EDITORIAL
LA MALAISIE FAIT SA PLACE SOUS LE SOLEIL AFRICAIN

Si la Chine reste le partenaire le plus en vue du continent, il n’en demeure pas moins que d’autres pays émergents de l’Asie jouent des coudes pour s’imposer dans un continent qui est considéré comme l’avenir de l’économie mondiale, de par l’importance de ses matières premières, mais aussi de la jeunesse de sa population. Discrète, mais pourtant incontournable, la Malaisie fait partie de ces nouveaux partenaires du continent africain.  

Sans chercher à se positionner en opposition frontale aux anciennes puissances coloniales ou aux États-Unis d’Amérique, comme peut le faire la Chine, sans envoyer des armées de travailleurs manuels au potentiel d’intégration faible, la Malaisie propose une autre forme de partenariat moins intrusif et ne bouleversant pas les équilibres sociaux ou le tissu productif local.

      POLITIQUE
ASHOK VASWANI L’INDO-GUINÉEN
Alors que l’on reproche aisément à la diaspora chinoise en Afrique d’être dans un entre-soi économique sans off rir d’opportunités aux travailleurs locaux, les investisseurs indiens ont toujours eu une approche diff érente. Appréciés par les pays africains pour leur capacité à créer des emplois dans le secteur privé, ils sont les moteurs d’une économie animée par d’autres valeurs, plus entrepreneuriales et plus en phase avec les standards de l’économie de marché.
ISRAËL
ESPOIRS ET AMERTUME DES MIGRANTS AFRICAINS   
Par Aurel Barry, envoyé spécial en Israël      ©  PAYS-EMERGENTS.COM
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Depuis plusieurs mois, les manifestations se multiplient dans les quartiers sud de Tel Aviv pour exiger l’expulsion des 62 000 clandestins africains présents sur le sol israélien. Principalement originaires du Soudan et d’Érythrée, ces immigrés qualifiés d’« infiltrés » sont accusés par la population locale de vols, de trafic de drogues et de violences physiques. Si cette question divise autant la classe politique que la société civile du pays, la communauté juive éthiopienne, dont l’intégration est difficile, se trouve tiraillée entre solidarité africaine et cohésion religieuse de la nation.

Tandis que le jour se lève sur les quartiers populaires de Hatikva et de Neve Sha’anan, situés au sud de Tel Aviv, une petite dizaine d’Africains se tient à l’entrée du parc Levinsky. Parmi eux, Ibrahim et Moussa attendent de se voir proposer un emploi pour la journée. Originaires du Darfour, les deux quadragénaires soudanais sont arrivés ensemble en 2006 et témoignent de la radicalisation durant ces derniers mois. « Les temps changent. Beaucoup d’hommes ont quitté cet endroit car ils avaient peur de se faire attaquer », confie Ibrahim. Interrogé sur les raisons de sa présence en Israël, il assure « ne pas avoir eu le choix. Notre village a été ravagé par la guerre civile. Plus de travail, alors il fallait partir […]. Nous sommes venus ici car c’est plus rapide qu’aller en Europe. En une semaine, on avait traversé le Sinaï avec les Bédouins. Après, l’armée nous a arrêtés et nous sommes restés trois semaines à Saharonim (NDLR : centre de détention au Néguev, sud du pays). On nous a ensuite donné un billet de bus pour Tel Aviv. Comme la gare routière est à moins de 100 mètres du parc, nous sommes tous venus ici ». Moussa intervient alors : « C’est plus facile pour nous de nous en sortir car, contrairement aux Érythréens, on parle arabe, donc nous pouvons communiquer plus facilement pour le travail […] Ce qui est le plus dur aujourd’hui, c’est que nous avons habité pendant quatre ans avec trois autres soudanais dans un appartement de la rue David-Tzemach et que, sans raison, le propriétaire nous a dit qu’il fallait partir. Alors nous sommes revenus ici, comme à notre arrivée ». Les deux hommes s’arrêtent alors de parler. Un camion approche et, après quelques échanges en arabe avec le chauffeur, les deux hommes s’excusent et me disent devoir aller travailler.

