tout service de base, coupés de l’accès aux ressources nécessaires. Ces espaces protégés sont soustraits de l’espace de vie des populations noires autochtones pour servir d’espaces de loisirs à la riche colonie blanche de peuplement. Dès lors, ils sont devenus des territoires de conflits et on peut comprendre aisément la perception répressive et violente que peuvent en avoir les populations riveraines.

En Afrique du Sud, le patrimoine naturel est éminemment politique puisqu’il porte en lui une histoire chargée de ségrégation, d’inégalités sociales et de prémices aux conflits potentiels. Mais le gouvernement actuel l’utilise comme moyen de réponse aux défis postapartheid. L’objectif est d’associer les communautés riveraines dépossédées à la gestion de ces espaces en leur permettant de vivre avec leur environnement, de le comprendre, de l’apprivoiser, de le conserver en l’utilisant de manière durable. En outre, il s’engage avec ses voisins dans des projets de politique commune de conservation et de développement via l’éco-tourisme, pour promouvoir sa réintégration régionale et effacer les divisions imposées par le régime d’apartheid entre le pays et les États de la Ligue de Front. De cette volonté politique sont nés : le Great Limpopo Transfrontier Park qui réunit le Parc Kruger (Afrique du Sud), le Parc Gaza (Mozambique) et celui de Gonarezhou (Zimbabwé) ; le Kgalagadi Transfrontier Park (Botswana et Afrique du Sud) ; le Ai-Ais/Richtersveld Transfrontier Park (Namibie et Afrique du Sud) etc. Les enjeux autour des réserves naturelles sont importants et complexes, mais l’urgence est de trouver des compromis entre les acteurs concernés afin de préserver cette richesse naturelle menacée et en voie de disparition.

La revendication foncière créatrice de développement local

La « confiscation » de terres afin d’en faire des espaces protégés a fait perdre à de nombreuses communautés locales les droits sur leurs biens fonciers. Ainsi, dès l’abolition de l’apartheid, des vagues de revendications foncières sur les réserves naturelles et les parcs vont apparaître. L’histoire de la communauté de Mbangweni à Ndumo, dans la province de Maputaland, et le dénouement qui s’en est suivi illustrent bien ce phénomène. Les Parcs de Ndumo et de Tembe sont séparés par le corridor de Mbangweni où, en 1998, 114 foyers revendiquaient la restitution des terres dont ils avaient été chassés suite à la proclamation de la réserve faunique de Ndumo, en 1924. En novembre 2000, les protectionnistes et la communauté parviennent à un dénouement satisfaisant pour les deux parties, sous la forme de deux mémorandums « d’accord » et de « compréhension mutuelle ». Les autorités reconnaissent que la communauté Mbangweni a été dépossédée de ses droits fonciers durant l’apartheid et lui accordent de ce fait la propriété de 1 262 ha au sudest de la réserve de Ndumo en plus d’un dédommagement financier. Les autorités du KwaZulu Natal-Wildlife s’en félicitent en le définissant comme « l’une des percées les plus progressives et innovantes dans la délicate procédure des revendications foncières » et voient en ces mémorandums un modèle pour la résolution d’autres conflits dans la province.

En effet, la terre cédée aux Mbangweni « leur appartient, mais ils ne sont pas autorisés à entrer dans la réserve, à y construire des habitats, à y semer quoi que ce soit, à y apporter des bétails ou y pêcher. La seule chose qu’ils puissent faire pour en tirer un bénéfice est d’y faire venir une entreprise privée pour qu’elle y établisse une infrastructure touristique. Si des chasseurs professionnels veulent venir, la communauté recevra des bénéfices d’une telle activité, mais elle ne peut pas s’y établir ou cultiver cet endroit. La clôture ne bougera pas et le KZN-Wildlife continuera à gérer cette zone », explique Laurence Munro, responsable du respect de la loi au sein de la réserve de Ndumo. De tels accords permettent aux communautés locales de « réacquérir » leur patrimoine, de prendre conscience de sa valeur, de comprendre l’intérêt de sa préservation et de tenter d’initier des projets de développement local à partir de ces ressources naturelles. Ainsi, l’autorité traditionnelle de Mathenjwa a-t-elle initié le premier projet d’aire de conservation communautaire à 30 km de Ndumo, dans les montagnes de Lebombo. Il s’agit du parc Usuthu Gorge qui est géré directement par la communauté locale à laquelle reviennent les bénéfices. Ce projet est aussi bénéfique pour le KZN-Wildlife puisqu’il permet de mettre en place des zones tampons entre les espaces protégés et les zones de peuplement et joue un rôle essentiel dans la création du Parc transfrontalier Lebombo qui s’étend sur les territoires du Mozambique, de l’Afrique du Sud et du Swaziland.

Ainsi, en Afrique du Sud la gestion des parcs masque-t-elle de véritables enjeux de compétition territoriale et malgré les nombreuses initiatives pour préserver le patrimoine naturel, les autorités sont confrontées à de réelles difficultés liées aux héritages du passé. Pour une meilleure intégration de la notion de préservation de l’environnement par les communautés locales, il faudra nécessairement réconcilier les populations spoliées par la création des parcs naturels avec l’idée même d’environnement. Les autorités actuelles semblent le comprendre mais il reste beaucoup à faire. Ces espaces protégés devraient générer des emplois et des revenus au bénéfice des riverains qui vivent dans la pauvreté. Pour ce faire il faudra nécessairement mettre en place de réelles politiques participatives et de redistribution des bénéfices. Mais à quel prix ?
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Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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