En avançant vers le centre du square, matelas, sacs de couchages et provisions jonchent les aires de jeux pour enfants. À quelques mètres, une vingtaine de jeunes jouent aux cartes, dorment sur la pelouse ou lisent le journal arabophone Al Ayam. Mahdi, Soudanais âgé de 31 ans, originaire de Khartoum, s’avance. « Je suis ici depuis 2009, et tout se passe plutôt bien », me dit-il en souriant. Contrairement à Ibrahim et Moussa, Israël n’a pas été son premier choix : « En partant du Soudan, à la fin 2007, je voulais aller en Angleterre. Je suis parti du Caire en bateau et j’ai rejoint Marseille. Je me suis fait attraper, et j’ai été renvoyé à Khartoum en 2008. C’est dur et très risqué d’aller en Europe, alors je me suis dit qu’Israël était un bon compromis car l’État n’expulse pas les Soudanais. Dès mon arrivée, j’ai trouvé du travail dans le bâtiment et je gagne plus de 700 dollars par mois, contre moins de 40 dollars si j’étais resté chez moi […]. Maintenant, je comprends aussi que le pays ne veuille plus accueillir de nouveaux immigrés. Ce ne serait pas bon pour nous non plus car ils feraient baisser nos salaires ». Si Mahdi n’avait qu’un seul souhait, « ce serait qu’il existe une école pour nous apprendre à parler hébreu et anglais. C’est la seule chance de nous intégrer. On ne peut pas rentrer au pays puisqu’il y a la guerre. Que ce soit au Soudan ou en Érythrée, si nous sommes expulsés, ils nous tueront pour avoir fui ». Lui aussi témoigne d’une « dégradation de l’attitude des habitants du quartier. De plus en plus de gens viennent nous insulter, nous dire qu’on n’a rien à faire ici, qu’on est des voleurs, des drogués. Je ne dis pas qu’il ne se passe rien ici, mais certains n’ont pas de boulot, alors ils se débrouillent comme ils peuvent […]. Cela peut paraître un peu étrange que des musulmans viennent se réfugier chez les juifs, mais les juifs se sont réfugiés au Soudan pour fuir la répression en Éthiopie. Ils devraient nous comprendre ».

Colère et soupçons

Les quartiers jouxtant la gare routière ont toujours été le refuge des populations les moins favorisées de la ville, ils ont accueilli tour à tour juifs du Yémen, séfarades de Tunisie, Palestiniens et, depuis la chute du bloc communiste, une importante communauté russophone. Mais l’arrivée massive de ces nouveaux migrants illégaux, à la fois africains et musulmans, déchaîne la colère des habitants qui les accusent, en plus de l’explosion de la criminalité, de venir grossir les chiffres d’une « cinquième colonne » menaçant le caractère juif de l’État.

Profitant de la xénophobie ambiante, l’extrême droite rassemble, en mai dernier, plus d’un millier de manifestants dans les rues du quartier Hatikvah pour réclamer le renvoi des clandestins, provoquant le pillage de plusieurs magasins tenus par des Africains. Participant à la manifestation, Miri Regev, députée du Likoud, déclare : « Nous ferons tout pour que les Soudanais ne vivent plus ici. Nous ne tolérerons pas que cette menace grandisse tel un cancer qui prolifère ». Une position que partagent plus de 52 % des Israéliens selon un sondage réalisé par le Israel Democracy Institute et publié par le quotidien Israel Hayom. Parmi eux figure une forte proportion de votants pour le parti religieux Shas (86 %). Son chef de file, et actuel ministre de l’Intérieur, Elie Yishaï, préconise de « mettre ces infiltrés derrière les barreaux » car si le gouvernement n’agit pas « ils seront bientôt un demi-million, voire un million ». Dans le même temps, le président Shimon Pérès affirme que la haine de l’étranger est « contraire aux enseignements du judaïsme », tandis que le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, tout en condamnant sévèrement ces actes de violence, assure qu’il travaille déjà « depuis le début de l’année à résoudre de façon responsable » le problème de l’immigration clandestine.

Le chef du gouvernement fait ainsi référence à une série de lois promulguées en janvier dernier afin de dissuader tout passage illégal au sein de l’État hébreu. Ces lois prévoient des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à quinze ans pour tout individu facilitant l’entrée illégale d’une personne sur le territoire national, ou une détention préventive d’une durée de trois ans pour toute personne entrant illégalement sur le sol israélien. Mais pour remédier à la porosité de la frontière séparant le Sinaï égyptien du Néguev, la plus dissuasive des mesures est l’érection d’une barrière longue de plus de 250 km. Équipée de caméras à vision nocturne, de radars et de capteurs thermiques servant à détecter les passages de manière plus efficace, elle « sera achevée d’ici quelques mois, et nous commencerons bientôt à renvoyer les immigrés dans leurs pays d’origine », promet Netanyahou. D’ores et déjà, l’Autorité de la population et de l’immigration d’Israël a constaté une chute significative du nombre d’immigrants illégaux : 199 en août dernier contre plus de 2000 en août 2011. Parallèlement, près de 100 Sud-Soudanais ont été arrêtés par la police de l’immigration et renvoyés dans leur pays d’origine, une action qualifiée de « positive » par près de 60 % des 17-18 ans, selon un sondage publié par le journal Ha Aretz.

Des communautés divisées

Si le sort de ces migrants divise l’opinion nationale, une communauté se trouve tout particulièrement exposée : celle des Beta Israel, les juifs d’Éthiopie. Rapatriés dans le cadre de la loi du retour lors des opérations Moïse (1984), Josué (1985) et Salomon (1991), ils ont bien plus de difficultés que leurs coreligionnaires blancs à trouver une place au sein de la société israélienne. Dans une interview accordée au Jérusalem Post, Ziva Mekonen-Degu, directrice exécutive de l’Association israélienne des juifs éthiopiens, déclare « profondément honteux » le traitement appliqué aux Soudanais, et rappelle que « lorsque nous avons fui l’Éthiopie pour aller chez eux, ils nous ont apporté de l’eau et aidé à trouver des emplois pour que nous puissions avoir assez d’argent » . Hananya Vanda, un photographe violemment frappé durant une manifestation d’extrême droite, en mai dernier, car il avait été assimilé à un clandestin, constate que « les Soudanais sont traités comme nous, juifs d’Abyssinie. C’est la présence noire qui intimide ».

Mais selon Avihu, technicien de surface à Netanya, la réalité est tout autre : « Contrairement à ces infiltrés, nous sommes juifs, et ça me rend fou qu’on nous compare à eux parce que nous avons la même couleur de peau. Comme les juifs originaires des pays arabes dans les années soixante-dix, nous ne sommes pas encore aussi bien considérés que les autres citoyens. Cela viendra, mais avant de militer pour des gens qui n’ont rien à faire ici, que l’on s’occupe un peu plus de nous. Oui le racisme, on sait ce que c’est et on le subit parfois, mais ici, c’est d’abord l’État des juifs, notre État ! ». En effet, malgré la multiplication des initiatives visant, depuis plus d’une décennie, à mettre en place une discrimination positive, notamment en matière de logement et d’accès à l’emploi, les difficultés demeurent. Ce qui a poussé, en janvier dernier, plus de 5 000 personnes à manifester dans les rues de Jérusalem, pour réclamer l’égalité de traitement concernant l’accès aux plus hautes fonctions dans l’administration et dans l’armée.

Afin de réaffirmer les engagements de la nation, Benjamin Netanyahou assure, le 28 août dernier, que le « racisme n’a aucune place dans le pays » et signe, au côté de l’Agence juive, une charte destinée à mieux les intégrer. Toutefois, avant cette manifestation, le Geocartography Institute révélait qu’une majorité d’Israéliens (53 %) refuse toujours de voir ses enfants scolarisés avec des juifs éthiopiens, tandis que plus de 76 % se déclarent opposés à toute union de leur descendance avec l’un d’entre eux. Et Ahmadiel Ben Yehuda, membre de la Société internationale spécialisée dans l’étude du judaïsme africain, de conclure : « Israël doit tendre au plus vite à une réponse plus sensible et mesurée envers ses voisins africains, qu’il s’agisse d’‘étrangers’ ou de membres de la famille à part entière. Ne répondre que par l’indifférence ou l’arrogance constituerait une grave menace pour l’existence du pays ».
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Les changements politiques en cours au Moyen-Orient ont quelque peu occulté, aux yeux des médias occidentaux, le choc ressenti par les populations arabes lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a renforcé la volonté politique d’une mutation progressive des énergies fossiles vers les énergies nouvelles.

Le Moyen-Orient s’affirme comme l’une des régions les plus innovantes et volontaires en la matière, notamment dans le golfe Persique.
 
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